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Coupe du monde : Gianni Infantino, le silence sélectif d’un président de la FIFA qui politise le football

Par A.B.-- depuis 1 heure 0

À la veille du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026, le président de la FIFA, Gianni Infantino, a choisi d’intervenir publiquement dans une affaire judiciaire algérienne en appelant les autorités d’Algérie à accorder une grâce présidentielle au journaliste français Christophe Gleizes.

« Il y a un siège vide dans cette salle », a déclaré le patron du football mondial lors d’une conférence de presse organisée au Mexique, avant d’exprimer son souhait de voir le journaliste rejoindre la Coupe du monde.

Une prise de position qui soulève une question fondamentale : de quoi se mêle réellement le président de la FIFA ?

Une indignation à géométrie variable

L’intervention de Gianni Infantino apparaît d’autant plus controversée qu’elle contraste avec son silence sur de nombreux dossiers autrement plus graves touchant directement le monde du sport et des médias.

Depuis le début de la guerre à Gaza, des dizaines de journalistes ont été tués dans l’exercice de leur profession. Plusieurs organisations internationales de défense de la presse dénoncent l’un des bilans les plus lourds de l’histoire récente pour les professionnels des médias.

Pourtant, aucune conférence de presse exceptionnelle. Aucun siège vide symbolique. Aucun appel solennel à la protection des journalistes.

Même mutisme concernant les nombreux reporters, militants ou voyageurs refoulés aux frontières américaines depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche.

L’affaire de l’arbitre somalien : le grand silence de la FIFA

L’exemple le plus frappant reste celui de Omar Abdulkadir Artan, arbitre officiellement homologué par la FIFA pour participer à des compétitions internationales.

Malgré un visa valide, celui-ci a été bloqué puis refoulé par les autorités américaines après un long interrogatoire.

Un arbitre désigné par la FIFA, empêché d’exercer ses fonctions dans une compétition organisée sous l’égide de la FIFA.

Face à cette humiliation publique, Gianni Infantino n’a opposé aucune résistance. Aucune condamnation ferme. Aucun ultimatum aux autorités américaines.

Le président de la FIFA, habituellement prompt à défendre certaines causes, a cette fois baissé les yeux.

Une FIFA devenue complaisante face à Donald Trump

Depuis le retour de Donald Trump au pouvoir, la proximité entre le président américain et Gianni Infantino est devenue de plus en plus visible.

Le patron de la FIFA multiplie les apparitions aux côtés du locataire de la Maison-Blanche.

L’épisode du prétendu « Prix de la paix » remis à Donald Trump par la FIFA en 2025 a particulièrement choqué une partie du monde sportif.

Pour de nombreux observateurs, cette distinction ressemblait davantage à une opération de communication politique qu’à une reconnaissance liée aux valeurs du sport.

En agissant ainsi, Gianni Infantino donne l’impression de transformer la FIFA en instrument diplomatique au service de certains dirigeants plutôt qu’en gardienne neutre du football mondial.

Une Coupe du monde transformée en vitrine politique

Officiellement, la Coupe du monde 2026 est organisée conjointement par les États-Unis, le Canada et le Mexique.

Dans les faits, toute la communication internationale tourne principalement autour des États-Unis et de Donald Trump.

Le Canada et le Mexique apparaissent relégués au second plan alors qu’ils accueilleront eux aussi de nombreuses rencontres.

Cette centralisation nourrit l’idée que le Mondial est progressivement transformé en outil de promotion politique du président américain.

L’esprit universel du football semble céder la place à une mise en scène du pouvoir.

Le double discours de Gianni Infantino

Le problème n’est pas qu’un président de fédération défende les droits humains.

Le problème réside dans la sélection des causes qu’il choisit de défendre.

Lorsqu’il réclame publiquement la libération d’un journaliste français tout en restant silencieux sur les journalistes tués à Gaza, sur les arbitres discriminés, sur les sportifs refoulés ou sur les restrictions imposées à certaines délégations étrangères, Gianni Infantino expose une politique du deux poids, deux mesures.

Cette attitude alimente les accusations de double discours.

Elle donne le sentiment que certaines victimes méritent l’attention de la FIFA tandis que d’autres peuvent être ignorées sans conséquence.

Une institution qui s’éloigne de ses valeurs

La FIFA affirme régulièrement que le football doit rester neutre, rassembler les peuples et dépasser les clivages politiques.

Pourtant, ses dirigeants semblent aujourd’hui emprunter la direction inverse.

En s’immisçant dans certaines affaires politiques tout en évitant soigneusement d’en aborder d’autres, l’institution prend le risque de perdre sa crédibilité.

Le football n’a pas vocation à servir les intérêts d’un État, d’un dirigeant ou d’une idéologie.

Il appartient à tous.

Quand le football devient un outil d’influence

À mesure que la Coupe du monde 2026 approche, une inquiétude grandit au sein de nombreux observateurs : celle de voir le plus grand événement sportif de la planète devenir un gigantesque instrument de communication politique.

Donald Trump cherche manifestement à faire du Mondial une vitrine de sa doctrine « America First ».

Mais cette stratégie ne pourrait fonctionner avec autant d’efficacité sans la complaisance de Gianni Infantino.

En fermant les yeux sur certaines dérives, en minimisant des incidents touchant directement le football international et en multipliant les gestes de proximité avec le pouvoir américain, le président de la FIFA apparaît de plus en plus comme un acteur politique plutôt que comme un arbitre impartial du sport mondial.

Pour beaucoup de critiques, le véritable danger n’est plus seulement la politisation du football par les gouvernements. Il réside désormais dans la participation active de ceux qui sont censés protéger l’indépendance et l’universalité de ce sport.

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