À l’occasion de la célébration du 19 mars, marquant le cessez-le-feu de 1962, la 1re Région Militaire (RM) a décidé de rendre hommage au Chahid Abdelkader Hendi (1924-1957) en donnant son nom au Centre de repos familial (CRF) de Chenoua, à Tipasa. Cette reconnaissance tardive vient honorer la mémoire d’un combattant de l’ombre, resté longtemps dans l’anonymat malgré les multiples démarches de sa famille auprès de l’Organisation nationale des moudjahidine (ONM).
Un parcours marqué par l’engagement et le sacrifice
Originaire de la région des Beni Menassers, un bastion de la résistance algérienne depuis 1830, Abdelkader Hendi s’est rapidement imposé comme un acteur clé du mouvement nationaliste. Maquignon de métier, il sillonnait les marchés de bétail du centre du pays, ce qui lui offrait une couverture idéale pour établir des contacts avec les militants indépendantistes.
Parmi eux figurait Kaddour Maâskri, de Bourkika, arrêté en 1945 aux côtés d’Amar Ouamrane pour une tentative de détournement d’armes à l’Académie militaire de Cherchell. Ces armes, dissimulées dans un puits asséché de la Mitidja, furent au cœur d’une mission clandestine où Hendi Abdelkader joua un rôle déterminant. Chargé de transmettre un message secret à la Wilaya IV, il confia la missive à un intermédiaire, Djamii, du douar de Sidi Abdellah Amrane. Celle-ci fut ensuite remise à Ghebalou H’Mimed, un jeune lycéen engagé dans la Révolution.
Une mission cruciale pour l’armement du maquis
Malgré les risques liés à la surveillance des autorités coloniales, Abdelkader Hendi et ses frères orchestrèrent avec succès la récupération des armes dissimulées à Bourkika, qui furent ensuite livrées au maquis de Menaceur. Ces armes furent notamment utilisées lors de l’embuscade de Tizi-Franco, le 9 janvier 1957, sous le commandement de Si Hamdane Benmoussa.
Impliqué dans plusieurs actions militaires et de sabotage contre l’armée coloniale, Abdelkader Hendi fut capturé lors d’un ratissage au douar des Melhani. Transféré à la brigade de gendarmerie de Cherchell, il subit d’atroces tortures sans jamais parler. Son corps sans vie fut retrouvé pendu à un arbre, abandonné près de son douar, Sidi Salah. Une femme alerta son père de la macabre découverte, et il fut enterré dans un modeste cimetière de Sidi Salah.
Un hommage posthume pour un combattant de l’ombre
63 ans après l’Indépendance, son nom sort enfin de l’oubli grâce à la décision de la 1re Région Militaire. Pour immortaliser son combat, un documentaire retraçant son parcours a été réalisé sur les lieux mêmes de son engagement. Cependant, le poste de commandement de la zone, témoin historique de cette lutte, demeure dans un état de délabrement, sans projet de restauration prévu à ce jour.
Cet hommage rendu à Abdelkader Hendi s’inscrit dans une volonté de préserver la mémoire des héros anonymes qui ont marqué l’histoire de la Révolution, tout en sensibilisant les générations futures à leur sacrifice pour la liberté de l’Algérie.
les commentaire
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