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Café et cerveau : comment 2 à 3 tasses par jour pourraient protéger la mémoire et réduire le risque de démence

Par Dr Salim BENLEFKI.-- depuis 2 heures 0

 Dr Salim BENLEFKI  Docteur en neuroscience

Une habitude quotidienne aux effets neurologiques prometteurs

Longtemps critiqué pour ses effets stimulants sur le cœur et le sommeil, le café est aujourd’hui réévalué par la recherche médicale. Consommé avec modération, il pourrait avoir des bénéfices réels pour la santé cérébrale.

Une grande étude publiée en février 2026 dans la revue médicale JAMA suggère qu’une consommation régulière de deux à trois tasses de café par jour est associée à un risque plus faible de démence et à de meilleures performances cognitives.

Une étude à grande échelle sur plusieurs décennies

Les chercheurs ont analysé les données de plus de 131 000 adultes âgés en moyenne de 46 à 53 ans au début du suivi. Tous étaient indemnes de démence au départ.

Les participants ont été observés pendant plusieurs années. Leur consommation de café et de thé était évaluée régulièrement grâce à des questionnaires alimentaires détaillés.

Au fil du temps, 11 033 cas de démence ont été recensés.

Les résultats montrent que les personnes qui consommaient deux à trois tasses de café par jour présentaient un risque de démence réduit d’environ 18 % par rapport à celles qui en buvaient peu ou pas.

Le rôle central de la caféine

Un point important ressort de l’analyse : le café décaféiné n’a pas montré les mêmes bénéfices.

Cela suggère que la caféine joue un rôle clé dans les effets protecteurs observés sur le cerveau.

Une tendance comparable a été notée chez les consommateurs de thé, qui contient également de la caféine et d’autres composés actifs.

Des capacités cognitives mieux préservées

Les chercheurs ont aussi étudié les fonctions mentales du quotidien. Chez les consommateurs réguliers de café, ils ont observé :

  • moins de plaintes liées à la mémoire,
  • une meilleure attention,
  • une concentration plus stable,
  • de meilleurs résultats à certains tests cognitifs standardisés.

Ces résultats ont été confirmés même après avoir pris en compte d’autres facteurs influençant la santé cérébrale :

  • activité physique,
  • alimentation globale,
  • tabagisme,
  • antécédents médicaux,
  • âge.

Cette solidité statistique renforce la crédibilité de l’association observée, sans toutefois prouver un lien direct de cause à effet.

Une action biologique sur le vieillissement du cerveau

Les effets positifs du café pourraient s’expliquer par plusieurs mécanismes scientifiques.

La caféine agit sur le système nerveux central en stimulant la vigilance et l’activité neuronale. Elle bloque notamment les récepteurs de l’adénosine, une molécule impliquée dans la sensation de fatigue.

Le café contient aussi des polyphénols et des antioxydants. Ces substances participent à :

  • la réduction du stress oxydatif,
  • la limitation de l’inflammation chronique,
  • la protection des cellules nerveuses.

Or, ces deux phénomènes – inflammation et stress oxydatif – sont fortement impliqués dans le vieillissement cérébral et les maladies neurodégénératives.

Une piste simple de prévention

Dans un contexte où les solutions médicamenteuses pour prévenir la démence restent limitées, ces résultats attirent l’attention sur l’importance des habitudes de vie.

Boire du café de manière modérée pourrait constituer un facteur de protection supplémentaire, au même titre que :

  • l’activité physique régulière,
  • une alimentation équilibrée,
  • la stimulation intellectuelle,
  • le maintien du lien social.

Quelle quantité est considérée comme raisonnable ?

Dans l’étude, une tasse correspond à un expresso contenant environ 80 mg de caféine.

Les autorités sanitaires européennes recommandent de ne pas dépasser environ 400 mg de caféine par jour chez l’adulte, soit l’équivalent de 4 à 5 expressos.

Il faut toutefois savoir qu’une grande tasse de café filtre contient souvent plus de caféine qu’un expresso, car l’eau reste plus longtemps en contact avec le café moulu.

Précautions médicales importantes

Même si le café peut présenter des effets bénéfiques, il doit être consommé avec modération. Une consommation excessive peut provoquer :

  • troubles du sommeil,
  • nervosité,
  • palpitations cardiaques,
  • anxiété,
  • troubles digestifs.

Certaines personnes sont plus sensibles à la caféine, notamment celles souffrant de troubles cardiaques, d’anxiété ou de problèmes de sommeil.

Recommandations pour une consommation saine

Pour profiter des bénéfices potentiels sans risque :

  • privilégier 2 à 3 tasses par jour,
  • éviter le café en fin de journée,
  • limiter le sucre ajouté,
  • rester attentif aux réactions individuelles,
  • consulter un professionnel de santé en cas de pathologie chronique.

Un allié possible pour la santé cognitive

Le café ne remplace ni un traitement médical ni une hygiène de vie équilibrée. Mais cette grande étude apporte un message encourageant : une habitude simple, déjà intégrée dans le quotidien de millions de personnes, pourrait contribuer à préserver les fonctions cérébrales au fil des années.

La recherche continue. Mais ces résultats confirment qu’à dose modérée, le café n’est pas seulement un stimulant. Il pourrait aussi devenir un allié discret du cerveau face au vieillissement.

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