L’Iran ferme le détroit d’Ormuz et lance des frappes de représailles contre des bases américaines au Koweït, à Bahreïn et en Jordanie après les bombardements américains sur des cibles iraniennes.
L’Iran affirme avoir lancé des frappes de représailles contre les forces américaines dans la région, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) revendiquant des attaques contre des bases au Koweït, à Bahreïn et en Jordanie, selon les médias d’État iraniens.
Cette escalade est survenue après que le commandement central américain (CENTCOM) a annoncé avoir mené des frappes contre de multiples cibles en Iran, qualifiant ces opérations d’actes de « légitime défense » dans un contexte de tensions croissantes entre Washington et Téhéran.
Le président américain Donald Trump avait averti plus tôt qu’une nouvelle intervention militaire était imminente, accusant l’Iran de ne pas avoir réussi à conclure un accord avec Washington. « Ils ont trop tardé à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux ; maintenant, ils vont devoir en payer le prix », a déclaré Trump.
En Iran
- Frappes américaines contre l’Iran : Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a confirmé que Washington lançait des frappes contre des « installations clés » en Iran, précisant que ces attaques s’inscrivaient dans le cadre des efforts visant à obtenir un cessez-le-feu permanent. S’exprimant devant le quartier général du CENTCOM à Tampa, en Floride, M. Hegseth a déclaré que le président Donald Trump avait ordonné de frapper l’Iran « fortement » et a averti que les frappes pourraient se poursuivre une deuxième nuit consécutive si nécessaire.
- Fermeture du détroit d’Ormuz : En réponse aux dernières attaques, le haut commandement militaire iranien a annoncé la fermeture totale du détroit d’Ormuz, l’une des voies de transit pétrolier les plus cruciales au monde. Les autorités ont averti tous les navires de se tenir à l’écart de cette voie maritime stratégique, précisant que tout navire tentant de la franchir s’exposerait à des attaques.
- Rétablissement de l’approvisionnement en eau : Les autorités de la province iranienne d’Hormozgan ont annoncé que l’approvisionnement en eau avait été rétabli dans les localités touchées du comté de Sirik moins de douze heures après les frappes américaines qui ont endommagé les infrastructures. Les médias iraniens ont rapporté que deux réservoirs d’eau en béton avaient été touchés lors des attaques. Une analyse du New York Times suggère que les réservoirs pourraient avoir été atteints par des munitions de précision, ce qui soulève des inquiétudes, le droit international humanitaire considérant les infrastructures hydrauliques civile comme des sites protégés.
- Téhéran réagit à la reprise des combats : depuis Téhéran, Mohamed Vall, correspondant d’Al Jazeera, rapporte que de nombreux Iraniens s’attendaient à une nouvelle attaque américaine malgré la reprise des négociations. « Ils attendaient et craignaient une attaque américaine surprise », a déclaré Vall, ajoutant que Téhéran a riposté en frappant des bases américaines au Koweït et à Bahreïn, selon des commandants militaires. Ces derniers échanges marquent une nouvelle nuit d’affrontements directs, alors que les deux camps avaient laissé entendre que la précédente vague d’attaques était terminée.
Dans le Golfe et en Jordanie
- Vols déroutés au Koweït : L’autorité de l’aviation civile koweïtienne a temporairement fermé l’espace aérien du pays par mesure de précaution face à l’escalade du conflit, invoquant des « agressions iraniennes ». Les autorités ont indiqué que les vols seraient déroutés vers d’autres aéroports conformément aux procédures d’urgence approuvées. Kuwait Airways a annoncé la suspension de tous ses vols.
- Les États-Unis lancent une alerte à la Jordanie : le département d’État américain a exhorté la population jordanienne à se mettre immédiatement à l’abri et à se protéger des intempéries, avertissant que des informations indiquaient que des missiles, des drones ou des roquettes avaient pénétré dans l’espace aérien jordanien dans un contexte d’escalade du conflit régional.
Aux États-Unis
- Trump détaille les dernières frappes : S’exprimant sur Fox News, Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient tiré 49 missiles Tomahawk sur des cibles en Iran, certaines à seulement 64 km de Téhéran, tandis que des avions de chasse américains visaient des radars et des systèmes de défense aérienne près du Golfe. Trump a également averti que si l’Iran n’acceptait pas l’accord proposé par les négociateurs américains, les États-Unis bombarderaient à nouveau le pays « dès demain soir ». Selon Fox News, il a par ailleurs affirmé que de hauts responsables iraniens l’avaient contacté pour demander à Washington de mettre fin aux attaques – une allégation que les autorités iraniennes ont démentie.
- « Recourir aux bombes » pour forcer les négociations : selon un reportage d’Alan Fisher d’Al Jazeera depuis Washington, Donald Trump avait laissé entendre qu’une nouvelle attaque américaine contre l’Iran était probable, accusant Téhéran de « faire traîner les choses » dans les négociations, alors même qu’il avait précédemment affirmé que les deux parties étaient proches d’un accord. Fisher a noté que le général Hegseth avait ensuite indiqué que le CENTCOM serait « occupé ce soir-là », décrivant les frappes comme une tentative d’« élargir le champ diplomatique » pour les négociateurs de Trump en « utilisant des bombes pour ramener l’Iran à la table des négociations ».
- Diplomatie par la coercition : le général américain à la retraite Mark Kimmitt a déclaré à Al Jazeera que les dernières frappes de Washington semblent davantage motivées par la frustration face à l’impasse diplomatique que par une nouvelle provocation iranienne sur le terrain. Établissant un parallèle avec la guerre du Vietnam, Kimmitt a indiqué que les États-Unis avaient par le passé eu recours à des bombardements massifs pour « ramener les Iraniens à la table des négociations ». Mais il s’est demandé si une telle approche serait efficace avec Téhéran. « La patience est l’une des armes les plus redoutables des Iraniens », a-t-il affirmé.
Au Liban
- Attaque meurtrière à Sidon : Une attaque israélienne contre un véhicule à Sidon, dans le sud du Liban, a fait deux morts et provoqué l’incendie de plusieurs voitures stationnées à proximité. Israël poursuit ses frappes au Liban malgré le cessez-le-feu annoncé par les États-Unis et entré en vigueur le 16 avril.
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