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ALGÉRIE/POLITIQUE : MARDI 30 AVRIL, Ahmed Ouyahia devant le procureur, un discours de Gaid Salah attendu

Par Y.B.-- 30-Avr-2019 343

ALGÉRIE/POLITIQUE : MARDI 30 AVRIL, Ahmed Ouyahia devant le procureur, un discours de Gaid Salah attendu

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L’ancien premier ministre Ahmed Ouyahia poursuivi dans le cadre d’une enquête sur la dilapidation de deniers publics et octroi d’avantages illégaux, selon l’ENTV est attendu aujourd’hui, mardi, devant le procureur de Sidi M’Hamed. Comme pour Mohamed Loukal, la justice n’a pas communiqué sur les poursuites contre Ahmed Ouyahia.

Les deux hommes ont en commun d’avoir géré le délicat dossier de la planche à billets. Mais la décision de recourir à ce mode de financement a été prise en conseil des ministres avant d’être votée en Parlement. Un texte voté au Parlement est une loi qui s’impose à la justice. On ne voit pas comment les deux responsables peuvent être poursuivis sur cet aspect.

Mais il reste un autre volet dans ce dossier : les montants « imprimés » par la Banque d’Algérie et leur utilisation par le gouvernement. L’Algérie avait-elle besoin d’émettre plus de 55 milliards de dollars dans le cadre de la planche à billets ? Les sommes émises ont-elles été bien utilisées ? Des questions qui dépassent le cadre de l’application de loi autorisant le recours à la planche à billets.

L’autre point très attendu de la journée est une nouvelle intervention du général Ahmed Gaid Salah. En visite en cinquième région militaire, le chef d’état-major de l’ANP devrait s’exprimer sur la situation politique. Les Algériens continuent de rejeter massivement les 2B restants et tout le plan de transition du pouvoir.

Les dernières initiatives du pouvoir, notamment les enquêtes sur la corruption, n’ont pas eu l’effet escompté sur la population. Vendredi, les manifestants ont certes réitéré leur exigence d’une justice indépendante mais ils ont rappelé au pouvoir que les poursuites engagées sont loin de répondre à leurs attentes. Ces actions ne concernent que quelques personnes alors que les « chefs de la bande dont Said Bouteflika » sont toujours en liberté.

L’opposition appelle en majorité à abandonner la solution constitutionnelle au profit de l’option politique. Des initiatives politiques commencent à émerger.

Désormais, tous les regards se tournent vers l’armée. L’institution militaire a deux options. La première, également défendue par les résidus de l’ancien régime, consiste à tenter de diviser et d’affaiblir, voire réprimer, le mouvement populaire. Le ramadan qui commence la semaine prochaine est perçu un moment favorable à un affaiblissement de la mobilisation.

Mais cette option est condamnée à l’échec. Au mieux, elle reporte le problème de quelques mois. Au pire, elle va provoquer une radicalisation du mouvement, avec des actions auxquelles le pouvoir ne pourra pas faire face : grève générale, désobéissance civile…

L’autre option consisterait à répondre de manière sérieuse aux revendications de la population. Mardi dernier, dans son deuxième discours, Ahmed Gaïd Salah avait lâché du lest en affirmant être ouvert au dialogue, sans poser le préalable de l’application de la constitution. Ce mardi, le chef de l’armée doit réaffirmer ce choix. Mais le dialogue doit être sérieux avec des objectifs clairs. C’est la seule condition pour sortir de la crise.

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