L’ONU accuse Israël d’avoir tué des centaines de demandeurs d’aide à Gaza
Depuis l’aube, au moins 60 Palestiniens ont été tués dans la bande de Gaza, dont 27 alors qu’ils attendaient de l’aide humanitaire. Ces chiffres viennent s’ajouter aux près de 800 civils tués au cours des six dernières semaines alors qu’ils tentaient de se procurer de la nourriture ou des secours. L’ONU alerte : les centres de distribution d’aide, censés être des havres de survie, se transforment en zones de mort.
Centres de distribution : pièges mortels pour les civils
Selon les Nations Unies, les attaques israéliennes ont visé à plusieurs reprises les points de distribution gérés par la Gaza Humanitarian Foundation (GHF), provoquant un nombre alarmant de victimes. Ces lieux, autrefois symboles d’espoir, sont aujourd’hui redoutés par les Gazaouis, qui ne s’y rendent plus que poussés par une faim extrême, malgré les risques mortels.
Interdiction d’accès à la mer et blocus total
L’armée israélienne a averti la population de Gaza d’éviter la mer, invoquant des “restrictions de sécurité strictes”. Ce message, diffusé sur les réseaux sociaux, survient au lendemain d’une déclaration israélienne non étayée, selon laquelle six commandants du commando naval du Hamas auraient été tués au cours de récentes opérations.
Blocus de l’aide humanitaire : une arme de guerre
Israël bloque l’acheminement de l’aide humanitaire depuis avril, rompant le cessez-le-feu et limitant l’accès aux secours à un seul canal : le GHF. Cette méthode est décriée comme inhumaine par les experts, ayant déjà causé la mort de centaines de civils. L’UNRWA appelle Israël à lever immédiatement le siège : “Pas de savon, pas d’eau potable, une promiscuité insalubre… Les conditions sont alarmantes”, déclare l’agence onusienne.
Destruction systématique et déportation : vers un second Nakba ?
Rami Khouri, chercheur à l’Université américaine de Beyrouth, souligne que les déplacements massifs de Palestiniens ne datent pas d’aujourd’hui. Selon lui, ce processus s’inscrit dans une politique coloniale de longue date, soutenue par les puissances occidentales : “L’objectif reste de vider la Palestine de sa population pour faciliter l’expansion territoriale israélienne”. Il dénonce un plan délibéré d’épuration ethnique appuyé par le blocus humanitaire.
Crime en Cisjordanie : un Américain tué par des colons israéliens
Seif al-Din Muslat, citoyen américain d’origine palestinienne, a été battu à mort par des colons à Sinjil, en Cisjordanie. Sa famille exige une enquête américaine indépendante, dénonçant une attaque préméditée où même les ambulanciers ont été empêchés d’intervenir. Le CAIR (Conseil des relations américano-islamiques) dénonce un crime raciste et l’impunité persistante des colons et soldats israéliens impliqués dans des meurtres de citoyens américains.
Multiplication des raids israéliens : des familles entières ciblées
Les raids israéliens continuent de frapper la bande de Gaza. À Gaza-ville, quatre civils ont été tués dans le quartier de Tuffah, tandis que onze autres sont morts dans une attaque contre des tentes de déplacés à al-Mawasi. À Deir el-Balah, une frappe de drone a tué deux personnes. Dans le centre-ville de Gaza, une mère et ses trois enfants ont péri dans un bombardement à proximité de l’Université islamique.
Le ministre israélien de la Défense célèbre les destructions
Le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, a publié une photo des ruines de Rafah accompagnée du commentaire : “Après Rafah, Beit Hanoon”, affichant ouvertement une stratégie de destruction systématique. Selon des sources palestiniennes, Israël envisage de regrouper des centaines de milliers de civils dans un camp sur les ruines de Rafah, accentuant les accusations d’épuration ethnique.
Gaza ciblée de toutes parts : bombardements, déplacements, famine
Les frappes ne se limitent pas à Gaza. En Cisjordanie occupée, l’armée israélienne a pris d’assaut plusieurs localités, dont Tuqu, Halhul et Tayasir. Aucun détail sur d’éventuelles arrestations n’a encore été communiqué. Pendant ce temps, les bombardements se poursuivent à Gaza, y compris sur des stations-service et des zones abritant des civils déplacés, comme à l’ouest de Rafah.
L’ONU veut redevenir canal principal de l’aide
Carl Skau, directeur adjoint du Programme alimentaire mondial, a affirmé que les autorités israéliennes souhaitent que l’ONU demeure le principal canal d’aide en cas de cessez-le-feu. Il précise que lors de ses récents échanges avec les Israéliens, la GHF n’a pas été mentionnée, laissant entrevoir un possible retour de l’ONU dans le processus humanitaire.
Le silence devient complice
En l’absence de sanctions et d’une mobilisation internationale ferme, les violations du droit international se poursuivent en toute impunité. Le siège de Gaza, la famine organisée, les attaques contre des civils, les meurtres de journalistes et de citoyens étrangers illustrent une tragédie en cours, que les ONG, les experts et les agences de l’ONU qualifient désormais ouvertement de génocide.
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