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ALGÉRIE/ POLITIQUE : L’APRES 5e VENDREDI !?

Par Y.B.-- 23-Mar-2019 429

ALGÉRIE/ POLITIQUE : L’APRES 5e VENDREDI !?

QUI VA RÉPONDRE A  CES CITOYENS ? ET QUE VA-T-IL DIRE ?

 

Après le 5eme vendredi de manifestations gigantesques, les réponses aux appels des citoyens sont au centre des discussions des Algériens. Les événements en cours sont au centre des discussions des Algériens. Dans les quartiers, les cafés, au travail, dans les magasins, les commerces, les administrations, les transports et même au sein des familles, tout le monde commente les dernières marches, l’évolution de la situation et ‘’Qui va répondre aux citoyens et que va-t-il dire ?’’ Et Est-ce qu’il y aura une nouvelle manifestation le vendredi prochain ou avant ?

Inquiétude, enthousiasme, peur de l’instrumentalisation, peur de vol de la révolte, peur du retour à 1992 et surtout de la prise du pouvoir à l’Egyptienne ! Ou à l’Algérienne de 1992 ?

Les Algériens ne jurent que par les manifestations menées contre le pouvoir en place, puis contre Lamamra-Ibrahimi et  les propositions de Bouteflika. Etudiants, chômeurs, fonctionnaires, intellectuels, ouvriers, femmes au foyer, enfants, tout le monde s’y met. Mais cette fois-ci, après ce 5eme Vendredi, la peur de l’inconnu s’est installée. Les sorties médiatiques du FLN, du RND, de Haddad, et compagnie ont rappelé beaucoup de choses aux algériens. « Je n’ai pas confiance en eux. Ils ne sont pas innocents ! », dira un des manifestants qui dénonce le “népotisme” de la classe dirigeante.

Pour plusieurs spécialistes, les mesures proposées dans la lettre de Bouteflika sont intéressantes mais cachent beaucoup de pièges et du non-dit.

La colère des algériens n’est pas dirigée uniquement contre Bouteflika. On voit beaucoup de slogans qui le concernent personnellement, comme ‘’pas de prolongement du 4ème mandat’, mais d’autres visent aussi le parti au pouvoir, le FLN, le RND, son frère Saïd Bouteflika, Lamamra, Ibrahimi, et toute la classe politique dirigeante.

Les manifestants dénoncent la manière dont l’Algérie est gouvernée, le fait qu’il y a peu de transparence, qu’il y a une collusion entre le politique et l’économique… C’est un rejet général de l’injustice.

« Durant ce mois de protestation, le pouvoir en place a mis en place des scénarios  pour ne rien lâcher », selon un politologue. « Ses manœuvres et ses propositions ne sont que pour la consommation extérieure. D’ailleurs, Ouyahia part ses ministres restent. Les walis invitent des personnes pour les envoyer à Alger à une rencontre  avec les hauts responsables », ajoute-t-il en précisant que cette attente pour trouver une solution risque de voir le scénario Egyptien ou Algérien de 1992.  « Même c’est toujours difficile de savoir comment les choses vont évoluer »

Pour cet historien, le pouvoir fait le choix aujourd’hui de ne pas organiser de répression dure, car il pense que cela ne va pas durer. Mais sur les réseaux sociaux, on voit des appels à manifester de façon pacifiste, des appels pour une manifestation de femmes, d’étudiants, de tous les secteurs… Les gens ne semblent pas vouloir se départir du mouvement. Le seul départ de Bouteflika ne suffirait pas de toute façon à calmer le mouvement, et c’est pour cela que son clan ne le fait pas.

D’autant que la classe politique dirigeante n’est pas uniforme et a en son sein des personnes avec des intérêts différents. Elles ne sont pas toutes d’accord entre elles, et n’ont donc pas encore trouvé de figure naturelle pour succéder à Bouteflika. Alors ce clan joue la montre et veut vendre une transition par le haut et si le refus persiste, elle va être imposée même en usant de la force.

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