Derniées informations
prev next

Flottille pour Gaza : mobilisation dans plus de 170 villes de France après l’interception du Madleen par Israël

Par Salim BENLEFKI.-- 09-Juin-2025 35

Lundi 9 juin, plus de 170 rassemblements ont eu lieu dans toute la France pour exiger la libération des passagers du Madleen, un voilier humanitaire arraisonné en pleine mer par l’armée israélienne. À Paris, plusieurs centaines de personnes se sont réunies place de la République, à l’appel de La France insoumise, de l’AFPS (Association France Palestine Solidarité) et du collectif Urgence Palestine.

Les manifestants ont brandi des drapeaux palestiniens et scandé : « Liberté pour la Flottille ! » ; « Stop au blocus de Gaza ! » ; « Israël hors de l’eau ! »

Parmi eux, des élus, des militants syndicaux, des associations, mais aussi de nombreux citoyens indignés par ce qu’ils dénoncent comme une attaque contre une mission humanitaire pacifique.

Une mission de paix, interceptée de force

Le Madleen, voilier de 18 mètres, avait quitté Catane (Italie) le 1er juin, dans le cadre de la “Flottille de la liberté”. À son bord : douze passagers – des activistes venus de France, d’Allemagne, de Turquie, du Brésil ou encore d’Espagne – et une cargaison humanitaire : lait en poudre, farine, prothèses pédiatriques, kits de dessalement, couches pour enfants.

L’objectif est briser symboliquement le blocus israélien de Gaza, en vigueur depuis 2007 et qualifié par l’ONU de punition collective.

Arraisonnement en eaux internationales

Selon les organisateurs, le Madleen a été suivi par des drones dès son passage au large de la Crète. Dans la nuit du 8 au 9 juin, alors qu’il naviguait en eaux internationales, le voilier a été encerclé, arrosé de liquide irritant et pris d’assaut par des commandos israéliens. Le bateau a été remorqué jusqu’au port d’Ashdod, dans le sud d’Israël.

L’AFPS parle d’un “acte de piraterie”, affirmant que les passagers ont été illégalement arrêtés.

Israël défend son action, les militants contestent

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a justifié l’intervention en expliquant que les passagers seraient forcés de “visionner les images du 7 octobre” pour “comprendre la réalité à Gaza”. Il les accuse d’être des “relais de propagande du Hamas”.

Une accusation fermement rejetée par les militants : “Notre seule arme, c’était du lait en poudre”, affirme une manifestante à Paris. Les organisateurs assurent que la mission était totalement indépendante de tout groupe armé.

Appels à la libération immédiate

L’AFPS, La France insoumise et plusieurs élus demandent au gouvernement français d’agir rapidement pour : Obtenir l’accès consulaire pour les six ressortissants français à bord ; Obtenir leur libération immédiate ; Garantir le respect du droit maritime international ;

À Angers, près de 500 personnes ont spontanément manifesté place du Ralliement. À Saint-Brieuc, 200 personnes se sont rassemblées place de la Grille. À Tours, plusieurs centaines de manifestants se sont réunis place Jean-Jaurès à l’appel du collectif Palestine 37. Même dans de plus petites villes comme Loches, des citoyens se sont mobilisés.

Un précédent tragique dans les mémoires

Cette opération rappelle le drame de 2010, lorsque l’armée israélienne avait pris d’assaut une précédente flottille humanitaire. Dix militants turcs avaient alors été tués, suscitant un tollé international.

Quinze ans plus tard, la question reste posée :

Jusqu’où Israël peut-il aller pour imposer un blocus dénoncé par l’ONU ?

Jusqu’où la communauté internationale laissera-t-elle faire ?

Déclarations de Jean-Luc Mélenchon en marge du rassemblement de la République :

« Cette nuit a eu lieu, comme vous le savez, un acte de piraterie internationale. L’armée de Monsieur Netanyahou a intercepté, en pleine mer, dans les eaux internationales, un navire civil à bord duquel se trouvaient huit de nos compatriotes, et au total douze personnes. Douze êtres humains totalement désarmés, ne représentant aucun danger pour quiconque, transportant symboliquement mais concrètement de l’aide humanitaire destinée à Gaza.

Il ne faut pas perdre de vue, malgré les polémiques nauséabondes que j’entends depuis quelques heures, le point de départ de cette action. Ces femmes et ces hommes, d’un courage exemplaire, se sont embarqués pour briser le blocus meurtrier et le martyre infligé à la population de Gaza. Une population soumise à une entreprise génocidaire sans recours.

Cet événement nous rappelle plusieurs choses. D’abord, que Gaza est sous blocus, qu’elle est assiégée, et que ses habitants sont chaque jour bombardés, affamés, mutilés, tués, dans une violence absolue. Ensuite, que ceux qui ont les moyens d’intervenir pour faire cesser ce crime de masse – les grandes puissances, les institutions internationales – ne font rien.

Et c’est précisément parce qu’il ne se passe rien que douze personnes ont pris leur courage à deux mains et ont décidé d’embarquer à bord d’un petit voilier, en pleine mer, au risque de leur vie. Ce qu’elles ont fait n’a rien d’une « croisière », comme certains osent le dire avec mépris. Ce n’était pas non plus une opération médiatique. La dernière fois qu’une flottille a tenté de briser ce blocus, c’était en 2010. Dix militants turcs ont été tués. Dix personnes non armées, qui n’ont opposé aucune résistance militaire.

Je salue le courage extraordinaire de celles et ceux qui étaient à bord du Madleen. Je veux souligner que ce sont deux femmes qui ont dirigé cette opération, et nous y avons tous été particulièrement sensibles. Je n’oublie pas non plus que ces douze personnes sont de nationalités diverses, majoritairement européennes. Et à vous voir ici rassemblés, à voir les centaines de personnes réunies place de la République, je peux dire qu’ils ont déjà réussi une partie de leur mission.

Car en une seule nuit, ils ont obtenu plus d’effet que tous les gouvernements européens réunis pour dénoncer la politique criminelle de Monsieur Netanyahou.

Oui, notre cœur est serré, car nous savons à qui ils ont eu affaire cette nuit. Nous connaissons les méthodes de ces soi-disant distributeurs de sandwichs : leur brutalité, leur violence, leur habitude du crime contre des populations sans défense. Et qui peut être plus désarmé, plus vulnérable, que douze militants pacifistes sur un petit bateau, sans la moindre protection ? »

les commentaire

Laisser un commentaire