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Lutte contre le blanchiment d’argent : l’Algérie renforce sa coopération internationale et son arsenal juridique

Par H. Benrabia-- 13-Juil-2025 2

Le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Lotfi Boudjemaa, a affirmé l’engagement total de l’Algérie à activer tous les mécanismes de coopération internationale pour détecter et combattre les crimes de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme. Ce message a été lu en son nom par le chef de cabinet du ministère, Arezki Si Hadj Mohand, lors d’une journée d’information dédiée au registre national des bénéficiaires effectifs, organisée dimanche à Alger.

Placée sous le thème « Le bénéficiaire effectif : un rempart contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme », cette rencontre a mis l’accent sur les enjeux de transparence dans le secteur financier. Le registre vise à identifier les véritables propriétaires d’entreprises, souvent dissimulés derrière des structures complexes ou des prête-noms, une pratique courante dans le blanchiment de capitaux.

Selon le ministre, cette démarche s’inscrit dans le cadre du programme présidentiel, qui entend moraliser la vie publique et restaurer la confiance dans les institutions. Il a rappelé que la pratique judiciaire, au cours des cinq dernières années, a confirmé le lien étroit entre le blanchiment d’argent et les formes les plus graves de criminalité : corruption, trafic de drogue, contrebande et financement du terrorisme.

M. Boudjemaa a mis en garde contre les techniques de dissimulation utilisées par les criminels, qui recourent à des montages juridiques complexes, aux paradis fiscaux et à des réseaux financiers transnationaux pour blanchir les fonds issus d’activités illicites. Ces opérations nécessitent une réponse rapide, structurée et coordonnée au niveau international.

Pour faire face à cette menace, le ministre a insisté sur la nécessité d’adapter en permanence le système juridique national à l’évolution des pratiques criminelles à l’échelle mondiale. Il a souligné l’importance de moderniser les institutions chargées de la lutte contre ces délits, tant sur le plan de la législation que de l’organisation interne, afin d’assurer une détection efficace et une action judiciaire rapide.

L’Algérie, selon le ministre, a consenti d’importants efforts pour parachever son dispositif national de prévention du blanchiment d’argent. Ces efforts ont porté sur les plans législatif, réglementaire, logistique et opérationnel. Ils se sont également traduits par un renforcement de la coopération internationale.

Sur le plan stratégique, le ministre s’est félicité de l’implication active de toutes les institutions de l’État. Les services concernés ont intensifié les opérations de contrôle et d’inspection, entraînant une hausse significative du nombre d’enquêtes financières et d’affaires liées au blanchiment d’argent. Ces infractions sont étroitement liées à des crimes graves mettant en péril la stabilité économique et sécuritaire du pays

Parmi les mesures mises en œuvre, M. Boudjemaa a mentionné la possibilité offerte à la Banque d’Algérie d’accéder à la base de données du casier judiciaire. Cette interconnexion permet de vérifier l’intégrité des gestionnaires, des responsables et des bénéficiaires effectifs des banques et institutions financières. Cette mesure découle d’un accord signé récemment entre la Banque d’Algérie et le ministère de la Justice.

Le ministre a également annoncé la préparation d’un protocole d’accord avec la Commission d’organisation et de surveillance des opérations de Bourse (COSOB), visant à étendre la coordination entre les autorités judiciaires et les organes de régulation des marchés financiers.

M. Boudjemaa a évoqué la création du Registre national des bénéficiaires effectifs au sein du Centre national du registre de commerce (CNRC), ainsi que le développement d’une application dédiée à la rétroaction. Cette application relie désormais le ministère de la Justice à la Cellule de traitement du renseignement financier (CTRF), facilitant l’échange rapide et sécurisé d’informations sensibles.

Autre avancée majeure : la création, en 2020, du pôle pénal économique et financier. Ce dispositif centralise les compétences humaines et techniques pour lutter efficacement contre les crimes économiques. Il permet d’assurer la spécialisation des magistrats, la coordination des enquêtes, et une plus grande efficacité dans la poursuite des auteurs.

La journée d’information, organisée sous le haut patronage du ministre du Commerce intérieur et de la Régulation du marché, a rassemblé plusieurs ministres, responsables d’institutions publiques, experts juridiques et acteurs économiques. Ensemble, ils ont réaffirmé la nécessité d’une action collective et coordonnée pour assainir l’environnement économique et protéger l’intégrité du système financier national.

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