Les combats continuent ce mardi pour la prise de contrôle de Severodonetsk, ville clé de l’est de l’Ukraine soumise à un déluge de feu russe. « Nos héros tiennent leurs positions à Severodonetsk. D’intenses combats de rue se poursuivent », a déclaré le président Volodymyr Zelensky dans sa dernière adresse vidéo, lundi soir.
Kiev peine à faire face à l’afflux de troupes russes sur Severodonetsk, plus grande agglomération encore aux mains des Ukrainiens dans la région de Lougansk. Les Russes « sont en train de détruire la ville… Comme ils n’ont pas réussi à la prendre en un ou deux jours, ils utilisent des frappes aériennes, de l’artillerie lourde », a témoigné lundi soir Oleksandr Striouk, responsable de l’administration de Severodonetsk, s’inquiétant d’une évacuation des civils rendue « quasiment impossible » désormais.
L’aviation militaire russe revient en force
« Dans la région de Donetsk, en plus des tirs d’artillerie, l’ennemi tire depuis des avions et des hélicoptères », selon le premier bulletin de l’état-major de l’armée ukrainienne mardi matin, confirmant que Sievierodonetsk reste « le cœur de cible de l’ennemi ».
Au moins 20 millions de tonnes de céréales bloquées, selon Zelensky
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé lundi que 20 à 25 millions de tonnes de céréales étaient actuellement bloquées en Ukraine en raison de la guerre. Surtout, ce volume pourrait, selon lui, tripler d’ici l’automne. « Nous avons besoin de couloirs maritimes et nous en discutons avec la Turquie et le Royaume-Uni » ainsi qu’avec l’ONU, a-t-il en outre expliqué.
Washington juge « crédible » que Moscou « vole » du blé ukrainien
Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a jugé lundi « crédibles » les informations selon lesquelles la Russie « vole » les exportations de céréales ukrainiennes, bloquées en raison du conflit, « pour les vendre à son propre profit ».
« Tout cela est délibéré », a-t-il dit lors d’une conférence virtuelle sur l’insécurité alimentaire, accusant Vladimir Poutine de faire du « chantage » pour obtenir une levée des sanctions internationales.
Il a estimé que Moscou avait en outre commencé à garder ses propres exportations de nourriture, après avoir imposé un « blocus naval en mer Noire qui empêche les récoltes ukrainiennes d’être acheminées » à travers le monde. L’ambassadeur d’Ukraine à Ankara avait pour sa part accusé dès vendredi la Russie de « voler » et d’exporter des céréales ukrainiennes notamment vers la Turquie.
« Environ 800 civils » réfugiés dans une usine de Sievierodonetsk, selon la direction du site
Environ 800 civils sont réfugiés dans une usine chimique à Sievierodonetsk, dans l’est de l’Ukraine, où les combats font rage depuis plusieurs jours, a affirmé mardi Lanny Davis, l’avocat américain du magnat Dmytro Firtach, propriétaire du site.
« Environ 800 civils se sont réfugiés dans les abris de l’usine chimique d’Azot, propriété du Group DF de Dmytro Firtach », a affirmé dans un communiqué Me Davis, avocat du magnat ukrainien. « Parmi ces 800 civils figurent environ 200 des 3 000 employés de l’usine et environ 600 habitants de Sievierodonetsk », a-t-il ajouté. Contactée par l’AFP, la présidence ukrainienne n’avait pas confirmé l’information en fin d’après-midi.
Selon le communiqué publié sur le site internet du Group DF, les 200 employés toujours présents sur le site de l’usine « restent (…) pour assurer la protection des produits chimiques hautement explosifs encore sur le site ». L’usine Azot se situe dans Sievierodonetsk, ville-clé de la région de Louhansk, dont les troupes russes tentent de prendre le contrôle total depuis plusieurs semaines.
La Turquie se pose en médiatrice de la crise du blé
Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, est attendu par son homologue turc, Mevlüt Çavusoglu, à Ankara, mercredi 8 juin, pour des discussions sur la reprise des exportations ukrainiennes de céréales. Ankara, qui soigne son image de facilitateur entre Moscou et Kiev, espère contribuer à une solution négociée pour la reprise des exportations de céréales depuis les ports ukrainiens. Selon Anatolie, l’agence de presse officielle turque, la Russie, la Turquie et l’Ukraine sont parvenues à élaborer une feuille de route dans le but d’ouvrir un « corridor céréalier » entre les ports ukrainiens et les marchés mondiaux.
La Russie accusée d’« intimider » les correspondants américains
Les Etats-Unis ont accusé lundi la Russie d’« intimider » les correspondants des médias américains à Moscou, convoqués par la diplomatie russe qui les a menacés de représailles en raison des sanctions américaines.
« Le ministère russe des Affaires étrangères a convoqué vos collègues pour leur “expliquer les conséquences de la ligne hostile de leur gouvernement dans la sphère médiatique” », a déclaré à la presse à Washington le porte-parole de la diplomatie américaine Ned Price. « Soyons clairs, le Kremlin mène une attaque en règle contre la liberté de la presse, l’accès à l’information et la vérité », a-t-il affirmé, dénonçant un « effort clair et flagrant pour intimider des journalistes indépendants ».
Le ministre des affaires étrangères russe est arrivé en Turquie
Le ministre des affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, est arrivé en Turquie pour discuter de l’instauration de couloirs maritimes, afin de faciliter le commerce des céréales en mer Noire. Il doit notamment rencontrer le chef de la diplomatie turque, Mevlüt Cavusoglu. A la demande des Nations unies, la Turquie a proposé son aide pour escorter les convois maritimes depuis les ports ukrainiens, malgré la présence de mines dont certaines ont été détectées à proximité des côtes turques, dans le contexte de l’invasion russe de l’Ukraine.
Selon Kiev, près de 600 Ukrainiens sont détenus par les Russes dans la région de Kherson
L’Ukraine a accusé, mardi, l’armée russe d’avoir emprisonné près de 600 personnes dans la région de Kherson, dans le sud du pays, entièrement occupée par les forces de Moscou.
« Selon nos informations, environ 600 personnes sont (…) détenues dans des sous-sols spécialement aménagés dans la région de Kherson », a affirmé Tamila Tacheva, représentante du président ukrainien pour la Crimée, péninsule ukrainienne frontalière de Kherson et qui a été annexée par Moscou en 2014.
Il s’agit « essentiellement de journalistes et militants » qui ont organisé « des rassemblements pro-ukrainiens à Kherson et dans sa région » après l’occupation de ce territoire par les Russes, a-t-elle précisé. « Selon nos informations, ils sont détenus dans des conditions inhumaines et sont victimes de torture », a accusé Mme Tacheva sans donner de détails.
Une partie des Ukrainiens détenus dans la région de Kherson a, ensuite, été envoyée dans des prisons en Crimée, selon la même source. Baignée par la mer Noire et celle d’Azov, la région ukrainienne de Kherson, d’une superficie de quelque 28 000 km2, comptait plus d’un million d’habitants avant le début de l’invasion russe fin février.
Kiev refuse que le chef de l’AIEA se rende à la centrale nucléaire de Zaporijia, occupée par les Russes
L’Ukraine s’oppose à ce que le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, visite la centrale nucléaire de Zaporijia, dans le sud du pays, tant qu’elle est occupée par les Russes, a annoncé mardi Energoatom, l’opérateur ukrainien des centrales nucléaires. « L’Ukraine n’a pas invité [M.] Grossi à visiter la centrale de Zaporijia et lui a refusé par le passé d’effectuer une telle visite. La visite de la centrale ne deviendra possible que quand l’Ukraine restituera le contrôle sur le site », a écrit mardi
Zelensky fustige les propos de Macron.
Le président ukrainien a répondu aux déclarations de son homologue français, qui déclarait la semaine dernière que l’on ne devait pas “humilier” la Russie. “Je ne comprends pas…. Humilier la Russie. Cela fait huit ans qu’ils nous tuent. De quoi parlons-nous”, a déclaré Volodymyr Zelensky.
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