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Gaza : des maisons s’effondrent sous les tempêtes, l’aide humanitaire toujours bloquée

Par A.B.-- 17-Déc-2025 3

Alors que l’hiver frappe durement la bande de Gaza, les conséquences de la guerre et du blocus humanitaire continuent de s’aggraver. À Shati, un camp de réfugiés de la ville de Gaza, le toit d’une maison familiale déjà endommagée par les bombardements s’est effondré sous l’effet d’une violente tempête hivernale. Les équipes de secours ont réussi à sauver six Palestiniens, dont deux enfants. D’autres n’ont pas eu cette chance.

Selon le ministère palestinien de la Santé, un nourrisson âgé de deux semaines est mort de froid dans l’enclave, illustrant la gravité de la crise humanitaire en cours.

Le bilan s’alourdit à 70.668 martyrs et 171.152 blessés

L’agression génocidaire sioniste contre la bande de Gaza a fait 70.668 martyrs et 171.152 blessés, en majorité des femmes et des enfants, depuis le 7 octobre 2023, selon un nouveau bilan communiqué mercredi par les autorités sanitaires palestiniennes.

L’hiver, une nouvelle arme contre les civils

Pluies torrentielles, vents violents et températures basses frappent Gaza depuis plusieurs jours. Ces conditions météorologiques extrêmes touchent une population déjà exsangue, contrainte de vivre dans des habitations fragilisées ou dans des tentes précaires.
De nombreux bâtiments qui se sont effondrés avaient été partiellement détruits lors des opérations militaires israéliennes. Faute d’alternatives, des familles s’y étaient réfugiées, jugeant les abris de fortune en plastique incapables de les protéger du froid et des intempéries.

Des chiffres alarmants sur les destructions

La Défense civile palestinienne indique qu’au moins 17 immeubles résidentiels se sont totalement effondrés et 90 autres partiellement depuis le début des tempêtes.
Les pluies ont également inondé 90 % des tentes installées dans l’enclave, laissant des milliers de familles sans aucun abri.

Les équipes de secours ont reçu plus de 5 000 appels à l’aide en une semaine. Selon les autorités locales, au moins 17 personnes sont mortes de froid, dont quatre enfants, tandis que des dizaines d’autres ont péri dans des effondrements de bâtiments.

Khan Younès : une situation humanitaire jugée “désespérée”

Le maire de Khan Younès, Alaa al-Batta, a décrit une situation dramatique dans le sud de Gaza. Plus de 20 habitations ont été détruites dans sa ville à cause des pluies et des vents violents.
Il affirme qu’aucune aide humanitaire n’est récemment entrée dans la région, aggravant les souffrances des personnes déplacées. La tempête aurait causé la mort d’au moins 20 Palestiniens dans le secteur.

Le maire appelle les médiateurs internationaux à intervenir de toute urgence pour permettre l’entrée de machines, d’équipements lourds et de matériel de secours afin de faciliter les opérations de sauvetage et de relogement.

Aide humanitaire toujours entravée malgré le cessez-le-feu

Bien qu’un cessez-le-feu soit entré en vigueur le 10 octobre, les agences humanitaires rapportent que l’accès à Gaza reste extrêmement limité.
L’UNRWA, l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens, alerte sur des niveaux toujours élevés de malnutrition, notamment chez les enfants. L’organisation appelle à un rétablissement complet de ses opérations de secours.

Israël continue de restreindre sévèrement l’entrée de l’aide, une situation qui avait conduit les Nations unies à confirmer un état de famine dès le mois d’août, selon la classification IPC.

Save the Children bloquée depuis des mois

L’ONG Save the Children affirme n’avoir pu acheminer aucun de ses propres équipements humanitaires à Gaza depuis mars, date à laquelle un blocus total a été imposé.
Malgré le cessez-le-feu, les autorités israéliennes continuent de bloquer l’entrée de tentes, couvertures et autres fournitures essentielles à la survie en hiver.

« Les Palestiniens sont désespérément à la recherche d’un endroit où s’abriter », explique Shurouq, responsable médias de l’ONG à Gaza. Les rares équipements achetés localement restent « une goutte d’eau face à l’ampleur des besoins ».

Malnutrition persistante et responsabilités internationales

L’UNRWA rappelle que la population de Gaza subit une accumulation de crises : guerre, déplacements forcés, destruction des infrastructures et malnutrition chronique.
L’agence avait été interdite d’opérer à Gaza après des accusations israéliennes en 2023, jugées non étayées par la Cour internationale de justice (CIJ). Celle-ci a rappelé qu’Israël avait l’obligation de garantir les besoins fondamentaux de la population civile.

Violences persistantes malgré les trêves

Parallèlement à la crise humanitaire, les violences se poursuivent. L’armée israélienne a mené des bombardements dans plusieurs zones de Gaza, notamment à Khan Younès, Deir el-Balah et Jabalia, en dépit du cessez-le-feu.
En Cisjordanie occupée, au moins 40 Palestiniens, dont un enfant, ont été arrêtés lors de raids militaires. Depuis octobre 2023, plus de 21 000 arrestations y ont été recensées.

Une population piégée entre ruines, froid et pénurie

À Gaza, la destruction quasi totale des infrastructures complique les déplacements et les secours. Les rues sont inondées, les routes impraticables, et aucun matériel de reconstruction n’est autorisé à entrer.
Pour une population qui espérait que le cessez-le-feu apporterait un répit, l’hiver transforme désormais la survie quotidienne en épreuve extrême.

Alors que de nouvelles tempêtes sont annoncées, les organisations humanitaires préviennent : sans un accès immédiat et massif à l’aide, la crise humanitaire à Gaza risque de basculer dans une catastrophe encore plus grave.

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