Un parfum de rancune coloniale flotte dans l’air de l’Assemblée nationale française. À une voix près, les députés français ont adopté, jeudi, une proposition de résolution du Rassemblement national (RN) visant à remettre en cause les accords franco-algériens de 1968.
Un texte sans portée législative directe, mais lourd de symboles et de sous-entendus : derrière le vernis administratif, se dessine une offensive idéologique d’une France en quête de boucs émissaires, incapable d’assumer ses fractures internes et son passé colonial.
Un accord né de l’histoire, pas du hasard
Pour comprendre l’enjeu, il faut remonter aux origines. Avant 1968, il y eut 1962 — les accords d’Évian, qui mirent fin à la guerre d’Algérie et établirent une libre circulation entre les deux pays.
Six ans plus tard, les nouveaux accords de 1968, signés par Abdelaziz Bouteflika et Jean Basdevant, redéfinissent cette relation. Ils instaurent un régime spécifique pour les ressortissants algériens : liberté d’établissement, accès facilité à un titre de séjour de dix ans, regroupement familial, et reconnaissance d’un statut particulier dans le droit français.
Un texte qui, à l’époque, visait à encadrer une immigration de travail, tout en préservant les liens humains, culturels et économiques entre les deux rives.
Un régime d’exception devenu bouc émissaire
Cet accord, toujours en vigueur, confère aux Algériens un statut migratoire distinct — supérieur à la loi française, car de nature internationale. C’est ce ‘’privilège’’ juridique, pourtant conforme au droit, et qui n’a jamais été appliqué sur le terrain (les Algériens n’ont bénéficié d’aucune exception) que l’extrême droite dénonce aujourd’hui comme une “injustice” ou une “faille”.
Mais au fond, le débat dépasse la question migratoire : il touche à la mémoire, à la souveraineté et à la reconnaissance mutuelle entre deux nations liées par une histoire douloureuse.
L’obsession du RN pour cet accord n’a rien d’administratif. Elle relève d’une tentative de revanche symbolique. En s’attaquant au texte de 1968, le parti de Marine Le Pen cherche à effacer ce qu’il considère comme une “trace” de l’indépendance algérienne — une manière détournée de réécrire l’histoire en inversant les rôles de victime et de responsable.
Une “victoire” parlementaire entachée d’absences
Le vote de cette résolution, adoptée par 185 voix contre 184, est un événement inédit : le premier texte du RN voté dans l’Hémicycle.
Marine Le Pen s’en félicite aussitôt : “Une journée historique pour notre mouvement”, déclare-t-elle triomphalement devant les caméras.
Mais derrière la mise en scène, la réalité politique est moins glorieuse. Le texte n’aurait jamais été adopté sans l’absence stratégique de plusieurs députés de la majorité — notamment Gabriel Attal, ancien Premier ministre et président du groupe Renaissance, occupé à un forum sur le tourisme durable pendant le vote.
Une désertion qui a permis à la droite dure et à l’extrême droite, alliées pour l’occasion, de faire basculer le scrutin.
Les vieux démons d’une France en crise
Derrière les sourires de victoire du RN, c’est une fracture morale et politique qui s’élargit. En s’en prenant à un texte fondateur des relations franco-algériennes, la droite radicale réactive un imaginaire ancien : celui d’une France nostalgique de l’empire, obsédée par la figure de “l’étranger”. Cette posture est aussi une fuite en avant.
Incapables de résoudre les défis sociaux, économiques et identitaires qui minent leur société — chômage, inflation, précarité, crise de confiance — certains responsables français préfèrent accuser l’Algérie et les Algériens de leurs propres échecs.
La manœuvre est grossière : transformer une question diplomatique en symbole populiste, détourner la colère sociale vers l’ancien colonisé.
L’Algérie, cible politique et symbole d’indépendance
Cette offensive s’inscrit dans une longue tradition : celle des magouilles politiciennes qui cherchent à instrumentaliser la relation avec l’Algérie à des fins électorales.
Certains courants de la droite française n’ont toujours pas “avalé” l’indépendance algérienne.
L’Algérie souveraine, moderne et influente dérange encore ceux qui rêvent d’un rapport de subordination révolu. En s’attaquant à l’accord de 1968, le RN et ses alliés tentent de fragiliser une mémoire historique, de faire oublier la responsabilité coloniale et de détourner le regard des vrais problèmes de la France contemporaine.
Entre raison et rancune : deux voies pour l’avenir
Face à cette montée des discours hostiles, la réaction algérienne reste mesurée. Alger observe, sereine, une France en proie à ses contradictions. Car, contrairement à la rhétorique haineuse de certains élus et responsables français, l’Algérie n’est plus un pion diplomatique, mais un acteur régional majeur, un partenaire énergétique, un pays à la jeunesse brillante et aux ambitions scientifiques affirmées.
Le temps des tutelles est révolu. Ceux qui n’ont pas encore accepté cette évidence s’accrochent à une fiction : celle d’une France qui commande et d’une Algérie qui obéit. L’histoire, pourtant, a tranché depuis longtemps.
L’heure des vérités
En vérité, ce vote n’est pas un acte de souveraineté : c’est un aveu de faiblesse. Une France sûre d’elle n’aurait pas besoin de se battre contre un accord vieux de cinquante ans pour exister.
Une démocratie apaisée ne chercherait pas à réécrire l’histoire pour flatter les rancunes de ses extrêmes.
L’Algérie, elle, avance — consciente de son histoire, fière de son indépendance, tournée vers l’avenir.
Et tandis que certains politiciens français s’enferment dans les fantômes du passé, l’Algérie, elle, pense déjà le futur — celui de l’intelligence, de la science et de la coopération.
les commentaire
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