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Meurtre dd’Aboubakar dans une mosquée : Bruno Retailleau au cœur d’une polémique sur l’islamophobie d’État

Par S.B.-- 06-Mai-2025 0

La mort violente d’Aboubakar Cissé, jeune musulman poignardé à une cinquantaine de reprises dans une mosquée du Gard, continue de provoquer une onde de choc en France. Mais au-delà de l’horreur du crime, ce sont les réactions politiques — ou leur absence — qui suscitent aujourd’hui l’indignation. Dans un article au titre évocateur, “Le lapsus d’État de Bruno Retailleau”, le journal Libération accuse l’exécutif de participer à un racisme systémique.

Un nom effacé, une victime déshumanisée

Lors de son passage à la télévision, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, interrogé sur le drame, bafouille en évoquant la victime : « On est en train de retrouver les liens familiaux que Abouba… que cet individu avait… que cette personne avait… ». Pour Libération, ce lapsus n’est pas anodin. En trois secondes, Aboubakar Cissé est réduit à « un individu », puis à « cette personne », évacuant ainsi son nom, son identité, sa qualité de victime. Une rhétorique, selon le journal, imprégnée de langage policier et révélatrice d’un biais institutionnel.

Un traitement inégal des victimes

Le quotidien s’interroge : « Quel type de victime est donc Aboubakar Cissé dans la France de 2025 ? ». Le silence ou les hésitations des institutions renforcent ce sentiment d’inégalité. L’Assemblée nationale, par la voix de sa présidente Yaël Braun-Pivet, a tardé à accepter la minute de silence proposée par des députés de gauche. Le Sénat, quant à lui, l’a catégoriquement refusée, affirmant ne réserver cet hommage qu’aux sénateurs disparus ou aux attentats majeurs.

Mais Libération souligne une contradiction : en février dernier, la même chambre haute avait observé une minute de silence pour une fillette tuée par un voisin frustré… après une défaite à un jeu vidéo. Une comparaison qui interroge la hiérarchie implicite des vies et des morts.

Retailleau accusé de minimiser les faits

Le ministre est également pointé du doigt pour avoir tardé à reconnaître la dimension islamophobe du crime. Ce n’est qu’après plusieurs jours que cette hypothèse a été évoquée parmi d’autres. Pire encore, Retailleau aurait préféré assister à deux réunions internes à son parti plutôt que de se rendre rapidement sur les lieux du drame. Il aurait aussi refusé de recevoir la famille de la victime, avançant la difficulté à identifier « la vraie famille » d’Aboubakar Cissé.

Des mots qui en disent long

Pour Libération, ce ne sont pas seulement les actes officiels ou les absences de gestes symboliques qui traduisent une islamophobie d’État. Ce sont surtout les mots. Ceux que les représentants prononcent, écrivent… ou laissent échapper. Et dans ce cas précis, le « lapsus » du ministre devient un révélateur d’une mécanique institutionnelle plus large.

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