Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a publié dimanche 17 juillet au soir des décrets limogeant le chef de la puissante agence ukrainienne de sécurité intérieure, le SBU, ainsi que le procureur général. Les ordonnances limogeant le chef du SBU Ivan Bakanov, ami d’enfance de Zelensky, et le procureur général Irina Venediktova, qui avait engagé des poursuites pour des crimes de guerre russes en Ukraine, ont été publiés sur le site officiel du président. Dans un message posté via Telegram, Zelensky explique avoir écarté les hauts responsables en raison de la collaboration avec la Russie de nombreux membres de leurs agences.
Selon lui, 651 cas de trahison et de collaboration concernent des procureurs et des responsables de l’application des lois, et une soixantaine de fonctionnaires des agences de Bakanov et Venediktova travaillent contre l’Ukraine, dans les territoires occupés par la Russie. « Un tel éventail de crimes contre les fondements de la sécurité nationale de l’État (…) pose de très sérieuses questions aux dirigeants concernés », a déclaré le président ukrainien.
« Chacune de ces questions recevra une réponse appropriée », a-t-il ajouté. Volodymyr Zelensky a nommé Oleksy Symonenko nouveau procureur général dans un décret qui a également été publié sur le site du président.
Bombardements massifs dans l’est et dans le sud de l’Ukraine
Donetsk, l’une des deux provinces du Donbass, a été ciblée par « les Russes (qui) continuent de bombarder les infrastructures civiles, en particulier les établissements d’enseignement », a déclaré le gouverneur de la région, Pavlo Kyrylenko, lundi 18 juillet.
Les séparatistes prorusses qui tiennent une partie de la même région depuis 2014 ont de leur côté accusé les forces ukrainiennes d’avoir tiré 60 roquettes avec des lance-roquettes multiples Grad sur un quartier de la ville de Donetsk.
« Des immeubles d’habitation ont été touchés », ont-ils affirmé, publiant des images de bâtiments réduits en ruines, sans faire état de victimes.
Au nord-est, des missiles ont frappé dans la nuit de samedi à dimanche Kharkiv, la deuxième ville du pays, proche de la frontière russe. D’autres frappes ont visé Mykolaïv, ville du sud proche de la mer Noire, et des villages de la région, selon Vitaliy Kim, le gouverneur local. Dans la nuit de dimanche à lundi, le maire de cette ville, Oleksandr Senkevych, a écrit sur Telegram : « Encore un bombardement massif de Mykolaïv. On entend de puissantes explosions. Environ 10 ont été entendues jusqu’à présent ».
UE : durcissement des sanctions à venir contre la Russie ?
Ce lundi 18 juillet, les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne vont débattre d’un durcissement des sanctions contre Moscou, les salves successives adoptées jusqu’à présent ayant isolé et durement frappé économiquement la Russie, sans la faire reculer ou renoncer à son invasion lancée le 24 février.
Ils doivent se pencher sur deux proposition de la Commission européenne d’interdire les achats d’or à la Russie pour aligner les sanctions de l’UE sur celles de ses partenaires du G7, et d ’inscrire de nouvelles personnalités russes sur la liste noire de l’UE.
« Moscou doit continuer à payer le prix fort pour son agression », a déclaré vendredi la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, après avoir transmis les nouvelles mesures aux Vingt-Sept.
Zelensky à Trudeau : « les Ukraniens n’acceptent pas la décision canadienne sur les turbines de Nord Stream »
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a averti dimanche 17 juillet, dans un entretien téléphonique avec le Premier ministre canadien Justin Trudeau, que les Ukrainiens n’accepteraient jamais la décision canadienne de renvoyer des turbines en Allemagne « en violation du régime de sanctions » contre la Russie. Il s’agissait du premier entretien entre les deux dirigeants depuis la décision canadienne, la semaine dernière, de permettre le retour en Europe de turbines réparées au Canada et destinées au gazoduc russe Nord Stream.
M. Zelensky avait vivement critiqué cette décision, la jugeant « inacceptable ». « C’est une question de respect des sanctions. S’il y a une violation maintenant, cela ne tardera pas avant qu’il y en ait d’autres », a ajouté le président en accusant la Russie de pratiquer un chantage au gaz et en soulignant qu’il y avait d’autres moyens d’acheminer le gaz russe en Europe.
Le président ukrainien s’était montré moins précis dans un tweet publié après la conversation indiquant, sans évoquer directement la question des turbines, que la position internationale sur les sanctions devait « être fondée sur les principes » et que la pression sur Moscou devait être accrue plutôt qu’allégée. Il avait aussi remercié M. Trudeau pour l’important soutien canadien en matière de défense.
La vice-Première ministre canadienne Chrystia Freeland, qui a des racines ukrainiennes, avait défendu samedi la position canadienne en soulignant que c’était « la bonne décision », même si elle a été « très difficile » à prendre. Ottawa justifie sa décision, qui exempte ces turbines réparées au Canada des sanctions économiques imposées à la Russie, par la nécessité de ne pas compromettre l’approvisionnement énergétique de l’Europe et de l’Allemagne en particulier.
De son côté, M. Trudeau a « réaffirmé l’appui soutenu du Canada à l’égard de l’Ukraine face à l’agression militaire russe », selon un communiqué de son bureau, qui ne mentionne pas les turbines. Le Premier ministre a aussi souligné dans cette conversation l’importance « de maintenir une forte unité entre les alliés et de continuer à imposer des coûts élevés à la Russie pour l’invasion illégale et injustifiable de l’Ukraine », avant de saluer le courage des Ukrainiens.
Kiev « se bat pour la paix », assure Volodymyr Zelensky
« C’est une guerre en Ukraine que la Russie a commencée, que la Russie continue et à laquelle la Russie ne veut pas mettre fin », a écrit dimanche le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, sur Twitter. « L’Ukraine défend sa propre terre, sa souveraineté, son territoire. L’Ukraine se bat pour la paix. C’est un paradoxe cruel du XXIe siècle, pour nous c’est la réalité. »
La journaliste Marina Ovsiannikova arrêtée puis relâchée
Devenue célèbre après son irruption en direct à la télévision avec une pancarte critiquant l’offensive de Moscou en Ukraine, la journaliste russe a indiqué avoir été relâchée après avoir été brièvement interpellée. « Je suis à la maison. Tout va bien », a-t-elle déclaré sur Facebook dans la nuit. « Désormais, je sais qu’il vaut mieux quitter la maison avec mon passeport et un sac », a-t-elle ajouté.
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