Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a annoncé le lancement prochain des travaux du tronçon nigérien du gazoduc transsaharien (TSGP), un projet énergétique majeur destiné à relier les ressources gazières du Sahel aux marchés internationaux. Le démarrage des opérations est prévu juste après le mois de Ramadhan, marquant une étape décisive dans la concrétisation de ce chantier d’envergure continentale.
Un accord scellé au plus haut niveau entre Alger et Niamey
Cette annonce a été faite à l’issue d’entretiens officiels tenus au palais présidentiel entre Abdelmadjid Tebboune et son homologue nigérien, le général d’armée Abdourahamane Tiani. Lors d’une déclaration conjointe à la presse, les deux chefs d’État ont confirmé leur accord pour accélérer la mise en œuvre du projet, considéré comme stratégique pour la coopération énergétique régionale.
Le président algérien a précisé que la compagnie nationale Sonatrach sera chargée de piloter la réalisation du pipeline sur le territoire nigérien, notamment l’installation des infrastructures nécessaires au transport du gaz.
Ce tronçon constitue un maillon essentiel du projet global du gazoduc transsaharien, qui vise à relier les champs gaziers de l’Afrique subsaharienne au réseau énergétique algérien, puis vers l’Europe.
Un projet à forte portée géoéconomique
Au-delà de sa dimension technique, le TSGP représente un enjeu majeur pour la sécurité énergétique de la région et pour le positionnement stratégique de l’Algérie comme hub gazier entre l’Afrique et l’Europe.
La construction du tronçon traversant le Niger devrait :
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Renforcer l’intégration énergétique régionale
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Générer des retombées économiques pour les pays concernés
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Créer des emplois et développer les infrastructures locales
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Consolider les partenariats industriels et technologiques
En confiant la conduite des travaux à Sonatrach, Alger mise sur son expertise dans la réalisation de grands projets énergétiques en milieux complexes, notamment dans les zones désertiques et transfrontalières.
Sécurité régionale : une coopération étroite face aux menaces
La rencontre a également été l’occasion d’aborder la question sécuritaire, étroitement liée à la réussite de ce projet. Le président algérien a insisté sur le fait que les deux pays se trouvent « dans la même tranchée » face aux défis liés au terrorisme dans la région sahélienne.
Il a souligné que la sécurité du Niger est indissociable de celle de l’Algérie, réaffirmant l’engagement d’Alger à soutenir Niamey par le partage d’expertise, la coopération et l’appui technique.
Cette dimension sécuritaire est essentielle pour garantir la protection des infrastructures énergétiques, souvent exposées aux risques dans les zones instables du Sahel.
Une coopération élargie à d’autres secteurs stratégiques
Au-delà du gazoduc, les deux chefs d’État ont passé en revue plusieurs projets bilatéraux dans des domaines variés, traduisant une volonté de renforcer les relations entre les deux pays.
Parmi les initiatives annoncées :
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La création prochaine d’une clinique d’hémodialyse à Niamey
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La réalisation d’une maison de la presse
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Le développement de projets dans les secteurs de la santé et de la formation
Le président algérien a également exprimé le souhait que la Grande commission mixte algéro-nigérienne se réunisse après le Ramadhan afin de valider les accords conclus et accélérer leur mise en œuvre sur le terrain.
Un partenariat stratégique appelé à se renforcer
En réaffirmant que l’Algérie restera aux côtés du peuple nigérien « en toutes circonstances », Abdelmadjid Tebboune a insisté sur la dimension politique et humaine de cette coopération.
Le lancement imminent du tronçon nigérien du gazoduc transsaharien s’inscrit ainsi dans une vision plus large : consolider la stabilité régionale, renforcer l’intégration économique et faire du partenariat énergétique un levier de développement durable pour les deux pays.
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