Sodas, boissons énergisantes, colas, limonades ou encore boissons pour sportifs : ces boissons ultra-sucrées — parfois même édulcorées — sont aujourd’hui dans le viseur de nombreux spécialistes du cœur. Selon plusieurs études internationales, leur consommation régulière augmenterait significativement le risque de maladies cardiovasculaires, de diabète et de mortalité prématurée.
Des cardiologues n’hésitent pas à employer des mots forts pour alerter le public. À propos des boissons gazeuses sucrées, ils déclarent : « C’est la mort liquide. N’en buvez pas. Point final. »
Une consommation associée à un risque cardiovasculaire accru
Selon plusieurs recherches relayées par la Harvard T.H. Chan School of Public Health, boire régulièrement une à deux canettes de boissons sucrées par jour est associé à une hausse de 20 à 40 % du risque de crise cardiaque ou de décès lié à une maladie cardiovasculaire.
Le principal problème vient de la quantité importante de sucres rapidement absorbés par l’organisme. Contrairement aux aliments solides, les calories liquides rassasient peu. Résultat : l’apport calorique augmente sans que l’on réduise réellement les quantités consommées au cours de la journée.
Les spécialistes expliquent également que ces boissons favorisent :
- la prise de poids ;
- l’augmentation de la glycémie ;
- l’hypertension artérielle ;
- l’inflammation chronique ;
- les troubles métaboliques ;
- l’augmentation du risque de diabète de type 2.
D’après Harvard, une seule boisson sucrée consommée chaque jour pourrait entraîner une prise de poids pouvant atteindre environ 2,3 kg par an si aucune compensation alimentaire n’est faite.
Pourquoi le cœur souffre particulièrement
Les boissons ultra-sucrées agissent directement sur plusieurs mécanismes impliqués dans les maladies cardiovasculaires.
Une consommation excessive de sucre peut :
- augmenter les triglycérides ;
- perturber le fonctionnement des vaisseaux sanguins ;
- favoriser le stockage des graisses abdominales ;
- augmenter la tension artérielle ;
- fatiguer le muscle cardiaque à long terme.
Des spécialistes rappellent également que les aliments et boissons ultra-transformés riches en sucres ajoutés perturbent le métabolisme et favorisent l’inflammation de l’organisme.
Même les versions « sans sucre » ou « light » continuent de faire débat. Certaines études suggèrent qu’une consommation excessive de boissons édulcorées pourrait également avoir des effets négatifs sur le métabolisme, l’appétit et le microbiote intestinal.
Les boissons énergisantes particulièrement surveillées
Les boissons énergisantes cumulent plusieurs facteurs de risque : sucre, caféine très concentrée, stimulants et additifs.
Chez certaines personnes, notamment les adolescents, les sportifs ou les personnes souffrant déjà de troubles cardiaques, elles peuvent provoquer :
- palpitations ;
- hausse brutale de la tension ;
- troubles du rythme cardiaque ;
- malaise ;
- déshydratation.
Les cardiologues recommandent une grande prudence, surtout lorsqu’elles sont consommées pendant l’effort physique ou associées à l’alcool.
Quels signes doivent alerter ?
Une consommation excessive de boissons sucrées peut favoriser plusieurs symptômes :
- fatigue chronique ;
- prise de poids rapide ;
- essoufflement ;
- hypertension ;
- augmentation du tour de taille ;
- troubles du sommeil ;
- fringales fréquentes ;
- baisse d’énergie après les repas.
En présence d’antécédents cardiovasculaires, de diabète, d’obésité ou d’hypertension, il est conseillé d’en parler à un médecin ou à un diététicien.
Comment réduire sa consommation sans frustration ?
Les spécialistes recommandent une diminution progressive plutôt qu’un arrêt brutal.
Quelques alternatives simples :
- eau plate ou gazeuse non sucrée ;
- eau aromatisée maison avec citron ou menthe ;
- thé glacé sans sucre ;
- infusion froide ;
- smoothies maison sans sucre ajouté ;
- jus de fruits occasionnels et en petites quantités.
Les experts conseillent également :
- de lire les étiquettes nutritionnelles ;
- de limiter les boissons contenant des sirops de glucose-fructose ;
- d’éviter les boissons très riches en caféine ;
- de privilégier une alimentation peu transformée.
Un enjeu majeur de santé publique
Les autorités sanitaires internationales rappellent que la surconsommation de boissons sucrées constitue aujourd’hui un facteur important de maladies chroniques dans le monde.
Au-delà du cœur, ces boissons sont aussi associées à :
- l’obésité ;
- le diabète de type 2 ;
- certains cancers ;
- les maladies rénales ;
- la stéatose hépatique (« foie gras » non alcoolique) ;
- les caries dentaires.
Les spécialistes insistent toutefois sur un point essentiel : aucun aliment ou boisson ne détermine à lui seul l’état de santé. C’est l’accumulation des habitudes quotidiennes qui influence réellement le risque cardiovasculaire à long terme.
les commentaire