Dans la bande de Gaza, les violences s’intensifient, ciblant même les lieux d’aide humanitaire. Selon des rapports récents, au moins dix Palestiniens ont été tués et seize autres blessés à proximité du centre de distribution de l’organisation Gaza Humanitarian Foundation (GHF) à Rafah. Ces civils, en quête de nourriture, ont été visés par des snipers israéliens alors qu’ils attendaient de recevoir une aide alimentaire d’urgence. Ils ont été transportés à l’hôpital Nasser, mais la panique et le chaos ont envahi les lieux au moment de l’attaque.
Cette attaque s’ajoute à une série d’agressions similaires. Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (OHCHR) a recensé au moins 798 morts dans des attaques visant des centres d’aide humanitaire depuis le début de l’année, dont 615 autour des sites de la GHF et 183 lors de l’acheminement des convois humanitaires. Ces chiffres confirment une stratégie délibérée de terreur visant à empêcher l’accès des civils à l’aide alimentaire.
La situation humanitaire est également aggravée par une crise financière étouffante. Israël empêche l’entrée de liquidités à Gaza, obligeant les habitants à recourir à des intermédiaires qui prélèvent jusqu’à 40 % de commission pour délivrer de l’argent destiné aux besoins essentiels. Cette pratique prive les familles d’une grande partie de leurs ressources et empêche l’achat d’aliments de base comme la farine ou le sucre.
Parallèlement, l’armée israélienne poursuit ses frappes sur les infrastructures civiles. À Jabalia an-Nazla, une école transformée en abri pour près de 1 000 déplacés a été ciblée. Des témoins évoquent des scènes d’horreur : femmes et enfants tués, corps calcinés, membres arrachés. Un témoin raconte avoir vu une fillette littéralement décapitée. Dix personnes ont perdu la vie, toutes des civils.
Face à cette situation, plusieurs voix s’élèvent. L’analyste Daniel Levy, président du US/Middle East Project, alerte sur une stratégie israélienne d’”épuration ethnique” déguisée, évoquant la mise en œuvre d’un “deuxième Nakba”. Des projets, comme la création d’une prétendue “ville humanitaire” à Rafah, sont perçus comme des tentatives de déportation massive des Palestiniens hors de Gaza, notamment vers le Sinaï égyptien. Levy souligne que derrière les discours de reconstruction se cache une volonté d’effacer Gaza et ses habitants de la carte.
Les universités de Gaza tirent également la sonnette d’alarme. Dans une déclaration conjointe, les présidents de l’université al-Aqsa, al-Azhar et de l’Université islamique de Gaza dénoncent un “scholasticide” : la destruction méthodique de l’enseignement supérieur. Malgré les bombardements, les coupures de courant et le manque d’accès à Internet, les universités tentent de continuer leur mission d’éducation dans des conditions inhumaines.
Sur le plan diplomatique, l’ONU s’indigne. Le Comité de coordination des procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme a fermement condamné les sanctions américaines contre Francesca Albanese, rapporteure spéciale sur les droits humains en Palestine. Ce comité y voit une attaque contre l’ensemble du système onusien et une tentative de bâillonner ceux qui dénoncent les violations israéliennes.
L’ONG Médecins Sans Frontières (MSF), de son côté, a dû évacuer une clinique à Khan Younis, dans le sud de Gaza, en raison de l’avancée des troupes israéliennes. Les chars étaient à moins de 100 mètres, et des tirs touchaient le bâtiment. Deux enfants blessés par balle à Rafah ont été accueillis dans un autre centre MSF, mais n’ont pu être transférés à l’hôpital faute de sécurité.
Depuis l’aube, 18 Palestiniens ont été tués dans la bande de Gaza, dont plus de la moitié étaient simplement venus chercher de l’aide. Ces attaques répétées et ciblées sur des populations affamées témoignent d’un mépris flagrant du droit international humanitaire.
Il devient urgent d’exiger un cessez-le-feu immédiat, de garantir l’accès libre et sécurisé à l’aide humanitaire, et de protéger les civils, en particulier les enfants. Le silence n’est plus une option. Ce drame humanitaire en plein jour doit interpeller les consciences et provoquer une action internationale rapide et résolue.
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