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Deux soldats franco-israéliens visés par une plainte pour « crimes contre l’humanité » à Paris

Par Salim BENLEFKI.-- 04-Juil-2025 22

Mardi 1er juillet, plusieurs organisations de défense des droits humains ont déposé une plainte avec constitution de partie civile contre deux soldats franco-israéliens, Sasha A. et Gabriel B., pour leur implication présumée dans des exécutions sommaires de civils non armés dans la bande de Gaza. Les faits évoqués pourraient être qualifiés de crimes de guerre, voire de génocide et crimes contre l’humanité.

 Deux snipers issus de l’unité israélienne « Ghost Unit »

Les deux hommes, détenteurs de la double nationalité française et israélienne, sont soupçonnés d’avoir servi au sein de l’unité 888 de l’armée israélienne, également connue sous les noms de « Refaim » (fantôme en hébreu) ou « Ghost Unit ». Cette unité d’élite regroupe des tireurs d’élite déployés dans des zones sensibles, notamment autour des hôpitaux de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza.

Une plainte fondée sur une enquête journalistique et des preuves vidéo

La plainte repose en partie sur le travail d’investigation du journaliste palestinien indépendant Younis Tirawi, qui a publié en octobre 2024 une enquête mettant en lumière les pratiques de cette unité. L’un des éléments-clés : un témoignage filmé du sergent-chef Daniel Raab, un Américano-Israélien membre de l’unité, qui décrit comment les snipers tirent sur des civils palestiniens non armés, aux abords des hôpitaux al-Nasser et al-Quds.

« Il s’agit là de la définition même du crime de guerre », affirme Alexis Deswaef, avocat et vice-président de la FIDH, précisant que ces tirs ne visent pas à blesser mais à tuer, sans qu’aucune menace réelle ne soit identifiée.

 Une action juridique inédite pour lutter contre l’impunité

La plainte a été déposée auprès du parquet de Paris par six ONG :

  • la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH),

  • Al-Haq,

  • Al Mezan Center for Human Rights,

  • le Palestinian Centre for Human Rights (PCHR),

  • la Ligue des droits de l’homme (LDH),

  • et l’Association France Palestine Solidarité (AFPS).

Les faits dénoncés se seraient produits entre novembre 2023 et mars 2024, à la suite des opérations militaires israéliennes massives déclenchées après les attaques du 7 octobre 2023 menées par le Hamas sur le territoire israélien.

Des tirs systématiques sur les civils

Selon les éléments contenus dans la plainte, la stratégie adoptée par cette unité consisterait à ouvrir le feu sur toute personne en âge de servir dans l’armée, sans considération de menace immédiate. Le but présumé de chaque tir serait l’élimination pure et simple, et non la neutralisation.

« Ces actes pourraient être qualifiés non seulement de crimes de guerre, mais aussi de génocide », précisent les ONG. L’accusation vise également à faire reconnaître la responsabilité pénale de la chaîne de commandement, et pas seulement des exécutants.

 Une étape décisive pour la justice internationale

« La paix ne pourra être envisagée que lorsque la justice aura été rendue, et cela implique de lutter fermement contre l’impunité », souligne Emmanuel Daoud, avocat de la LDH. Il rappelle que cette procédure ne vise pas uniquement les deux soldats, mais également les niveaux supérieurs de commandement militaire et politique susceptibles d’avoir validé ou couvert ces actes.

Cette plainte pourrait ainsi constituer un précédent juridique majeur, au moment où la communauté internationale intensifie sa surveillance des violations graves du droit international humanitaire à Gaza.

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