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ALGERIE : Le pouvoir fait de la résistance. Lakhdar Ibrahimi : ‘’Nous sommes coupables mais laisser nous continuer !’’

Par Y.B-- 15-Mar-2019 716

Les octogénaires gardent la main sur la scène politique algérienne. Lakhdar Brahimi, 85 ans, a été chargé par le gouvernement de présider la conférence nationale qui doit proposer une nouvelle constitution et fixer la date de la présidentielle. Il devrait y siéger en compagnie de représentants des manifestants et de vétérans de la guerre d’indépendance. Ministre des Affaires étrangères entre 1991 et 1993, au début de la guerre civile, Brahimi est un proche de Bouteflika, l’un des rares que le Président reçoit régulièrement en tête à tête depuis son AVC de 2013. Au moment de sa nomination, le pouvoir a préféré mettre en avant son image d’homme de dialogue, acquise comme envoyé spécial de l’ONU en Afrique du Sud pour les premières élections post-apartheid, ou plus récemment en Syrie. Mais les citoyens ne sont plus dupes. Ils ont tout compris et rejettent ce vieux de la politique étrangère en lui rappelant qu’ici c’est l’Algérie et on vous a compris !

En effet, les dernières sorties du ‘’diplomate’’ Lakhdar Ibrahimi laissent clairement paraitre des aveux maléfiques  d’échecs du système. ‘’Oui nous avons fauté mais laisser nous continuer’’ !

Les citoyens n’arrivent toujours pas à comprendre la logique de ce diplomate Lakhdar Ibrahimi ! ‘’De quelle langue doit-on parlé pour leur expliquer que c’est fini’’, dira un jeune universitaire. « J’ai suivi tout l’entretien avec Ibrahimi sur la chaine Echorouknews, je crois que le système vit encore dans les années 50. Ibrahimi s’est contredit et veut nous faire croire par la sincérité du pouvoir pour un changement et une deuxième République », ajoute notre interlocuteur qui a décortiqué les déclarations de Lakhdar Ibrahimia.

Lakhdar Ibrahimi a fait de son mieux pour justifier le retrait graduel du régime du pouvoir. Il y aurait “danger” selon lui de satisfaire cette revendication populaire sans “prendre le temps qu’il faut”, « Je lui dis que le seul danger c’est eux ».

Selon Ibrahimi, la conférence nationale également risque de durer plus de deux ans, période durant laquelle il n’y aura aucune légitimité issue des urnes.  Il justifie cette durée employant une approche comparative s’inspirant de l’échec des frères musulmans en Egypte qui ont changé la constitution égyptienne en une nuit et de la réussite de la démocratie tunisienne qui a pris deux ans pour établir une constitution. Mais je lui dirai, comme elle la lui dit la journaliste Leila Bouzidi lors de cette rencontre,  pourquoi nous comparer toujours avec les mauvaises expériences et pour quoi pas avec celles qui ont eu de bons résultats et elles sont nombreuses ? «Donc je lui réponds que la constitution américaine qui a été établie en 116 jours ou celle du Japon entre Avril et Mai (1946), »

Pourquoi ce diplomate a fait de son mieux pour ignorer la possibilité d’une élection présidentielle dans les prochains mois, une élection qui pourrait instaurer une première légitimité et sortir l’Algérie de cette crise Constitutionnelle qu’il a justifié par ‘’il y a eu dans le passé plusieurs à la Constitution’’ Est-ce que c’est une réponse d’un diplomate ?

Bien évidemment, le plan du régime n’est pas de confier la transition à un président légitimement élu dotée d’un mandat et d’une responsabilité politique, mais à un diplomate qu’ils veulent passer pour “indépendant” dont la mission sera d’amadouer l’opposition avec de soit disant “conseille de sage” alors que la sagesse, serait justement de ne pas provoquer le peuple avec ce genre de personnages de fiction. « Il ne faut pas écouter ce qu’essaye de nous vendre ce marchant de faux espoirs. La fin du 4ème mandat de Bouteflika en Avril risque d’être suivie d’une période où tous les coups seront permis et la légitimité on pourra toujours en rêver, si on suit cet émissaire du clan Bouteflika », dira Samir Belaarbi, un des opposants de langue date à ce régime.

Avant tout, que vient-il faire maintenant ? Il se dit qu’il n’est pas désigné officiellement ni officieusement, alors que fait-il ? Pourquoi il est sur tous les fronts pour justifier les décisions du clan de Bouteflika ? Pourquoi, il n’a rien dit depuis des années ? Pourquoi cherche-t-il à étouffer la voix du peuple ? Pourquoi se permet-il de donner des conseils et proposer des solutions au peuple qu’il n’a jamais côtoyé ou connu ? « Nous les jeunes et le peuple, nous n’avons plus confiance dans ce pouvoir et surtout en ses émissaires », précise clairement ce jeune universitaire. « Quelqu’un d’honnête aurait dit la vérité à Bouteflika en 2014 pour le 4e mandat ; lui, au contraire, il a cautionné sa candidature ».

Pour conclure, je veux lancer cette appel aux peuples et tous les manifestants ainsi qu’à l’opposition : « Peuple méfiez-vous des moujahidine de 19 mars 2019, ils sont pire que les moujahidine de 19 mars 1962 »

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