Des frappes aériennes et des tirs d’artillerie israéliens ont visé des zones situées à l’est de Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, tandis que les opérations militaires et les tensions se poursuivent en Cisjordanie occupée.
Des frappes et des blessés dans le sud de Gaza
Au cours des dernières heures, des bombardements et des tirs d’artillerie ont été signalés dans plusieurs secteurs situés à l’est de Khan Younis. Selon des sources médicales locales, un enfant palestinien a été blessé par des tirs dans la zone de Batn as-Sameen, au sud de la ville.
Parallèlement, un nouveau groupe de patients et de blessés – le septième depuis le début du cessez-le-feu – est rentré mardi dans l’enclave par le point de passage de Rafah. Au moins 41 personnes ont été transférées à l’hôpital Nasser de Khan Younis. Certaines ont indiqué avoir été soumises à des contrôles et interrogatoires prolongés avant de pouvoir rentrer.
Opérations militaires et tensions continues en Cisjordanie
Les forces israéliennes ont poursuivi leurs interventions dans plusieurs villes de Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est. Parmi les développements signalés :
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Déploiement de soldats dans un marché de Naplouse.
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Entrée d’une longue colonne de véhicules militaires dans la ville.
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Intervention dans le quartier d’al-Masrara, près de Bab al-Amud à Jérusalem-Est, pour mener une opération de démolition.
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Affrontements dans le quartier palestinien de Silwan, où des habitants ont été frappés lors d’incidents rapportés par des médias locaux.
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Des raids ont également eu lieu à Hébron, où plusieurs personnes ont souffert d’asphyxie après des tirs de gaz lacrymogènes.
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Arrestation d’une femme palestinienne à Anata et interpellation d’un adolescent de 14 ans à Hébron.
Dans le nord de la vallée du Jourdain, deux Palestiniens ont été blessés après une attaque au spray au poivre menée par des colons israéliens dans la zone de Khirbet Samra.
Dans le village de Deir al-Dik, à l’ouest de Jéricho, les attaques répétées de colons ont forcé au moins 15 familles à quitter leurs habitations. Des opérations de nivellement des terres ont également été signalées dans les environs.
Un bilan humain lourd depuis octobre 2023
Selon des données compilées sur la période récente en Cisjordanie occupée :
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Au moins 1 113 Palestiniens ont été tués, dont 230 enfants.
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Plus de 11 111 personnes ont été blessées.
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Plus de 21 000 Palestiniens ont été arrêtés depuis octobre 2023.
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Environ 9 300 personnes sont actuellement détenues dans des prisons israéliennes, dont 3 358 sans inculpation formelle.
Craintes d’une annexion progressive de la Cisjordanie
Les tensions ont été amplifiées par l’adoption récente de nouvelles règles israéliennes concernant l’enregistrement foncier en Cisjordanie occupée. Ces mesures faciliteraient l’achat de terres par des citoyens israéliens et ouvriraient davantage les registres fonciers au public.
Pour de nombreux Palestiniens, ces décisions pourraient favoriser une annexion progressive du territoire. Plus de deux douzaines d’ambassadeurs représentant la Ligue arabe et l’Organisation de la coopération islamique ont dénoncé une initiative qui, selon eux, pourrait équivaloir à une annexion de fait.
Le chef de l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens, Philippe Lazzarini, a estimé que ces mesures « compromettent davantage l’avenir des Palestiniens », les qualifiant de facteur susceptible d’accentuer le contrôle, le désespoir et la violence, tout en créant des précédents inquiétants au regard du droit international.
L’ancien Premier ministre israélien Ehud Olmert a également critiqué cette politique. Opposé à l’assouplissement des règles facilitant l’expansion des colonies, il a déclaré que ces décisions pourraient s’apparenter à une tentative d’éviction des Palestiniens pour rendre plus facile une future annexion. Il a également dénoncé des actes violents de certains colons et estimé que la police et l’armée ne réagissaient pas toujours de manière suffisante.
Des restrictions redoutées à Jérusalem-Est
Les autorités locales palestiniennes ont averti que des restrictions pourraient être imposées aux fidèles venant de Cisjordanie souhaitant se rendre à la mosquée Al-Aqsa pendant le mois de Ramadan, ce qui suscite des inquiétudes supplémentaires.
Une rencontre Trump–Netanyahu sous haute tension diplomatique
Benjamin Netanyahu doit rencontrer Donald Trump à Washington dans la journée. Les discussions devraient porter sur la situation à Gaza et les négociations en cours entre les États-Unis et l’Iran concernant le nucléaire.
Le déplacement du Premier ministre israélien aurait été avancé par rapport à une visite initialement prévue le 19 février, dans un contexte diplomatique jugé sensible.
En amont de cette réunion, l’émir du Qatar s’est entretenu par téléphone avec le président américain. Les deux dirigeants ont évoqué l’évolution de la situation régionale et les efforts internationaux visant à réduire les tensions et renforcer la sécurité.
Le Canada a de son côté condamné fermement la décision israélienne d’étendre son contrôle sur certaines zones de Cisjordanie.
L’éducation à Gaza gravement perturbée
Sur le terrain, les conséquences du conflit continuent d’affecter la vie quotidienne des habitants. À Gaza, la majorité des écoles ont été endommagées ou détruites, et celles encore debout servent souvent d’abris pour des familles déplacées.
Depuis octobre 2023, de nombreux enfants ont été privés d’enseignement régulier. Une mère de six enfants, déplacée dans le camp de Nuseirat, explique que la routine scolaire a disparu. Les journées sont désormais consacrées à des besoins essentiels : trouver de l’eau, récupérer des repas auprès d’organisations humanitaires et chercher du combustible pour cuisiner et se chauffer. Le temps consacré à l’étude est devenu rare.
Un climat de violence et de tensions persistantes
Une enquête a également évoqué l’utilisation de certaines munitions dans le conflit, ayant causé un nombre important de victimes depuis 2023. Par ailleurs, les affrontements, les déplacements de population et les interventions militaires continuent d’alimenter un climat de peur et d’incertitude dans l’ensemble des territoires occupés.
Alors que la situation sécuritaire reste fragile, la rencontre entre les dirigeants américain et israélien pourrait influencer les prochaines orientations politiques et militaires dans la région, au moment où les tensions restent vives aussi bien à Gaza qu’en Cisjordanie.
L’ONU met en garde contre la poursuite du ciblage des civils
Les Nations Unies ont mis en garde contre les graves risques auxquels les civils de la bande de Gaza continuent d’être exposés en raison des frappes aériennes, des bombardements d’artillerie et navals, ainsi que des tirs menés par les forces de l’occupation sioniste, aggravant leurs souffrances persistantes depuis plus de deux ans.
Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) a souligné, dans un communiqué, que « les civils sont protégés par le droit international humanitaire où qu’ils se trouvent et qu’un maximum de précautions doit être pris lors des opérations militaires (sionistes) afin d’assurer leur protection ainsi que celle des infrastructures civiles ».
Le bureau onusien a insisté sur l’urgence de solutions durables et sur la nécessité d’autoriser l’entrée de matériaux et d’équipements destinés à la réparation des bâtiments endommagés.
Par ailleurs, les Nations Unies et leurs partenaires ont appelé à la levée des restrictions pesant sur l’action humanitaire afin de permettre l’acheminement sans entrave de fournitures et d’équipements vitaux.
De son côté, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) a annoncé la réouverture du centre de santé d’Al-Bureij, à Deir al-Balah, reprenant les services de soins de santé primaires, de santé maternelle, d’analyses de laboratoire et de soins dentaires, après plusieurs mois de fermeture.
Cependant, le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, a indiqué que des milliers de patients restent privés de traitement et de rétablissement, certaines prestations essentielles demeurant indisponibles dans l’enclave ravagée par deux ans d’agression génocidaire sioniste.
Il a affirmé que la priorité consiste à élargir les services locaux, notamment par la réhabilitation des installations endommagées et le renforcement des soins critiques. Cela nécessite l’acheminement de davantage de fournitures médicales, y compris des équipements dont l’entrée requiert « une autorisation difficile à obtenir » de la part de l’entité sioniste, tels que les appareils de radiologie et les équipements de laboratoire.
Les autorités sanitaires palestiniennes ont annoncé mardi que le bilan des martyrs de l’agression sioniste depuis le 7 octobre 2023 s’élève à 72.037, tandis que le nombre de blessés a atteint 171.666.
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