Les autorités mettent fin à la polémique. Alors que des rumeurs faisant état de prétendus cas d’intoxication alimentaire liés à la consommation de pastèque circulent sur les réseaux sociaux, le ministère du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national assure qu’aucun élément officiel ne confirme ces allégations. Les consommateurs sont appelés à ne pas céder à la désinformation et à s’informer exclusivement auprès des sources institutionnelles.
Aucun signalement officiel enregistré
Invité de la Radio nationale, Noureddine Haridi, directeur central chargé de la qualité et de la promotion du consommateur au ministère du Commerce intérieur, a catégoriquement démenti les informations relayées ces derniers jours concernant la qualité de la pastèque commercialisée sur le marché national.
Selon lui, aucun signalement officiel n’a été transmis au ministère par les autorités sanitaires ou les services compétents faisant état d’un lien entre la consommation de ce fruit et des cas d’intoxication alimentaire.
Le responsable a appelé les citoyens à faire preuve de discernement face aux informations diffusées sur les réseaux sociaux, rappelant que les rumeurs peuvent créer une inquiétude injustifiée et porter préjudice aux producteurs.
S’informer auprès des organismes compétents
Le représentant du ministère a insisté sur la nécessité de consulter uniquement les informations émanant des institutions concernées, notamment les services de protection du consommateur et les associations agréées.
Il rappelle que le ministère publie régulièrement, à travers son portail électronique, des guides pratiques consacrés aux règles d’hygiène, à la conservation des aliments et aux bonnes pratiques de consommation, particulièrement durant la saison estivale.
Respecter les règles d’hygiène lors de l’achat
Au-delà de la polémique, Noureddine Haridi a rappelé que la sécurité alimentaire dépend également du respect des règles d’hygiène par les commerçants et les consommateurs.
Il recommande d’éviter l’achat de produits vendus dans des lieux où les conditions sanitaires sont insuffisantes, notamment lorsque les fruits sont découpés avec des ustensiles non propres ou exposés dans des conditions inappropriées.
Les consommateurs sont invités à signaler toute anomalie constatée aux services compétents afin de permettre une intervention rapide des équipes de contrôle.
Un dispositif réglementaire strict
Le ministère souligne que la qualité des produits alimentaires commercialisés en Algérie est encadrée par une réglementation rigoureuse.
Les opérations de contrôle sont menées conformément aux dispositions de la loi n°09-03 relative à la protection du consommateur et à la lutte contre la fraude, ainsi qu’au décret exécutif n°12-203 fixant les règles applicables en matière de sécurité des produits.
Ces contrôles concernent toutes les étapes de la chaîne de commercialisation, depuis les unités de production jusqu’aux points de vente.
Des produits agricoles conformes aux normes
Pour le responsable du ministère, la qualité des produits agricoles algériens ne fait aucun doute.
Il rappelle que plusieurs produits nationaux sont régulièrement exportés vers des marchés étrangers, preuve du respect des normes de qualité et de sécurité sanitaire.
« Nous sommes fiers de la qualité de nos produits. Nous soutenons les producteurs nationaux et nous œuvrons à protéger l’économie nationale », a-t-il affirmé.
Il a également souligné que les différents départements ministériels concernés poursuivent leur coordination afin de garantir la protection du consommateur.
Contrôles renforcés durant la saison estivale
Avec les fortes chaleurs, les services du ministère intensifient les opérations de contrôle, notamment sur les produits les plus sensibles.
Les inspections ciblent principalement :
- les viandes ;
- les produits laitiers et les fromages ;
- les boissons ;
- les denrées périssables ;
- les établissements de restauration.
Dans ce cadre, une campagne nationale de sensibilisation a été lancée le 2 juin sous le slogan : « Faisons de l’alimentation saine un mode de vie permanent ». Elle se poursuivra jusqu’à la fin de la saison estivale.
Le ministère rappelle que des opérations spécifiques ont également été menées durant les épreuves du baccalauréat afin d’assurer le contrôle des espaces de restauration destinés aux candidats.
La chaîne du froid sous haute surveillance
Les services de contrôle accordent une attention particulière au respect de la chaîne du froid, considérée comme un élément essentiel de la sécurité alimentaire.
Selon Noureddine Haridi, la moindre rupture de cette chaîne peut altérer la qualité des aliments et favoriser le développement de bactéries responsables d’intoxications alimentaires.
Les agents de contrôle disposent désormais d’équipements de détection rapide permettant de vérifier la conformité des conditions de conservation tout au long du circuit de distribution.
Les fêtes familiales restent les plus exposées
Le représentant du ministère a rappelé qu’environ 60 % des cas d’intoxication alimentaire enregistrés concernent les fêtes de mariage et les rassemblements familiaux.
Ces incidents sont généralement liés au non-respect des règles d’hygiène, à une mauvaise conservation des aliments ou à une rupture de la chaîne du froid.
Face à cette situation, les services de contrôle mènent des campagnes de proximité en coordination avec les associations de protection du consommateur afin de sensibiliser les citoyens aux bonnes pratiques lors de l’organisation de ces événements.
Un réseau national de laboratoires en expansion
Pour renforcer le contrôle de la qualité des produits alimentaires, le ministère s’appuie sur un important dispositif d’analyses.
Le Centre algérien du contrôle de la qualité et de la répression des fraudes supervise actuellement 42 laboratoires officiels, tandis que 16 nouveaux laboratoires sont en cours de réalisation.
À cela s’ajoute un réseau numérisé de 261 laboratoires relevant de différents secteurs ministériels ainsi que huit laboratoires mobiles déployés sur le terrain.
La recherche scientifique au service de la sécurité alimentaire
Le ministère mise également sur l’innovation pour moderniser les outils de contrôle.
Quatre projets de recherche, réalisés en partenariat avec la Direction générale de la recherche scientifique et du développement technologique (DGRSDT), sont actuellement en cours. Leurs résultats sont attendus d’ici fin 2027.
Ces projets concernent notamment l’amélioration des techniques de stockage, le développement d’emballages intelligents et biodégradables, la conception d’équipements de détection de la fraude en collaboration avec l’Université de Tlemcen, ainsi que la mise en place d’un système national numérisé d’information sur la qualité des produits et de protocoles scientifiques relatifs à leur durée de conservation.
Le consommateur, un partenaire essentiel
Le ministère rappelle enfin que le consommateur occupe une place centrale dans le dispositif de protection sanitaire.
En signalant les pratiques frauduleuses ou les manquements aux règles d’hygiène, il contribue directement au renforcement des contrôles et à la protection de la santé publique.
Les autorités réaffirment que leurs interventions reposent exclusivement sur des données scientifiques, des analyses de laboratoire et des constats de terrain, et non sur les informations non vérifiées diffusées sur les réseaux sociaux.
les commentaire