Une condamnation assortie d’un mandat de dépôt
Le pôle pénal économique et financier du tribunal de Sidi M’hamed, à Alger, a condamné lundi l’ancien ministre de l’Industrie et de l’Industrie pharmaceutique, Ali Aoun, à cinq ans de prison ferme.
La peine s’accompagne d’une amende d’un million de dinars et d’un mandat de dépôt immédiat, alors qu’il comparaissait libre. Le parquet avait requis une peine plus lourde, soit douze ans d’emprisonnement. L’ancien responsable dispose d’un délai de dix jours pour faire appel.
Des peines lourdes pour plusieurs coaccusés
Son fils, Mehdi Aoun, a été condamné à six ans de prison ferme.
Considéré comme l’un des principaux protagonistes, l’homme d’affaires Abdennour Abdelmoula a écopé de dix ans de prison, assortis d’une amende équivalente.
D’autres prévenus ont également été sanctionnés :
- Karim Boulaioune, PDG du complexe sidérurgique d’El Hadjar, condamné à trois ans de prison et une amende d’un million de dinars ;
- Salah Nouredine, directeur général de l’Entreprise nationale de fonderie (Fondal), condamné à la même peine ;
- Chrafi Mohamed, opérateur économique, ainsi qu’Abdelhalim, président du club équestre « El Kouala », condamnés chacun à cinq ans de prison et à une amende similaire.
Relaxes et acquittements
La justice a, en revanche, prononcé la relaxe de Charaf-Eddine Amara, ancien PDG du groupe Madar.
Plusieurs autres dirigeants, notamment dans les secteurs pharmaceutique et de l’importation automobile, ont également été acquittés faute de preuves suffisantes.
Une affaire liée à des marchés suspects
Le dossier concerne des opérations jugées irrégulières au sein du groupe sidérurgique IMETAL, basé à Annaba.
Les investigations ont porté sur des transactions liées à la vente de ferraille et de résidus de cuivre. Les enquêteurs évoquent :
- des manipulations de prix,
- des pratiques de favoritisme,
- une dilapidation de fonds publics.
Ces opérations auraient causé un préjudice financier à cette entreprise publique.
Des chefs d’accusation graves
L’ancien ministre a été reconnu coupable de plusieurs infractions, notamment :
- dilapidation de deniers publics,
- abus de fonction et d’influence,
- obtention d’avantages indus.
Le procès s’était tenu le 8 avril avant d’être mis en délibéré. Le verdict a été rendu ce lundi.
Un parcours marqué par de hautes responsabilités
Avant son passage au gouvernement, Ali Aoun avait dirigé le groupe pharmaceutique public Saidal.
Nommé ministre de l’Industrie pharmaceutique en 2022, il avait ensuite pris en charge le portefeuille élargi de l’Industrie et de la Production pharmaceutique en 2023, avant d’être remplacé en novembre 2024.
Un contexte de lutte anticorruption
Cette affaire s’inscrit dans la politique de lutte contre la corruption engagée par le président Abdelmadjid Tebboune.
Depuis plusieurs années, cette stratégie vise à renforcer la transparence et à poursuivre les anciens responsables impliqués dans des affaires de malversation, notamment au sein des secteurs industriels stratégiques.
À retenir
- Ali Aoun condamné à 5 ans de prison ferme avec mandat de dépôt
- Plusieurs responsables économiques également sanctionnés
- Des faits liés à des marchés suspects au sein d’IMETAL
- Des relaxes prononcées pour certains accusés
- Une affaire inscrite dans la lutte anticorruption en Algérie
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