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Gaza : nouvelles frappes meurtrières, des enfants tués, l’Espagne et l’Italie envoient des navires pour protéger la flottille humanitaire

Par A.B.-- 25-Sep-2025 2

Un nouveau massacre à Gaza

La bande de Gaza a encore vécu une nuit d’horreur. Depuis l’aube, au moins 15 Palestiniens ont été tués par des frappes israéliennes sur le centre et le sud du territoire assiégé. Parmi eux, 11 personnes – dont plusieurs enfants – ont péri à az-Zawayda, après la destruction d’une maison familiale qui servait d’abri à des déplacés.
À Khan Younès, dans le sud, une autre frappe a tué quatre civils. Des dizaines de blessés, dont des femmes et des enfants, ont été recensés.

Selon la Défense civile, les corps des enfants victimes ont été transportés vers un hôpital voisin, une scène devenue quotidienne dans une guerre qui n’épargne aucun civil. Depuis octobre 2023, le bilan officiel fait état d’au moins 65 419 Palestiniens tués et 167 160 blessés, tandis que des milliers d’autres sont toujours sous les décombres.

Une impunité dénoncée

Ces attaques, qualifiées par de nombreux observateurs de crimes de guerre et de génocide à huis clos, s’inscrivent dans une stratégie militaire qui vise délibérément des zones civiles. Malgré l’ampleur des pertes humaines, Israël continue de bénéficier d’une impunité internationale, alors même que les conventions de Genève interdisent le ciblage de populations civiles.

La flottille humanitaire sous menace de drones

Face au blocus maritime imposé à Gaza, une coalition internationale d’activistes et d’ONG a mis en place la Global Sumud Flotilla, une cinquantaine de navires civils transportant de l’aide humanitaire. Mais la flottille a été attaquée à plusieurs reprises par des drones israéliens, qui ont largué des explosifs et brouillé les communications, au sud de la Grèce.

En réaction, l’Espagne et l’Italie ont décidé d’envoyer des frégates de guerre pour escorter les bateaux humanitaires. Le ministre italien de la Défense, Guido Crosetto, a confirmé l’envoi d’un second navire militaire.
Israël, de son côté, a menacé d’« empêcher par tous les moyens » toute tentative de briser son blocus illégal.

Gaza-ville encerclée : un soldat israélien tué

Dans Gaza-ville, où les combats urbains font rage, l’armée israélienne a reconnu la mort d’un sergent de 21 ans, tué par un sniper palestinien. Il s’agit du deuxième soldat israélien abattu cette semaine. Selon ses propres chiffres, plus de 900 soldats israéliens ont été tués depuis octobre 2023, preuve de la résistance acharnée face à une invasion brutale.

Cisjordanie occupée : deux Palestiniens exécutés à Tubas

La répression s’étend également à la Cisjordanie occupée. Dans la ville de Tammun, près de Tubas, deux jeunes Palestiniens, Mohammad Qassem et Alaa Joudat, ont été abattus après un siège de plusieurs heures par les forces israéliennes.

Civils déplacés : une survie sous des tentes improvisées

Des milliers de Palestiniens ont fui Gaza-ville dans la nuit, empruntant la route côtière d’al-Rashid. Mais nombre d’entre eux, n’ayant nulle part où aller, ont dressé des tentes de fortune près du corridor de Netzarim, à seulement un kilomètre d’une importante base israélienne.
Ces familles vivent sans eau, sans nourriture et sans sanitaires, illustrant une crise humanitaire d’une ampleur inédite.

Derniers développements

  • 11 personnes tuées, dont des enfants, dans une maison bombardée à az-Zawayda.
  • 4 morts supplémentaires dans une frappe sur Khan Younès.
  • Les Houthis du Yémen revendiquent une attaque de drone contre Eilat (22 blessés), en représailles au massacre de Gaza.
  • L’émissaire américain Steve Witkoff promet un « possible progrès » dans les prochains jours, sans préciser de plan concret.
  • Netanyahou rejette une fois encore la création d’un État palestinien, malgré une vague de reconnaissances diplomatiques à l’ONU.
  • À Tel-Aviv, des centaines de manifestants ont protesté contre Netanyahou avant son départ pour New York et l’Assemblée générale de l’ONU.

Une urgence humanitaire ignorée

Chaque jour, Gaza s’enfonce davantage dans le chaos : famine, bombardements incessants, déplacements forcés, hôpitaux débordés. Les voix palestiniennes et celles des ONG dénoncent un génocide sous silence, perpétré dans l’indifférence ou la complicité de certaines puissances mondiales.

La question reste posée : combien de maisons détruites, d’enfants ensevelis et de familles décimées faudra-t-il encore pour que la communauté internationale mette fin à cette impunité ?

L’Espagne approuve un embargo «total» sur les armes destinées à Israël

Le gouvernement espagnol a franchi une nouvelle étape dans sa politique de fermeté vis-à-vis d’Israël. Lors de sa réunion hebdomadaire, le Conseil des ministres a approuvé une série de décrets complétant les sanctions déjà annoncées début septembre.

Le ministre de l’Économie, du Commerce et des Entreprises, Carlos Cuerpo, a confirmé lors d’une conférence de presse l’adoption d’un décret royal imposant un embargo complet sur les armes à destination d’Israël. Cette mesure inclut l’interdiction de l’exportation et de l’importation de tout matériel de défense ainsi que des produits et technologies à double usage.

« Ces sanctions, regroupées sous l’intitulé Contre le génocide à Gaza et en soutien au peuple palestinien, témoignent de la détermination du gouvernement espagnol et du Premier ministre Pedro Sánchez à défendre les droits humains et à exercer un leadership international », a déclaré M. Cuerpo.

Outre l’embargo militaire, les décrets approuvés interdisent :

  • le transit de carburants d’aviation susceptibles d’être utilisés à des fins militaires liées à Israël ;
  • l’importation et la publicité de produits issus des colonies illégales situées dans les territoires palestiniens occupés.

Le ministre a reconnu que cette dernière interdiction aurait un impact limité sur l’économie espagnole, mais pourrait affecter directement certaines entreprises israéliennes. « L’objectif est clair : faire pression pour mettre fin au génocide à Gaza », a-t-il insisté.

Le gouvernement s’est engagé à publier un rapport tous les trois mois sur l’évolution de ces sanctions. Carlos Cuerpo a réaffirmé la condamnation par Madrid des crimes commis à Gaza tout en appelant à la libération immédiate des otages détenus par le Hamas.

La porte-parole du gouvernement, Pilar Alegría, a rappelé que l’Espagne avait reconnu l’État de Palestine dès le mois de mai, et que d’autres pays — dont la France, le Portugal, le Royaume-Uni, le Canada ou encore l’Australie — suivaient désormais cet exemple. « La reconnaissance de la Palestine est une urgence », a-t-elle souligné, en rappelant que l’Espagne défend depuis longtemps une solution à deux États.

S’exprimant devant l’Assemblée générale des Nations unies, le roi Felipe VI a exhorté la communauté internationale à agir « maintenant » pour mettre fin au « massacre » à Gaza. « Nous crions, implorons et exigeons que ce massacre cesse immédiatement », a-t-il déclaré.

Le souverain espagnol a appelé Israël à respecter pleinement le droit international humanitaire en Cisjordanie comme à Gaza, à garantir un cessez-le-feu immédiat, à permettre un accès humanitaire sans entrave et à libérer les otages.

En rappelant la reconnaissance par Madrid de l’État de Palestine, Felipe VI a souligné que cette démarche devait contribuer à une paix juste et durable, fondée sur les résolutions des Nations unies et la mise en œuvre effective d’une solution à deux États.

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