Entre matraques, lacrymos, nasses et charges, la démonstration de force de Bruno Retailleau plonge la journée de mobilisation dans une atmosphère de guerre civile larvée.
Une matinée sous le signe des blindés
Jeudi, 18 septembre 2025, 7h30. Devant le Centaure, véhicule blindé gris anthracite garé au petit matin dans une rue déserte de Paris, Bruno Retailleau prend la parole. Costume sombre, ton martial. À ses côtés, des CRS casqués, gilets pare-balles ajustés.
Le ministre de l’Intérieur ne cache pas son intention : « On ne laissera rien passer. Nous serons implacables. »
Autour, le grondement des moteurs des blindés couvre les dernières phrases. La journée s’annonce lourde.
80 000 forces de l’ordre, un pays sous cloche
Jamais, depuis la réforme des retraites, un tel dispositif n’avait été déployé : 80 000 policiers et gendarmes, 6 000 rien qu’à Paris, 26 engins blindés, drones, canons à eau.
Officiellement, pour contrer « 8 000 casseurs ». Dans les faits, le spectre d’une France militarisée.
La veille, un télégramme adressé aux préfets donnait le ton :
-
« Détecter, intercepter, fouiller » tout individu suspect.
-
« Sécuriser » radars et symboles du capitalisme.
-
« Empêcher » tout blocage, même pacifique, d’universités, de routes, de gares.
Retailleau théâtralise l’ordre, quitte à écraser la contestation.
Nation, midi : l’air devient irrespirable
Sur la place de la Nation, les premiers cortèges défilent dans une ambiance bon enfant. Pancartes bricolées, slogans scandés en chœur, fanfares improvisées. Mais très vite, les rues se referment. Les cordons de CRS resserrent l’étau.
Une étudiante, foulard rouge au cou, suffoque : « On veut sortir, on ne fait rien ! »
Les lacrymos pleuvent. Les yeux brûlent, les gorges piquent. Un vieil homme, canne à la main, cherche de l’air. À côté de lui, une vieille dame tousse, soutenue par un voisin. Un jeune crie : « Ils nous nassent ! Pourquoi ? On veut juste rentrer ! »
La tension grimpe. Les manifestants se collent les uns aux autres, compressés par les boucliers. Quelques minutes plus tard, la nasse s’entrouvre. Le flot humain s’écoule au compte-gouttes, yeux rougis, visages crispés.
« Depuis ce matin, les gens sont gazés, violentés »
Pour Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, le constat est sans appel : « Le ministre met de l’huile sur le feu. Depuis ce matin, des manifestants pacifiques sont gazés, violentés. »
Même son de cloche chez Marine Tondelier, des Écologistes : « Le rôle de la police est de protéger les cortèges. Pas de les transformer en zones de guerre. »
Des colères multiples, un même rejet
La mobilisation dépasse les clivages. Retraités, étudiants, enseignants, cheminots, soignants. Tous rassemblés contre l’austérité annoncée par le gouvernement.
Un retraité de 74 ans, visage marqué, rage contenue : « 800 euros de retraite, 500 de loyer. Comment je fais ? Même pour les jeunes, ce système est pourri. »
Il repart, silhouette frêle noyée dans la fumée.
Retailleau, dernier acte ?
À Beauvau, en fin de matinée, Retailleau jubile presque : 58 arrestations, 135 blocages neutralisés. « Sans doute déstabilisés par la présence massive des forces de l’ordre », ose-t-il.
Mais derrière ce vernis d’efficacité, une impression domine : celle d’un ministre en quête de posterité, prêt à transformer la contestation sociale en théâtre de répression.
Une journée charnière
Le 18 septembre restera comme un double symbole :
-
celui d’une France en colère, où plus d’un million de personnes ont battu le pavé,
-
et celui d’une République verrouillée par les blindés, les drones et le gaz lacrymogène.
Dans ce décor oppressant, Bruno Retailleau a-t-il signé son dernier acte comme ministre de l’Intérieur ? Ou bien posé les jalons d’une politique sécuritaire qui pourrait s’ancrer durablement ?
La réponse viendra peut-être plus tard. Mais pour ceux qui ont suffoqué place de la Nation, une certitude : ce 18 septembre restera gravé comme un jour où l’État a choisi la force au détriment du dialogue.
L’intersyndicale décidera des suites du mouvement vendredi
Les leaders de la CFDT, Marylise Léon, et de la CGT, Sophie Binet, annoncent que l’intersyndicale se réunira vendredi, au lendemain d’une large mobilisation qu’elles jugent « réussie », pour décider de la suite du mouvement.
« L’idée, c’est bien de mettre le Premier ministre face à ses responsabilités », a déclaré Marylise Léon, . « Plus que jamais, l’heure est à l’action », a estimé la CGT dans un communiqué transmis jeudi soir.
Production électrique en recul
La mobilisation sociale a touché de plein fouet le secteur de l’énergie. EDF a signalé en milieu de journée une baisse de production de près de 4.000 MW dans ses centrales, soit l’équivalent de quatre réacteurs nucléaires mis à l’arrêt. Un signal fort dans un contexte où la production électrique reste un levier de pression stratégique sur le gouvernement.
Universités mobilisées, 14 facultés bloquées
La contestation a également gagné le monde étudiant. D’après le syndicat L’Union étudiante, 110.000 jeunes se sont mobilisés ce jeudi. Au total, 14 facultés étaient totalement bloquées et près de 60 % des universités ont participé à des actions diverses : assemblées générales, occupations de campus, manifestations locales.
« Un avertissement très clair au gouvernement »
Les syndicats, unis dans la rue, veulent montrer leur détermination. Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, première centrale syndicale du pays, a prévenu « On lance un avertissement très clair au gouvernement et à Sébastien Lecornu. »
La dirigeante réclame un budget plus juste sur les plans fiscal, social et écologique. Un message adressé directement au nouveau Premier ministre, qui affronte sa première grande mobilisation nationale.
Au moins 10.000 manifestants à Montpellier
Selon la préfecture de l’Hérault, 10.000 personnes ont pris part à la manifestation à Montpellier. Environ 15.000 personnes étaient présentes dans les différents cortèges dans le département. Au moins dix personnes ont été interpellées 10 interpellations, dont neuf à Montpellier pour ports de masques et fumigènes, port d’arme blanche, dégradations et outrages. Sept d’entre elles ont été placées en garde à vue.
les commentaire
I don’t think the title of your article matches the content lol. Just kidding, mainly because I had some doubts after reading the article. https://www.binance.info/register?ref=JW3W4Y3A
Can you be more specific about the content of your article? After reading it, I still have some doubts. Hope you can help me. https://www.binance.com/register?ref=JW3W4Y3A