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Meurtre raciste dans le Var (France) : le parquet antiterroriste se saisit de l’enquête

Par S.B.-- 02-Juin-2025 0

Un crime d’une extrême gravité a bouleversé la commune de Puget-sur-Argens (Var) ce week-end. Un homme d’origine tunisienne a été abattu samedi soir par l’un de ses voisins, dans ce qui s’apparente de plus en plus à un acte motivé par la haine raciale. Le parquet national antiterroriste (PNAT) a annoncé ce lundi 2 juin qu’il se saisissait de l’enquête.

Un meurtre filmé et précédé de messages haineux

Avant de passer à l’acte, le suspect a diffusé deux vidéos à caractère raciste et haineux, selon les informations communiquées par le parquet de Draguignan, qui avait initialement ouvert l’enquête. Ces éléments ont motivé la saisine du Parquet national antiterroriste, qui travaille désormais aux côtés de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et de la Sous-direction antiterroriste (SDAT)

Selon une source proche du dossier, l’auteur présumé, interpellé peu après les faits, aurait agi dans le but de “troubler l’ordre public par la terreur”.

Un quartier bouleversé par le drame

Le crime a eu lieu dans un ensemble d’entreprises et de logements situés dans la zone commerciale des Meissugues, à Puget-sur-Argens. Le portail d’entrée affiche aujourd’hui une pancarte improvisée : “Défense d’entrer, propriété privée”. Sur place, la stupeur domine. Certaines entreprises ont retiré leur enseigne, visiblement pour éviter d’être associées au drame.

Une femme, accompagnée de son fils, lance : “On travaille ici, on n’a rien demandé à personne.” Le quartier, qui abrite des personnes de diverses nationalités, vivait jusque-là dans un calme relatif. Une résidente roumaine, interrogée brièvement, n’a pas pu répondre, ne maîtrisant ni le français ni l’anglais. Une source proche de l’enquête confirme : “On n’a jamais eu de problèmes entre voisins.”

Une victime appréciée de tous

Le jeune homme abattu, un trentenaire tunisien, était connu dans le quartier comme coiffeur. Selon plusieurs témoignages, il était apprécié pour sa gentillesse. “C’était un vrai gentil, une bonne pâte,” confie un salarié d’une entreprise voisine. Un autre ajoute, encore sous le choc : “Tout le monde ici est bouleversé, surtout que ça s’est passé à Puget.”

Un autre employé s’inquiète : “C’est choquant. Ça aurait pu arriver à n’importe qui. Les gens sont à cran, mais ça ne justifie pas de se faire justice soi-même.” Une riveraine abonde : “Quand quelqu’un meurt, peu importe le contexte, c’est toujours tragique.”

Cinq balles tirées, une victime tuée, l’autre blessée

La victime décédée, atteinte par cinq impacts de balle, serait un homme de nationalité tunisienne, possiblement âgé de 35 ans. Son identité restait encore à confirmer lundi soir. L’autre victime, un jeune homme turc de 25 ans, blessé à la main, a été transporté à l’hôpital de Fréjus. Son état de santé est jugé non préoccupant.

Un deuxième blessé et une enquête en cours

Lors de l’attaque, un jeune homme turc de 25 ans a également été blessé à la main. Heureusement, son état de santé n’inspire pas d’inquiétude.

Le suspect, actuellement en garde à vue, a vu cette dernière prolongée lundi matin. Il pourrait être déféré dès ce soir ou mardi matin, selon les autorités. L’enquête se poursuit pour déterminer les motivations exactes de l’agresseur et confirmer le caractère terroriste des faits.

Un tireur français, adepte des armes, aux motivations racistes

Le suspect, de nationalité française, est connu pour pratiquer le tir sportif. Selon le procureur de la République, il a diffusé deux vidéos racistes et haineuses sur un réseau social, l’une avant, l’autre après le passage à l’acte. Il a été placé en garde à vue immédiatement après les faits.

Le parquet a ouvert une enquête de flagrance pour meurtre et tentative de meurtre commis en raison de l’appartenance réelle ou supposée des victimes à une ethnie, une nation, une prétendue race ou religion, des crimes qualifiés de concomitants. L’enquête a été confiée à la brigade de recherches de la gendarmerie de Draguignan, en lien avec la DGSI et la SDAT.

Réactions :

SOS Racisme dénonce un climat dangereux

Dans la soirée, l’association SOS Racisme a vivement réagi à ce drame. Dans un communiqué, son président Dominique Sopo a dénoncé : “Le racisme a encore frappé dans notre pays. Ce double crime n’est pas un coup de tonnerre dans un ciel bleu. Il est le fruit d’un travail insidieux, mené par ceux qui cherchent à rendre légitimes les paroles et actes racistes.”

Il appelle les responsables politiques et les médias à ne plus ignorer ni marginaliser la parole antiraciste, estimant que l’inaction contribue à banaliser la haine.

« Au-delà, ce double crime doit sonner comme un rappel à toutes les citoyennes et tous les citoyens : le monde dans lequel on vit est celui pour lequel on se bat. La bataille de l’antiracisme a besoin que chacune et chacun s’y investisse. Sinon, nous sommes à la veille d’une bascule qui, en réalité, est déjà à l’œuvre », a-t-il estimé.

De son coté, Jean-Luc Mélenchon, leader LFI, a dénoncé : « Infâme meurtre raciste dans le Var. Ne laissons pas l’officialité attiser la haine raciste en la légitimant. Ceci est le message de compassion pour la famille agressée. Tous les Français informés pensent de même et constatent la faillite dangereuse de Bruno Retailleau »

Un climat de tension, un besoin de justice

Alors que les habitants de Puget-sur-Argens tentent de comprendre l’origine de ce passage à l’acte, les enquêteurs analysent le profil du suspect et le contenu des vidéos diffusées. Le parquet national antiterroriste, désormais en première ligne, s’efforce de faire toute la lumière sur cette affaire qui, au-delà du crime, soulève des questions profondes sur le racisme et la haine idéologique.

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