Derniées informations
prev next

Le “Handala” prend la mer vers Gaza : une mission pacifique sous haute tension

Par Salim BENLEFKI.-- 19-Juil-2025 0

Un bateau pour briser le blocus et alerter le monde

Ce dimanche 20 juillet, le navire Handala, affrété par la Coalition internationale de la Flottille de la liberté, quitte le port italien de Gallipoli. À son bord : des avocats, des journalistes, des militants pacifistes — et deux élues françaises de La France insoumise, Gabrielle Cathala et Emma Fourreau. Leur objectif : rejoindre Gaza et briser symboliquement le blocus israélien imposé depuis près de deux décennies.

Le nom du bateau rend hommage à Handala, ce personnage de bande dessinée emblématique de la cause palestinienne : un enfant réfugié, tournant le dos à l’injustice, qui ne se retournera que lorsque la Palestine sera libre. Cette mission, dédiée aux enfants de Gaza – qui représentent plus de la moitié de la population – transporte environ 800 kilos de produits de première nécessité, notamment du lait infantile, des jouets, des produits d’hygiène et des prothèses pour enfants.

Un départ reporté, une détermination intacte

Initialement prévue le 18 juillet, la traversée a été retardée pour des raisons logistiques. Selon Claude Léostic, porte-parole française de la flottille, certaines prothèses médicales destinées à Gaza n’étaient pas encore arrivées. Le départ a donc été fixé au 20 juillet, soit 49 jours après celui du Madleen, arraisonné par l’armée israélienne le 9 juin dernier.

Deux élues françaises à bord : Gabrielle Cathala et Emma Fourreau

Gabrielle Cathala, députée du Val-d’Oise et juriste spécialisée en droit international, est engagée de longue date pour la cause palestinienne. Elle a été élue en 2024 face à une candidate macroniste. Emma Fourreau, 25 ans, eurodéputée franco-suédoise, est une militante écologiste reconnue, cofondatrice d’une association de protection des océans et proche de L214. Toutes deux entendent poursuivre le combat entamé par Rima Hassan, à bord du Madleen.

« Nous voulons rappeler au monde que le blocus est illégal, et que le génocide se poursuit dans l’indifférence générale. C’est une action humanitaire et politique », a expliqué Emma Fourreau avant d’embarquer.

Un équipage international et engagé

Parmi les 18 passagers figurent également des figures militantes comme Jacob Berger, acteur américain critique du gouvernement israélien, Chris Smalls, fondateur du syndicat des travailleurs Amazon aux États-Unis, et Huwaida Arraf, avocate américano-palestinienne nommée deux fois pour le prix Nobel de la paix. Cette dernière participait déjà à la première Flottille de la liberté en 2010, violemment attaquée par l’armée israélienne.

Une aide symbolique, un geste fort

Le Handala n’a pas l’ambition de résoudre la crise humanitaire à lui seul, mais de garder les projecteurs braqués sur Gaza, en particulier pendant l’été, période souvent marquée par une baisse de l’attention médiatique. « Nous savons que nous risquons d’être interceptés, comme le Madleen, mais notre mission est aussi politique : montrer qu’on ne détourne pas les yeux du génocide en cours », souligne Gabrielle Cathala.

Une stratégie de communication bien rôdée

Soutenues par l’ensemble des élus LFI, les deux élues partagent leur aventure sur les réseaux sociaux. À l’image de Rima Hassan, elles publient régulièrement vidéos et messages pour mobiliser l’opinion. Jean-Luc Mélenchon a salué leur engagement, affirmant sa « fierté » de voir ces « femmes de paix » à bord du navire.

Emma Fourreau, présente à une manifestation en soutien à la Palestine à Caen le 12 juillet, a insisté sur l’importance de cette mobilisation citoyenne face à l’inaction des États européens : « La diplomatie est défaillante. Alors ce sont les peuples qui doivent agir. »

Un acte politique face au silence diplomatique

Invitée de La Matinale sur Public Sénat, Gabrielle Cathala a défendu une « diplomatie citoyenne » là où les États ont failli :
« Le blocus est illégal au regard du droit international. L’aide humanitaire est bloquée à la frontière égyptienne depuis plus de quatre mois. Notre mission, même modeste, est indispensable. »

Elle rappelle également que 148 États dans le monde ont déjà reconnu la Palestine, et appelle la France à le faire sans attendre : « Nous n’avons pas besoin du feu vert des États-Unis. La France doit retrouver une diplomatie indépendante. »

Une flottille de l’espoir face à un blocus implacable

Depuis 2007, la Flottille de la liberté en est à sa 37e tentative. Si la plupart des bateaux ont été interceptés, certaines expéditions ont déjà réussi à atteindre Gaza. Gabrielle Cathala reste optimiste :
« En 2010, plusieurs bateaux sont arrivés. Ils ont été accueillis en héros. Nous espérons que cela se reproduira. »

Le Handala devrait naviguer environ huit jours. Ses passagers savent que l’interception est probable, mais ils partent avec une conviction : alerter, témoigner, briser l’indifférence.

les commentaire

Laisser un commentaire