À l’ouverture des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque islamique de développement (BID), tenues mardi au Centre international des conférences “Abdelatif Rahal” à Alger, le Premier ministre Nadir Larbaoui a lancé un appel clair aux institutions financières multilatérales. Il les a exhortées à mobiliser davantage de moyens humains, techniques et financiers pour accompagner les projets structurants, notamment ceux liés aux infrastructures et à l’industrialisation, considérés comme des piliers du développement durable.
Dans son allocution, M. Larbaoui a insisté sur la nécessité pour les institutions comme la BID de renforcer leurs capacités d’intervention. Selon lui, les défis actuels exigent un engagement plus soutenu pour financer les projets continentaux prioritaires, en particulier ceux qui touchent à la transformation industrielle et aux réseaux d’infrastructures. Ces secteurs, a-t-il rappelé, sont intimement liés à la sécurité collective et aux conditions nécessaires à une croissance durable.
Le Premier ministre a mis en lumière les conséquences économiques des mutations internationales, notamment sur les pays musulmans. Ces bouleversements, a-t-il souligné, aggravent les vulnérabilités socioéconomiques. D’où l’importance de promouvoir une coopération Sud-Sud plus structurée dans le cadre multilatéral. Pour Larbaoui, il est essentiel d’accroître l’autonomie économique des pays de l’OCI et de leur donner les outils pour s’adapter aux transformations profondes du système mondial.
Revenant sur le drame humanitaire en Palestine, Larbaoui a dénoncé la guerre génocidaire menée par Israël, qui détruit méthodiquement les infrastructures et les services de base, sous le regard impuissant de la communauté internationale. Face à cette situation, il a appelé le Groupe de la BID à réactiver son principe fondateur de solidarité islamique.
Il a insisté sur l’urgence d’aider le peuple palestinien à tenir bon, en mobilisant les ressources de la Banque pour financer les secteurs vitaux : la santé, l’éducation et l’alimentation. Un appui crucial pour préserver la résilience d’un peuple en détresse, a-t-il souligné.
Accueillir pour la troisième fois les Assemblées annuelles de la BID n’est pas anodin, a rappelé M. Larbaoui. Cela témoigne de la ferme adhésion de l’Algérie aux valeurs de coopération et de solidarité qui unissent les pays membres. Il a également rappelé que l’Algérie avait été parmi les pionniers de la création d’une banque islamique de développement, convaincue dès le départ du rôle central que pouvait jouer un tel outil dans le progrès des peuples de la Oumma.
Évoquant les réformes structurelles engagées en Algérie, le Premier ministre a mis en avant la création de l’Agence de coopération internationale pour la solidarité et le développement, une décision du président Abdelmadjid Tebboune, illustrant la volonté de l’Algérie d’agir concrètement en faveur de la coopération internationale.
Larbaoui a également rappelé les résultats positifs des réformes économiques nationales, notamment l’appui à l’emploi, l’augmentation des salaires, et la modernisation du système universitaire. Autant de leviers pour valoriser le capital humain, considéré comme un vecteur clé de la relance économique.
L’Algérie entend consolider ces acquis à travers un vaste programme d’investissement, axé sur la valorisation des ressources minières et la transformation industrielle et énergétique. Ce programme, piloté par le président de la République, s’inscrit dans une vision de diversification économique durable.
Enfin, M. Larbaoui s’est félicité de l’essor récent de la finance islamique en Algérie, qu’il considère comme un outil complémentaire pour favoriser un développement plus équitable, inclusif et enraciné dans les spécificités nationales.
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