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ALGÉRIE/ POLITIQUE : Conférence nationale : Benflis, Makri, Djabalah et Soufiane Djilali sauvent la tête de Bensalah

Par Y.B.-- 06-Juil-2019 591

ALGÉRIE/ POLITIQUE : Conférence nationale : Benflis, Makri, Djabalah et Soufiane Djilali sauvent la tête de Bensalah

Il se confirme désormais que le président de l’Etat, Abdelkader Bensalah, n’aura pas du souci à se faire quant à sa reconduction même via une fatwa pas très convaincante du Conseil constitutionnel.

Les nouveaux décideurs qui n’ont plus de solution de rechange pour pallier le départ de Bensalah au risque de perdre le pouvoir, bénéficient d’une planche de salut que leur tendent les leaders des partis qui animent aujourd’hui le «Forum du dialogue national».

Ces derniers  dont notamment, Ali Benflis, Abderrazak Makri et Soufiane Djilali ont décidé tout simplement de zapper la revendication du «dégagement» de Bensalah dont la tête a été pourtant mise à prix depuis son installation déjà controversée à la tête de l’Etat.

Dans leurs allocutions respectives ce matin devant les participants à la conférence, aucun d’entre eux n’a en effet évoqué la nécessité du départ de Bensalah dont l’intérim n’est pourtant pas extensible au regard de la Constitution.

Ali Benflis s’est contenté de réclamer que le dialogue national ne soit pas mené par des «institutions politiques maudites» et qu’il soit confié à des «personnalités nationale respectables».

Mais le chef de Talaei El Hurriet ne fait même pas allusion à Bensalah.

Le président de Jil Jadid, Soufiane Djilali, lui a clairement annoncé la couleur en proposant de constituer une commission qui entreprendra des contacts préalable au dialogue devant aboutir au «départ du gouvernement».

Là aussi, point d’exigence du renvoi du président de l’Etat comme l’a déjà signifié Djilali Soufiane dans les médias estimant que Bensalah «n’a aucun pouvoir».

Abderrazak Makri, lui, est allé jusqu’à se faire l’avocat de l’option de l’état-major, en considérant  l’institution d’une assemblée constituante comme une option «irraisonnable».

Mieux encore, le chef du MSP qui a eu à traiter avec Said Bouteflika une prolongation du 4ème mandat a tressé aujourd’hui des lauriers à l’institution militaire qui a-t-il dit, «a sans doute eu le mérite historique  sur ce qui a été concrétisé».

Makri n’a pas manqué comme ses collègues, de faire sienne la revendication de la nomination d’un «Premier ministre fort» capable de mettre en échec la machine de la fraude de l’administration.

Autre temps autres mœurs, pour le MSP Abdelkader Bensalah n’est plus un «symbole du régime» qu’il faille dégager.

C’est dire qu’au forum du dialogue national qui se tient à l’école d’hôtellerie d’Ain Benian, il sente un parfum de transaction politique, en vertu duquel, les conclavistes acceptent le maintien de Bensalah en contrepartie de la démission prochaine de Bedoui.

Faut-il rappeler qu’Ahmed Gaid Salah avait appelé dans l’un de  ces derniers discours à des«concessions mutuelles»  pour aboutir à une sortie de crise.

Tout porte à croire que le compromis consiste à changer le premier ministre Bedoui pour garder le chef de l’Etat Bensalah, comme le souhaite Gaid Salah.

On comprend mieux pourquoi, les personnalités nationales annoncées ont préféré zapper cette rencontre y compris la figure de proue du Hirak, Me Mustapha Bouchachi, qui a pourtant assisté à toutes les rencontres de ce groupe.

Mais pour lui, le départ de Bensalah est «politiquement» beaucoup plus important que celui de Bedoui qui n’a strictement aucun rôle dans l’organisation des élections, comme il nous l’a expliqué.

In fine, l’état-major aura réussi à faire revenir ces partis dans son «droit» de chemin, mais  il lui reste à convaincre le peuple que le maintien d’Abdelkader Bensalah ne s’inscrit pas dans la «contre-révolution».  

Grosses concessions de la conférence de l’opposition : Le départ de Bensalah et la nécessité d’une «transition» évacués du document final.

Comme il fallait bien s’y attendre, les chefs de partis, les représentants des syndicats ainsi que des acteurs de la société civile, réunis aujourd’hui à l’école supérieure de l’hôtellerie d’Ain El Benian, ont évacué les mots qui fâchent.

Dans le document final de la conférence du dialogue national consulté par Algérie1, qui devrait être adopté cet près midi, les participants ont soigneusement évité les revendications politiques passées de nombreux leaders de partis pour aboutir au dépassement du système.

Ainsi, il n’est plus question d’exiger le départ du Président de l’Etat, Abdelkader Bensalah dont l’intérim s’achève constitutionnellement le 9 juillet, c’est-à-dire lundi prochain.

Dans le chapitre relatif  au mécanisme de préparation de l’élection présidentielle, le remplacement de Bensalah par une personnalité nationale acceptable voire un collège de personnalités, a sauté au profit d’une formule  passe-partout qui consiste à exiger vaguement d’«exclure tous les symboles de l’ancien régime impliqués dans la corruption et rejetés par le peuple».

Cela confirme ce que nous avions écris à savoir que ce segment de l’opposition a fini par se laisser convaincre par le chef d’état-major de surseoir à sa demande de remplacer Bensalah en contrepartie d’une disponibilité du pouvoir à «collaborer».

C’est assurément une grosse concession du forum de l’opposition qui regroupe quasiment tous les partis islamistes et conservateurs ainsi que certaines personnalités ayant fréquenté les allées du pouvoir.

En effet, le mouvement populaire, avait fait à contrario du départ des deux «B» c’est-à-dire Bensalah et Bedoui, une exigence non négociable.

Aussi, Djaballah, Benflis, Makri, Rahabi et les autres ont accepté au bout du compte de barrer le mot «transition» de leur lexique  comme l’ordonnait Gaid Salah et Bensalah dans leurs discours ainsi que leurs relais politique à savoir tous les partis qui se sont compromis avec Bouteflika et qui montrent patte blanche aux nouveaux décideurs.

Dans le document qui sera adopté cet après midi, les organisateurs ont opté pour une formule incolore et inodore politiquement pour se mettre dans les bonnes grâces de l’état-major en évoquant simplement une «période préélectorale».

Du coup, l’équation change complètement pour Benflis, Makri, Djaballah et leurs amis qui se mettent en porte- faux avec le Hirak dont les revendications politiques ont été réitérées par des millions de personnes vendredi dernier.

Ces concessions politiques pourraient peut être valoir à leurs auteurs une bienveillance du pouvoir, mais elles risquent  de subir les dommages collatéraux d’un peuple qui reste droit dans ses bottes, dans sa volonté d’abattre le système et non pas de dialoguer avec ses symboles.

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