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Meurtre dans une mosquée : Olivier H. mis en examen pour assassinat à caractère raciste et religieux

Par Nabil.B.-- 10-Mai-2025 0

Le principal suspect dans l’attaque mortelle survenue à la mosquée de La Grand-Combe (Gard) a été mis en examen pour assassinat aggravé en raison de la race ou de la religion, a annoncé le parquet de Nîmes ce vendredi 9 mai 2025. Il a également été placé en détention provisoire.

Identifié comme Olivier Hadzovic, l’homme avait pris la fuite après avoir poignardé mortellement Aboubakar Cissé, un jeune Malien de 22 ans venu prier dans le lieu de culte. Trois jours plus tard, il s’était présenté de lui-même aux autorités italiennes, avant d’être remis aux forces de l’ordre françaises.

Présenté ce vendredi matin devant le juge d’instruction, il n’a pu faire aucune déclaration, a précisé la procureure de Nîmes, Cécile Gensac, dans un communiqué. Son avocat, Me Adrien Gabeaud, a expliqué que son silence n’était pas une forme d’obstruction mais relevait d’une incapacité momentanée à s’exprimer.

Une plainte pour “assassinat à caractère terroriste”

Pour rappel, une semaine après les faits, la famille de la victime avait annoncé avoir saisi la justice. Le 2 mai, ses avocats, Me Yassine Bouzrou et Me Mourad Battikh, avaient annoncé qu’ils vont déposer une plainte avec constitution de partie civile pour “assassinat aggravé à caractère terroriste”, au nom de Yoro Cissé, frère du défunt.

Ils avaient dénoncé l’inaction du Parquet national antiterroriste (Pnat), qui ne s’est pas saisi du dossier. “Jusqu’à présent, seuls des procureurs soumis à la hiérarchie du ministère se sont prononcés. Il est temps que des magistrats indépendants évaluent la qualification terroriste de ces faits”, avaient-ils déclarés. Ils avaient jugé “scandaleux” que le Pnat semble écarter l’hypothèse d’un attentat dans une mosquée.

Une vidéo glaçante diffusée sur les réseaux sociaux

Les avocats de la famille affirment que l’agresseur a filmé puis diffusé l’attaque sur Snapchat. Dans cette séquence, on voit Olivier H. exhiber l’arme du crime, une baïonnette, tandis qu’Aboubakar Cissé git au sol, agonisant. L’auteur des faits y revendique explicitement son acte, lançant : « Je l’ai fait… Ton Allah de m… Je lui ai planté les fesses (…) Ton Allah de m… Enc… »

Les conseils de la famille soulignent également que l’homme exprime sans ambiguïté sa volonté de commettre d’autres attaques similaires, ce qui, selon eux, renforce la nécessité de requalifier les faits en infraction terroriste.

Une information judiciaire ouverte, sans intervention du Pnat

Le parquet d’Alès avait, dans un premier temps, ouvert une enquête pour homicide volontaire. Quelques jours plus tard, le parquet de Nîmes reprenait le dossier et requalifiait les faits en meurtre avec préméditation motivé par des raisons raciales ou religieuses. À ce jour, le Parquet national antiterroriste (Pnat) ne s’est toujours pas saisi de l’affaire, une décision vivement contestée par les avocats de la famille d’Aboubakar Cissé, ainsi que par une large partie de la population d’Alès, profondément choquée par la nature et les circonstances de ce crime.

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