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Mali : le Front de libération de l’Azawad revendique l’embuscade meurtrière de Kidal

Par S.B.-- 15-Juin-2025 3

Au nord du Mali, la situation sécuritaire continue de se dégrader, accentuant l’impasse dans laquelle s’enfonce la junte au pouvoir à Bamako. Malgré les changements opérés dans leurs alliances militaires, les autorités maliennes peinent toujours à reprendre le contrôle des territoires du Nord, où les groupes armés indépendantistes conservent l’initiative sur le terrain.

Vendredi dernier, un important convoi de l’armée malienne, accompagné de membres de l’Africa Corps — nouvelle formation de mercenaires russes ayant succédé au groupe Wagner — est tombé dans une embuscade tendue par le Front de libération de l’Azawad (FLA). Selon un communiqué de ce dernier, l’attaque s’est déroulée entre Anéfis et Aguelhok, dans la région stratégique de Kidal.

Une embuscade minutieusement préparée

Le convoi, composé de plus de 40 véhicules — blindés, camions, pick-up et citernes — avait été ciblé dès la veille, jeudi 12 juin, par des mines artisanales à Tadjereret. Le lendemain, il a été pris sous le feu nourri de l’artillerie lourde des forces de l’Azawad. « Une unité des forces armées de l’Azawad a mené, ce 13 juin, une opération contre un important convoi de la coalition FAMa-Africa Corps entre Aguelhok et Anéfis », précise le FLA. Selon leur bilan, l’opération a fait plusieurs dizaines de morts et de blessés parmi les soldats maliens et leurs alliés russes.

Le FLA revendique également la destruction de 21 véhicules militaires, la capture d’un blindé, de plusieurs camions de transport logistique, et la récupération d’un important stock d’armes et de carburant.

Version divergente de Bamako

Dans un premier temps, l’armée malienne a nié l’attaque avant de confirmer l’embuscade, affirmant toutefois avoir « réagi vigoureusement » et infligé des pertes à l’ennemi. Elle évoque une contre-attaque rapide et des frappes aériennes ayant permis, selon elle, de « neutraliser » les assaillants. Une version contredite par des vidéos diffusées par le FLA sur les réseaux sociaux. Ces images montrent des véhicules militaires en flammes et aucun signe apparent de riposte de la part des forces gouvernementales.

Un lourd passif dans la région

Ce revers intervient moins d’un an après une cuisante défaite subie à Tinzaouatène, en juillet 2024, où les forces maliennes et leurs partenaires de Wagner avaient perdu plus de 80 hommes. L’arrivée des mercenaires de l’Africa Corps n’a, pour l’heure, pas permis d’inverser la dynamique.

La région de Kidal demeure un bastion imprenable pour la rébellion touarègue et un véritable cauchemar opérationnel pour l’armée malienne, malgré l’appui militaire étranger. Le contrôle du terrain reste largement entre les mains des groupes indépendantistes, qui connaissent parfaitement la géographie et bénéficient du soutien des populations locales.

Un accident aérien lourd de symbolique

Comme pour accentuer l’embarras des autorités de Bamako, un nouvel incident est venu s’ajouter à ce bilan sombre. Samedi 14 juin, un avion de chasse russe Soukhoï Su-25 s’est écrasé à Gao, selon le porte-parole du FLA, Mohamed Elmaouloud Ramadane. L’appareil, à bord duquel se trouvaient deux pilotes russes, a sombré dans le fleuve avant qu’ils ne soient secourus par des piroguiers locaux.

Dans une déclaration acerbe sur sa page Facebook, Mohamed Elmaouloud Ramadane a dénoncé l’échec des autorités maliennes, affirmant que « ni les mercenaires étrangers, ni leurs équipements de guerre ne ramèneront la paix, encore moins la souveraineté que vous prétendez incarner ».

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