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Flottille humanitaire en route vers Gaza : une course contre le blocus israélien

Par Salim BENLEFKI.-- 08-Juin-2025 0

Le voilier Madleen, avec à son bord Greta Thunberg et Rima Hassan, approche des eaux palestiniennes. Israël menace de l’intercepter.

La flottille de la liberté se rapproche de Gaza. À bord du voilier Madleen, douze militants internationaux – dont l’activiste suédoise Greta Thunberg et l’eurodéputée française Rima Hassan – naviguent en Méditerranée, à environ 306 kilomètres de la côte palestinienne, avec l’objectif d’atteindre la bande de Gaza d’ici dimanche soir. Le navire transporte de l’aide humanitaire dans une région dévastée par huit mois de guerre, soumise à un blocus total imposé par Israël depuis 18 ans.

Parti de Sicile le 1er juin, le Madleen est le dernier projet porté par la Coalition de la flottille pour la liberté, une alliance citoyenne internationale fondée en 2010. Son objectif : briser symboliquement le siège israélien de Gaza et alerter la communauté internationale sur l’urgence humanitaire.

Un voyage sous haute surveillance

Les passagers affirment être suivis par des drones depuis plusieurs jours. L’un d’eux, selon une vidéo diffusée mardi, serait un appareil des garde-côtes grecs. « Nous sommes pleinement conscients des risques », a déclaré la militante allemande Yasemin Acar, précisant que le navire bat pavillon britannique mais ne révèlera ni sa trajectoire exacte ni le moment de son arrivée.

L’armée israélienne, de son côté, a fait savoir qu’elle était prête à “protéger l’espace maritime israélien !” Selon Rima Hassan, Tsahal prévoit d’intercepter le navire avec des bateaux lance-missiles et des commandos de la Shayetet 13, une unité d’élite de la marine israélienne. « Dans 24 heures, nous atteindrons les eaux palestiniennes, illégalement contrôlées par Israël », a-t-elle écrit sur Instagram.

Une solidarité qui dérange

Le comité international pour briser le siège de Gaza, basé à Londres, a confirmé que le Madleen est entré dans les eaux égyptiennes. Il affirme avoir saisi des instances juridiques internationales afin de garantir la sécurité de l’équipage. Toute interception du navire constituerait, selon le comité, « une violation flagrante du droit international humanitaire ».

Les douze militants à bord – originaires de France, Suède, Allemagne, Espagne, Turquie, Pays-Bas et Brésil – ont reçu le soutien de plus de 200 parlementaires européens. Une lettre ouverte a été envoyée à Israël pour exiger que le navire soit autorisé à accoster.

« Il s’agit d’une initiative importante de solidarité », a souligné Amnesty International vendredi. L’ONG rappelle que Gaza traverse « l’une des pires catastrophes humanitaires d’origine humaine au monde » et qu’« aucune justification ne peut être invoquée pour bloquer l’aide ».

Une aide symbolique mais précieuse

Thiago Ávila, un activiste brésilien à bord, décrit leur mission comme « humble mais urgente ». Le Madleen transporte des prothèses pour enfants amputés, des béquilles, des filtres à eau, des médicaments et de la nourriture. « Ce n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan des besoins de Gaza », admet-il. Mais la force du message est ailleurs : « La meilleure mesure de sécurité dont nous disposons, c’est la visibilité », insiste Ávila. Le groupe prévoit de diffuser en direct toute tentative d’interception pour sensibiliser l’opinion publique mondiale.

Un lourd passé d’attaques contre les flottilles

Ce n’est pas la première fois que des militants tentent de défier le blocus maritime. Plusieurs précédents tragiques rappellent les risques de ce type de mission :

 2008 : Le Free Gaza atteint le port de Gaza avec 44 militants de 17 pays, une première depuis 41 ans.

 2010 : L’assaut israélien contre le Mavi Marmara fait 10 morts parmi les militants turcs.

 2015 : Le Marianne est arraisonné à 185 km de Gaza.

 2024 : L’Akdeniz, transportant 5 000 tonnes d’aide, n’a jamais quitté la Turquie après la révocation de son pavillon.

 Mai 2024 : Le navire Conscience est endommagé par deux frappes de drones avant d’atteindre Malte, où Greta Thunberg devait embarquer.

Un contexte explosif

Le bilan de l’agression génocidaire sioniste contre la bande de Gaza s’est alourdi à 54.772 martyrs et 125.834 blessés, depuis le 7 octobre 2023, ont indiqué samedi les autorités sanitaires palestiniennes.

Selon la même source, les corps de 95 martyrs et 304 blessés sont arrivés dans les hôpitaux de Gaza au cours des dernières 48 heures.

Les autorités sanitaires palestiniennes ont, en outre, souligné que 4.497 Palestiniens sont tombés en martyrs et 13.793 autres ont été blessés depuis le 18 mars, date de la reprise de l’agression sioniste, notant que les corps de nombreuses victimes se trouvent encore sous les décombres.

Un accord de cessez-le-feu est entré en vigueur le 19 janvier à Gaza après plus de 15 mois d’agression génocidaire sioniste, qui ont provoqué une catastrophe humanitaire sans précédent.

Les forces d’occupation ont repris le 18 mars leur agression contre la bande de Gaza, après une interruption de deux mois, consécutive à l’accord de cessez-le-feu.

Une ultime tentative malgré les menaces

Les membres de la flottille affirment ne pas reculer. Pour Greta Thunberg, « le véritable danger, c’est le silence face au génocide ». Rima Hassan, elle, martèle : « Nous savons que nos vies sont en danger, mais empêcher l’arrivée d’un navire humanitaire serait un crime. »

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