Une petite boule sur la paupière qui peut devenir douloureuse
Rougeur, gonflement, sensation de gêne dans l’œil… Le chalazion est une affection fréquente de la paupière, généralement bénigne, mais parfois impressionnante. Souvent confondu avec un orgelet, il correspond à l’inflammation d’une glande située au bord des paupières : la glande de Meibomius.
Dans la majorité des cas, le chalazion évolue favorablement avec des soins simples réalisés précocement. Encore faut-il reconnaître les symptômes et adopter les bons gestes.
Qu’est-ce qu’un chalazion ?
Le chalazion apparaît lorsqu’une glande de Meibomius se bouche ou s’enflamme.
Ces petites glandes, présentes le long des paupières au ras des cils, sont essentielles au bon fonctionnement de l’œil. Chaque paupière en contient environ une cinquantaine.
Leur rôle consiste à produire le meibum, une substance huileuse qui :
- limite l’évaporation des larmes ;
- protège la surface de l’œil ;
- maintient une bonne hydratation oculaire.
Lorsque l’orifice de la glande se bouche, le meibum ne peut plus s’évacuer normalement. Il s’accumule alors à l’intérieur de la glande, provoquant une inflammation et la formation d’une petite masse dure appelée “coque inflammatoire”.
Pourquoi un chalazion apparaît-il ?
Plusieurs facteurs peuvent favoriser l’apparition d’un chalazion.
Les principales causes :
- les frottements répétés des yeux ;
- une mauvaise hygiène des paupières ;
- certaines conjonctivites ;
- le port prolongé de lentilles ;
- la fatigue oculaire ;
- la rosacée ;
- l’acné ;
- les peaux grasses ;
- les inflammations chroniques des paupières (blépharites).
Le stress, le manque de sommeil et certaines irritations environnementales peuvent également favoriser les récidives.
Chalazion ou orgelet : quelle différence ?
Le chalazion est souvent confondu avec l’orgelet, mais ces deux affections sont différentes.
Le chalazion :
- correspond surtout à une inflammation ;
- évolue lentement ;
- forme une boule plus profonde dans la paupière ;
- est souvent peu douloureux après quelques jours.
L’orgelet :
- est une infection bactérienne aiguë ;
- touche généralement la base d’un cil ;
- provoque une douleur plus vive ;
- ressemble davantage à un petit bouton rempli de pus.
Quels sont les symptômes du chalazion ?
Le chalazion provoque les signes classiques de l’inflammation.
Les symptômes les plus fréquents :
- une rougeur de la paupière ;
- un gonflement localisé ;
- une sensation de chaleur ;
- une douleur ou une gêne ;
- une petite boule palpable dans la paupière ;
- une sensation de pression sur l’œil.
Dans certains cas, le gonflement peut devenir important car les paupières retiennent facilement l’eau.
Lorsque le chalazion grossit, il peut parfois :
- gêner la vision ;
- provoquer une sensation de corps étranger ;
- entraîner un larmoiement.
Quand faut-il consulter rapidement ?
Un avis médical est recommandé si :
- le chalazion devient très douloureux ;
- du pus apparaît ;
- la rougeur s’étend ;
- la vision devient floue ;
- la fièvre apparaît ;
- le gonflement devient important ;
- le chalazion récidive fréquemment ;
- aucune amélioration n’apparaît après plusieurs semaines.
Un chalazion qui persiste longtemps nécessite parfois un examen plus approfondi.
Comment le diagnostic est-il posé ?
Le diagnostic repose principalement sur l’examen clinique. Le médecin ou l’ophtalmologue :
- observe la paupière ;
- recherche la petite coque inflammatoire ;
- palpe la zone épaissie ;
- examine l’orifice des glandes de Meibomius.
L’examen à la lampe à fente (microscope ophtalmique) permet également d’évaluer l’état des paupières et la qualité du meibum.
Quel est le traitement du chalazion ?
La prise en charge repose principalement sur deux mesures complémentaires.
- La chaleur locale
La chaleur aide à fluidifier le meibum bloqué dans la glande.
Comment faire :
- appliquer une compresse chaude ou un gant propre ;
- laisser agir 5 à 10 minutes ;
- renouveler plusieurs fois par jour.
La chaleur ne doit jamais être brûlante.
- Le massage de la paupière
Après la chaleur, un massage doux mais appuyé aide à évacuer le contenu de la glande.
Le massage doit toujours être réalisé avec des mains propres.
Les pommades anti-inflammatoires ou antibiotiques
Selon les cas, le médecin peut prescrire :
- une pommade anti-inflammatoire ;
- un traitement antibiotique local ;
- parfois des gouttes ophtalmiques.
L’objectif est de limiter l’inflammation et d’éviter une surinfection bactérienne.
Pourquoi faut-il associer chaleur et traitement ?
Les spécialistes rappellent qu’il ne faut pas dissocier les deux approches.
- La chaleur seule peut parfois accentuer l’inflammation.
- La pommade seule peut empêcher l’évacuation du contenu de la glande.
L’association des deux traitements améliore généralement la guérison.
Combien de temps dure un chalazion ?
Pris en charge rapidement, un chalazion peut régresser en quelques jours. Dans certains cas, il peut toutefois persister plusieurs semaines, voire plusieurs mois.
Les formes chroniques ou volumineuses nécessitent parfois :
- une injection locale de corticoïdes ;
- ou une petite intervention chirurgicale réalisée par un ophtalmologue.
Peut-on percer un chalazion soi-même ?
Non. Il ne faut jamais tenter de percer ou d’écraser un chalazion. Cela augmente le risque :
- d’infection ;
- de cicatrice ;
- d’aggravation de l’inflammation.
Comment prévenir les récidives ?
Quelques mesures simples permettent de limiter le risque de rechute.
Les bons réflexes :
- éviter de se frotter les yeux ;
- bien se démaquiller ;
- nettoyer régulièrement les paupières ;
- se laver les mains avant de toucher ses yeux ;
- limiter les irritations liées aux écrans ;
- traiter les blépharites ou la rosacée si elles existent.
Chez certaines personnes sujettes aux récidives, une hygiène quotidienne des paupières peut être recommandée.
À retenir
- Le chalazion correspond à l’inflammation d’une glande de Meibomius.
- Il provoque souvent une boule rouge et gonflée sur la paupière.
- La chaleur et le massage restent les traitements de base.
- Plus le traitement est commencé tôt, plus la guérison est rapide.
- Il ne faut jamais percer un chalazion soi-même.
- Une consultation est nécessaire en cas de douleur importante, de pus ou de récidives fréquentes.
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