Dans une déclaration à des médias palestiniens, le directeur du complexe médical Al-Shifa, Dr Mohammed Abou Salmiya, a indiqué que le nombre de décès dus à l’effondrement du système de santé dépasse désormais celui des personnes tuées directement par les bombardements sionistes.
Il a précisé qu’environ 1.500 patients sont décédés en attendant l’autorisation de quitter Ghaza pour recevoir des soins à l’étranger, tandis que 88 autres restent détenus dans les prisons de l’occupation.
Selon lui, les conséquences du génocide s’aggravent chaque jour et les décès liés au manque de soins et à l’effondrement du système de santé se multiplient, qualifiant la situation de “catastrophe humanitaire sans précédent”.
Abou Salmiya a rappelé que le complexe médical Al-Shifa, le plus grand hôpital de la bande de Ghaza, a été l’une des principales cibles des forces sionistes.
Celui-ci a subi, a-t-il dit, d’importantes destructions et perdu l’essentiel de ses capacités de fonctionnement après avoir été pris d’assaut à deux reprises, en décembre 2023 et en mars 2024.
Le même responsable a ajouté que la bande de Ghaza compte actuellement plus de 173.000 blessés, dont des milliers nécessitent des années de traitement et de rééducation, ainsi qu’environ 6.000 amputés et plus de 2.000 personnes souffrant d’une paralysie totale.
Concernant les évacuations sanitaires, il a indiqué que plus de 22.000 malades ont besoin d’être soignés à l’extérieur de Ghaza, alors que seulement une trentaine de patients sont autorisés à quitter le territoire lors des ouvertures irrégulières du poste-frontière de Rafah, un chiffre jugé largement insuffisant.
Les hôpitaux souffrent également d’une grave pénurie de médicaments et de matériel médical, avec plus de 50 % des médicaments essentiels et plus de 70 % des fournitures médicales qui sont indisponibles.
Le directeur du Complexe a également dénoncé le maintien de l’interdiction d’introduire des équipements médicaux essentiels. Selon lui, il n’existe plus un seul appareil d’IRM en fonctionnement dans la bande de Ghaza, tandis que les appareils de radiologie, de scanner et les équipements de dépistage précoce, notamment du cancer du sein, ne peuvent pas être acheminés.
Dans le même sillage, Abou Salmiya a souligné que les conditions sanitaires dans les camps de déplacés sont inhumaines, avec une recrudescence des maladies de la peau et des infections intestinales chez les enfants, en raison de la pollution de l’eau et de la malnutrition.
Il a, à ce propos, lancé un appel à la communauté internationale afin d’obtenir un véritable cessez-le-feu, l’ouverture des points de passage, l’entrée des médicaments, des consommables et des équipements médicaux, ainsi que l’évacuation des patients nécessitant des soins spécialisés.
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