Le cabinet de sécurité israélien a approuvé une série de mesures majeures visant à renforcer et élargir son contrôle en Cisjordanie occupée. Ces décisions incluent notamment la facilitation de la vente de terres palestiniennes à des colons israéliens et l’extension des pouvoirs des autorités israéliennes dans des zones jusqu’ici administrées par les Palestiniens.
Sur le terrain, des opérations se poursuivent parallèlement. Le 1er février 2026, des soldats israéliens ont sécurisé une zone du village de Tarqumiyah, près d’Hébron, pendant qu’un bulldozer procédait à la démolition de maisons appartenant à des Palestiniens.
Vives réactions palestiniennes
Le président palestinien Mahmoud Abbas a qualifié cette décision de « dangereuse » et « illégale », estimant qu’elle équivaut à une annexion de facto de la Cisjordanie. Il a appelé le président américain Donald Trump ainsi que le Conseil de sécurité de l’ONU à intervenir.
Le mouvement Hamas a également dénoncé ces mesures, affirmant qu’elles s’inscrivent dans un plan global d’annexion et de colonisation. Selon le groupe, ces décisions viseraient à imposer une souveraineté israélienne sur le territoire occupé et à modifier la réalité géographique et juridique sur le terrain. Il a appelé à l’unité nationale palestinienne et à une mobilisation internationale pour contrer ces politiques.
Extension des droits des colons
Une nouvelle loi permettrait désormais à des colons israéliens d’acquérir des terres dans des zones historiquement sous contrôle palestinien. Pour de nombreux Palestiniens, cette mesure constitue l’une des étapes les plus critiques depuis l’occupation de la Cisjordanie en 1967.
Jusqu’à présent, les Palestiniens pouvaient construire principalement dans les zones A et B, tandis que la zone C restait largement sous contrôle israélien. Désormais, certaines dispositions pourraient autoriser la démolition de maisons palestiniennes même dans des zones auparavant sous autorité palestinienne.
Selon des observateurs locaux, cette évolution pourrait permettre aux colons de s’installer directement dans les centres urbains palestiniens, y compris dans des villes comme Ramallah. Plusieurs responsables et analystes estiment que ces mesures contreviennent aux accords signés avec l’Organisation de libération de la Palestine ainsi qu’au droit international, qui interdit à une puissance occupante de transférer sa population civile dans un territoire occupé.
Les tensions sur le terrain restent élevées, avec des attaques de colons signalées régulièrement contre des Palestiniens dans différentes régions de Cisjordanie.
Arrestations et opérations militaires
Selon l’agence de presse palestinienne Wafa, l’armée israélienne a arrêté au moins 20 Palestiniens en Cisjordanie, dont deux enfants et deux femmes. Les arrestations ont eu lieu dans plusieurs gouvernorats, notamment à Naplouse, Ramallah, Hébron et Jénine.
Condamnation internationale
La Jordanie a condamné les nouvelles mesures israéliennes, les qualifiant de « violation flagrante du droit international ». Le ministère jordanien des Affaires étrangères a dénoncé des décisions visant à imposer une nouvelle réalité juridique et administrative dans les territoires occupés, estimant qu’elles compromettent la solution à deux États et le droit du peuple palestinien à établir un État indépendant avec Jérusalem-Est comme capitale.
Amman a également averti que les politiques du gouvernement israélien pourraient aggraver l’instabilité et alimenter les cycles de violence dans la région.
Analyse : un tournant dans la politique territoriale
Des experts estiment que ces mesures affaiblissent le cadre des accords d’Oslo et pourraient marquer un tournant décisif dans la consolidation du contrôle israélien sur l’ensemble de la Cisjordanie. Plusieurs responsables israéliens ont publiquement soutenu ces décisions, les présentant comme une étape affirmant la souveraineté israélienne sur ces territoires.
Contexte régional tendu
Parallèlement, la situation reste instable dans plusieurs zones de la région. Au Liban sud, une frappe israélienne contre un véhicule dans la localité de Yanouh aurait fait trois morts, dont un enfant, selon l’Agence nationale de presse libanaise. L’armée israélienne a affirmé avoir ciblé un membre du Hezbollah.
Le Liban a déposé fin janvier une plainte auprès des Nations unies concernant des violations répétées du cessez-le-feu conclu en novembre 2024.
Manifestations en Australie
La visite du président israélien Isaac Herzog en Australie a suscité d’importantes manifestations. Des milliers de personnes se sont rassemblées à Sydney pour protester contre sa venue, accusant le dirigeant israélien d’être impliqué dans les violences contre les civils à Gaza. Environ 3 000 policiers ont été déployés pour sécuriser la ville durant cette visite officielle.
Situation humanitaire et médicale à Gaza
Dans la bande de Gaza, des patients et blessés continuent d’être évacués vers l’étranger pour recevoir des soins médicaux. Plusieurs ambulances et bus ont quitté l’hôpital de campagne du Croissant-Rouge palestinien à Khan Younès afin de transférer des malades vers l’Italie via le point de passage contrôlé par Israël.
Dans le même temps, des frappes aériennes et des bombardements d’artillerie ont visé des zones à l’est de Khan Younès et de Gaza-ville. Certaines familles ont également pu retrouver leurs proches revenus par le passage de Rafah.
Ces développements s’inscrivent dans un climat régional toujours marqué par de fortes tensions politiques, militaires et humanitaires.
Au moins 72.032 martyrs et 171.661 blessés
L’agression génocidaire sioniste contre la bande de Ghaza a fait 72.032 martyrs et 171.661 blessés, en majorité des femmes et des enfants, depuis le 7 octobre 2023, indique lundi, un nouveau bilan des autorités sanitaires palestiniennes.
Les corps de 5 martyrs et 10 personnes blessées ont été transférés vers les hôpitaux de Ghaza au cours des dernières 24 heures, a précisé la même source, notant que de nombreuses victimes se trouvent encore sous les décombres.
Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, le 10 octobre dernier, 581 Palestiniens sont tombés en martyrs et 1.553 autres ont été blessés, tandis que les corps de 717 martyrs ont été récupérés, ajoutent les autorités sanitaires.
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