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Nouvelles frappes israéliennes à Gaza : deux Palestiniens tués en Cisjordanie, tensions régionales persistantes

Par A.B.-- 03-Nov-2025 0

De nouvelles frappes aériennes israéliennes ont visé lundi la ville de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, malgré le cessez-le-feu en vigueur depuis près d’un mois. Selon les autorités locales, le bilan des morts s’élève désormais à 236 personnes depuis l’entrée en vigueur de la trêve.

Parallèlement, deux Palestiniens, dont un adolescent de 17 ans, ont été tués en Cisjordanie occupée lors d’incursions menées par les forces israéliennes et des attaques de colons, notamment près de Hébron et Naplouse.

Gaza : reprise des frappes et opérations de récupération

Des sources locales à Gaza font état de frappes israéliennes ciblant des zones résidentielles à Khan Younès et dans l’est de Gaza-Ville. Plusieurs témoins évoquent des explosions survenues à proximité d’immeubles déjà endommagés lors des précédentes offensives.

Dans le même temps, l’armée israélienne a autorisé l’entrée de bulldozers à Gaza pour participer, sous la supervision du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et des Brigades al-Qassam (branche armée du Hamas), à une opération de récupération des corps de prisonniers israéliens.
Selon les autorités, 270 corps ont déjà été restitués, dont seulement 75 ont pu être identifiés.

Huit corps de captifs israéliens seraient encore recherchés sous les décombres, notamment dans le quartier de Shujaiya. Des engins de chantier égyptiens participent aux fouilles dans le cadre du premier volet de l’accord de cessez-le-feu négocié sous médiation américaine et qatarie.

Cisjordanie : violences continues malgré la trêve

Alors que Gaza reste sous le feu, la tension s’intensifie en Cisjordanie.
À Beit Fourik, près de Naplouse, le jeune Jamil Atef Hanani, 17 ans, a été abattu par les forces israéliennes lors d’une opération nocturne. À Ras al-Joura, au nord d’Hébron, Ahmed Rabhi al-Atrash, 35 ans, a été tué d’une balle dans la tête tirée par un colon israélien.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ses équipes ont été empêchées d’accéder à la victime. Les raids israéliens se multiplient dans plusieurs villes, notamment Ramallah, Bethléem et Qalqilya, avec plusieurs arrestations signalées.

Controverse autour du projet de peine de mort pour les Palestiniens

Sur le plan politique, un projet de loi controversé défendu par Itamar Ben-Gvir, ministre israélien de la Sécurité nationale, et soutenu par le Premier ministre Benyamin Netanyahou, prévoit d’instaurer la peine de mort pour les Palestiniens accusés d’actes de “terrorisme”.

L’Association des prisonniers palestiniens a qualifié cette initiative de « crime contre l’humanité », estimant qu’elle institutionnalise une pratique déjà en cours, à savoir des exécutions extrajudiciaires menées lors d’arrestations ou d’interrogatoires.

Réactions régionales et internationales

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a vivement critiqué Israël, affirmant que « plus de 200 civils ont été tués depuis le cessez-le-feu » et accusant Tel-Aviv de violations répétées de l’accord.
De son côté, le guide suprême iranien Ali Khamenei a exclu toute reprise du dialogue avec Washington tant que les États-Unis continueront à soutenir Israël.

Dans le même temps, la Turquie, le Qatar, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, la Jordanie, le Pakistan et l’Indonésie prévoient une réunion d’urgence à Istanbul pour discuter de l’avenir du cessez-le-feu et de la situation humanitaire dans Gaza.

Situation humanitaire critique

Malgré l’arrivée progressive de l’aide humanitaire, les besoins des déplacés demeurent immenses. Des milliers de familles vivent encore dans des abris de fortune. Les hôpitaux de Gaza, saturés, ne peuvent plus accueillir les 15 000 patients en attente d’évacuation, dont près de 4 000 enfants.
La fermeture prolongée du poste-frontière de Rafah, côté égyptien, empêche toute évacuation médicale d’urgence.

Un cessez-le-feu fragilisé

Alors que l’administration américaine assure que le cessez-le-feu “n’est pas fragile”, les violations se multiplient. Les autorités palestiniennes recensent plus de 125 incidents depuis la signature de l’accord, incluant des frappes aériennes, des tirs d’artillerie et des attaques de colons.

Pour de nombreux observateurs, cette recrudescence de la violence traduit la volonté du gouvernement israélien de prolonger le conflit afin d’éviter des élections anticipées et des enquêtes internes sur les défaillances sécuritaires ayant conduit à la guerre.

Un avenir incertain

Alors que la trêve vacille, la reconstruction de Gaza reste une promesse lointaine.
Les analystes soulignent que rebâtir la société palestinienne ne se limitera pas à déblayer les ruines : il faudra réhabiliter les institutions, l’éducation et la dignité du peuple, condition essentielle à toute paix durable.

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