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Plainte pour provocation à la haine et à la discrimination contre Bruno Retailleau

Par S.B.-- 09-Août-2025 0

Une association nîmoise a déposé, par l’intermédiaire de son avocate Me Khadija Aoudia, une plainte pour provocation à la haine et à la discrimination visant Bruno Retailleau, ministre de l’Intérieur. La plainte, transmise ce vendredi à la Cour de justice de la République, compile sur 30 pages des propos tenus par le ministre depuis son arrivée au gouvernement, jugés discriminatoires, notamment à l’encontre des Français de confession musulmane.

L’association, active dans les quartiers prioritaires et souhaitant rester anonyme, affirme être de plus en plus confrontée au racisme. « Quand on rejette par la peur, on finit par développer de la haine. La seule manière d’éviter que cela ne déborde vers la violence, c’est le droit. Le droit protège et sanctionne de manière égale, sans distinction. C’est par son application rigoureuse que l’on construit une société pacifiée », souligne Me Aoudia.

Selon elle, les propos reprochés ne sont pas dignes d’un ministre, « gardien du respect de la Constitution », qui garantit, à travers son article 1er, l’égalité sans distinction de race ou de religion. Elle rejette toute vision fondée sur un « idéal civilisationnel judéo-chrétien », estimant que ce qui unit la Nation, ce sont les valeurs inscrites dans la Constitution : altruisme, égalité, liberté et fraternité.

Soutien du CFCM et inquiétude face à la hausse des actes anti-musulmans

Abdallah Zekri, vice-président nîmois du Conseil français du culte musulman (CFCM), soutient la plainte et alerte sur la recrudescence des actes anti-musulmans : 145 cas ont déjà été recensés depuis le début de l’année, contre 173 sur toute l’année 2024. « Je me sens blessé et concerné lorsque j’entends que nous, Français d’origine algérienne, sommes considérés comme des ennemis de la France, alors que nous y vivons et la respectons », déclare-t-il.

Une procédure qui pourrait aller jusqu’aux instances internationales

Me Aoudia reconnaît que les chances d’aboutir sont faibles : depuis la création de la Cour de justice de la République, 22 000 requêtes ont été déposées, pour seulement six jugements rendus. Elle affirme toutefois sa détermination : « J’irai jusqu’à la Cour européenne des Droits de l’Homme. » Les faits dénoncés seront également portés devant la commission des droits de l’Homme des Nations Unies pour débat.

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