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Gaza au bord du gouffre humanitaire

Par A.B.-- 28-Jan-2026 1

Le blocage de l’aide par Israël frappe de plein fouet les enfants, alerte l’ONU

Gaza – La situation humanitaire dans la bande de Gaza est jugée « désespérée » par les Nations unies. Malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis octobre, la fermeture prolongée du point de passage de Rafah, contrôlée par Israël, continue d’asphyxier la population civile. Les enfants figurent parmi les principales victimes de cette crise qui s’aggrave de jour en jour.

Selon l’ONU et l’UNICEF, les restrictions imposées à l’entrée de l’aide humanitaire compromettent l’accès aux soins, à la nourriture, à l’eau potable et à un abri, dans un territoire déjà dévasté par plus de deux ans de guerre.

Rafah, un point de passage vital toujours fermé

Le poste-frontière de Rafah, seul lien direct entre Gaza et l’Égypte, est considéré comme une véritable bouée de sauvetage pour les habitants de l’enclave palestinienne. Il permettrait l’évacuation de patients gravement malades, la réunification de familles séparées et l’acheminement de biens essentiels.

Or, ce point de passage est largement fermé depuis mai 2024, après la prise de contrôle du côté palestinien par l’armée israélienne. Sa réouverture était pourtant prévue lors de la première phase du cessez-le-feu conclu entre Israël et le Hamas en octobre.

Le gouvernement israélien a conditionné cette réouverture à la récupération du corps de Ran Gvili, dernier captif israélien détenu à Gaza. Bien que ses restes aient été retrouvés lors d’une opération militaire cette semaine, Rafah demeure fermé, suscitant l’incompréhension et la colère des organisations humanitaires.

Des familles « désespérées », selon l’UNICEF

Pour James Elder, porte-parole de l’UNICEF, la situation est critique :

« Les familles palestiniennes sont désespérées. La fermeture prolongée de Rafah aggrave la catastrophe humanitaire. Ce point de passage est indispensable à la survie de la population. »

Les enfants sont les plus touchés. Ils manquent de tout : nourriture suffisante, soins médicaux, vêtements chauds, accès à l’éducation. L’hiver, la pluie et le froid rendent la vie dans les camps de fortune encore plus difficile.

Une crise sanitaire majeure

La dégradation des conditions de vie entraîne une explosion des problèmes de santé publique. À l’hôpital Nasser, dans le sud de Gaza, neuf cas de méningite ont été recensés ce mois-ci chez des enfants, selon le chef du service pédiatrique. La plupart d’entre eux proviennent de familles souffrant de malnutrition sévère.

Les Nations unies alertent également sur la prolifération des maladies liées à :

  • l’accumulation des déchets,

  • les eaux usées non traitées,

  • l’absence d’hygiène,

  • le manque de médicaments et d’équipements médicaux.

Les restrictions israéliennes sur l’entrée de matériel médical, de carburant, de nourriture et d’eau potable aggravent encore la situation.

Une aide humanitaire insuffisante

Malgré une légère augmentation de l’aide autorisée, celle-ci reste largement insuffisante.
Selon l’ONU :

  • des rations de pain atteignent environ 43 % de la population,

  • la distribution mensuelle de farine a concerné 1,2 million de personnes,

  • plus de 6.000 enfants de moins de trois ans ont récemment reçu des vaccins de routine.

Mais plus d’un million de personnes ont toujours besoin d’un abri d’urgence, notamment face aux intempéries. Les Nations unies plaident pour des solutions durables : réparation des habitations, espaces chauffés collectifs, équipements pour déblayer les décombres.

Des violences qui persistent malgré le cessez-le-feu

Sur le terrain, la trêve reste extrêmement fragile. Des bombardements, tirs d’artillerie et survols de drones israéliens se poursuivent à Gaza, y compris à proximité de zones civiles. Plusieurs Palestiniens ont été tués ces derniers jours à Gaza-ville, alimentant la peur et l’instabilité.

Parallèlement, les violences se multiplient en Cisjordanie occupée. Des incursions militaires, des tirs sur des civils et des attaques de colons israéliens ont fait de nombreuses victimes, dont des femmes et des enfants. Des centaines d’oliviers ont été détruits près de Ramallah, affectant directement les moyens de subsistance des familles palestiniennes.

Une génération sacrifiée

L’UNICEF tire également la sonnette d’alarme sur l’avenir des enfants de Gaza.
Près de 90 % des infrastructures scolaires ont été endommagées ou détruites. Environ 60 % des enfants en âge scolaire n’ont plus accès à l’enseignement en présentiel.

« Presque deux ans et demi de guerre ont mis en péril toute une génération », avertit James Elder.

Des programmes d’enseignement temporaire doivent être déployés en 2026, mais ils restent insuffisants face à l’ampleur des destructions.

Une urgence humanitaire et politique

Alors que les discussions politiques piétinent, les Nations unies, l’UNICEF et de nombreuses ONG appellent à :

  • la réouverture immédiate et durable du point de passage de Rafah,

  • la levée des restrictions sur l’aide humanitaire,

  • la protection effective des civils, en particulier des enfants,

  • le respect du cessez-le-feu et du droit international humanitaire.

Sans action rapide, préviennent-elles, la crise actuelle risque de laisser des séquelles irréversibles sur toute une population, et en particulier sur les plus jeunes.

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