Dans son allocution à cette rencontre tenue à l’École supérieure de la magistrature (ESM) de Koléa, le ministre a indiqué que son département réfléchit à la création d’un « Conseil national des terminologies juridiques et judiciaires en langue amazighe, dans toutes ses variantes linguistiques », en concrétisation de l’engagement de l’Algérie en faveur de la promotion de cette langue et du renforcement de sa place au sein des institutions de la République.
Il a ajouté que cette instance « permettra d’élaborer une vision intégrée et d’assurer l’efficacité du service public dans le respect des constantes de l’identité nationale, contribuant ainsi à consolider la confiance des citoyens dans les institutions de l’État ».
L’intégration de Tamazight dans le champ judiciaire « n’est pas une revendication symbolique, mais un choix souverain et civilisationnel, à même de renforcer l’unité nationale et de faire d’une justice qui s’adresse au citoyen dans sa langue une justice plus équitable et plus proche de lui », a-t-il souligné.
À son tour, M. Assad a affirmé que l’intégration de la langue amazighe dans le système judiciaire constitue « un choix d’État et une question de souveraineté », s’inscrivant dans un projet national stratégique visant à conforter l’État de droit et à consacrer les principes d’une citoyenneté égale dans le cadre de l’unité nationale et de la diversité culturelle.
Il a indiqué que le choix de la Journée internationale de la langue maternelle pour organiser cette journée d’étude « traduit la volonté de passer du stade de l’énoncé des principes à celui de leur activation institutionnelle et de la mise en place de mécanismes d’application sur le terrain, permettant aux justiciables de plaider dans la langue qu’ils maîtrisent, tout en renforçant l’unité nationale et en consacrant la diversité ».
Cette orientation « s’inscrit dans la concrétisation de la vision prônée par le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, qui fait de l’ancrage de l’État de droit et du renforcement de la place des institutions nationales un choix constant, dans le cadre du raffermissement de la coordination entre les différentes institutions de l’État, de la consécration de l’esprit de responsabilité collective dans l’accomplissement des missions nationales, ainsi que de la préservation des constantes de l’identité nationale et de l’enracinement de ses référents fédérateurs », a-t-il ajouté.
À cet égard, M. Assad a mis en exergue l’importance du renforcement de la coordination entre le HCA, les institutions du ministère de la Justice et les organisations professionnelles concernées, en vue « d’élaborer un plan d’action fixant les objectifs et les mécanismes de suivi », tout en œuvrant à « l’unification de la terminologie juridique à travers des commissions linguistiques conjointes, en prélude à l’élaboration d’un dictionnaire juridique amazigh de référence, unifié ».
À noter que cette journée d’étude, qui sera couronnée par une série de recommandations, a réuni des magistrats, avocats, greffiers et huissiers de justice, ainsi que des enseignants et experts en droit.
Les participants ont débattu de plusieurs thématiques relatives, entre autres, au « Cadre constitutionnel et juridique de la justice linguistique », à « La traduction judiciaire et les garanties du procès équitable », ainsi qu’à « Les expériences des magistrats dans le traitement des affaires nécessitant une traduction ».
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