Derniées informations
prev next

Gaza : Israël bloque toujours l’accès de Gaza au personnel de l’ONU

Par A.B.-- 27-Oct-2025 3

Une crise humanitaire persistante malgré le cessez-le-feu

Alors que la bande de Gaza tente péniblement de se relever après des mois de guerre, Israël continue de refuser l’entrée à Gaza au personnel international de l’UNRWA, l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens. Une décision en contradiction directe avec l’ordonnance de la Cour internationale de justice (CIJ), qui avait exigé de Tel-Aviv qu’il facilite l’acheminement de l’aide humanitaire.

L’UNRWA a confirmé que seuls ses 12 000 employés locaux parviennent à maintenir, tant bien que mal, les services de santé, de soutien psychologique et d’éducation « dans des conditions inimaginables ».
L’agence prévient : « Un cessez-le-feu ne suffit pas. La population a désespérément besoin de nourriture, de médicaments, d’abris et d’eau potable. »

Les recherches des corps s’intensifient à Gaza

Parallèlement, le Hamas poursuit ses recherches pour retrouver les 13 corps restants de prisonniers israéliens. Selon des sources locales, le mouvement palestinien collabore désormais avec la Croix-Rouge internationale et des équipes égyptiennes spécialisées.
Les opérations se déroulent notamment à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, y compris dans des zones situées au-delà de la ligne militaire israélienne, sous contrôle effectif de l’armée d’occupation.

Sous la pression des médiateurs — notamment américains et égyptiens —, Israël a accepté l’entrée d’une équipe égyptienne sur son territoire, après avoir refusé, quelques jours plus tôt, celle d’une équipe turque composée de 80 secouristes.
Les autorités israéliennes affirment vouloir « récupérer les corps dans les plus brefs délais » et se disent prêtes à « coopérer techniquement » à cette fin.

Une situation humanitaire alarmante

Sur le terrain, la population palestinienne reste plongée dans une détresse extrême.
Malgré les promesses de la trêve, les flux d’aide demeurent dramatiquement faibles : moins de 600 camions humanitaires franchissent chaque jour les points de passage, bien en deçà des besoins minimaux pour plus de deux millions d’habitants.

« Les gens continuent de mourir de faim, faute de nourriture et de médicaments », rapporte Hind Khoudary, journaliste présente à Deir el-Balah, au centre de Gaza.
Beaucoup ont perdu leur maison et dorment dans les décombres, sans tente ni couverture.
Pendant ce temps, des biens destinés au secteur privé affluent sur les marchés, mais la plupart des Gazaouis n’ont plus d’argent pour les acheter, leurs économies ayant disparu pendant la guerre.

Des bombes non explosées, un danger invisible

Autre menace : les restes explosifs de guerre. Selon des médecins de l’hôpital al-Shifa, au moins 53 personnes ont été tuées et des centaines blessées par des bombes israéliennes non explosées laissées dans les zones résidentielles.
Les autorités estiment que 66 000 tonnes d’engins non détonés jonchent encore le territoire — un nettoyage qui pourrait prendre jusqu’à trente ans.

Les enfants sont particulièrement vulnérables. Deux jeunes frères de cinq et sept ans ont récemment été grièvement blessés en jouant près de leur ancienne maison détruite.
« Chaque retour vers le nord est une loterie mortelle », témoigne une urgentiste de Gaza City.

Les écoles encore fermées, les enfants en danger

L’UNICEF tente de préparer la reprise scolaire pour 650 000 enfants privés d’éducation depuis deux ans.
Son directeur régional, Edouard Beigbeder, insiste : « Le retour à l’école n’est pas seulement une question d’apprentissage, mais de reconstruction psychologique. Il représente un espoir et une stabilité pour les familles. »

L’organisation travaille à la mise en place d’écoles temporaires, combinant soutien psychologique, eau potable et protection de l’enfance.

De nouvelles tensions dans le sud de Gaza

Malgré la trêve signée le 11 octobre, des frappes israéliennes ponctuelles continuent.
Des drones ont bombardé Khan Younès et les environs de Gaza City, près de camps de déplacés. Israël affirme viser des groupes « planifiant des attaques », tandis que le Hamas dénonce des violations flagrantes du cessez-le-feu et accuse le Premier ministre Benyamin Netanyahou de vouloir saboter les efforts de paix menés par Washington.

Une paix fragile, un avenir incertain

Alors que les fouilles des corps se poursuivent et que les convois d’aide restent bloqués, la population gazaouie demeure dans l’attente : celle d’un répit durable, de la reconstruction et d’une reconnaissance de ses droits fondamentaux.

Comme le résume un responsable humanitaire sur place : « Gaza ne meurt pas seulement de faim. Elle meurt aussi du silence et de l’indifférence. »

les commentaire

Laisser une réponse à Binance
Annuler la réponse