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Gaza : toujours sous les bombes malgré le cessez-le-feu

Par A.B.-- 08-Nov-2025 0

Malgré le cessez-le-feu conclu entre Israël et le Hamas, les bombardements israéliens continuent de frapper la bande de Gaza. Ces attaques surviennent alors que le mouvement armé palestinien du Jihad islamique a remis aux autorités israéliennes le corps d’un otage décédé, dans le cadre des échanges prévus par l’accord de trêve.

Sur le terrain, les destructions s’accumulent. À Jabalia, au nord de Gaza, des immeubles éventrés témoignent de la violence des raids aériens. Les habitants, épuisés par deux années de guerre, tentent de survivre au milieu des décombres.

Netanyahu visé par un mandat d’arrêt international

En parallèle, les procureurs turcs ont émis des mandats d’arrêt contre Benjamin Netanyahu et 36 hauts responsables israéliens, les accusant de génocide à Gaza. Ces poursuites symboliques renforcent la pression internationale sur Israël, alors que la communauté mondiale s’interroge sur la durabilité du cessez-le-feu et la nécessité d’un mécanisme de stabilisation.

Santé publique : Gaza au bord de la catastrophe environnementale

Lors du sommet climatique COP30 au Brésil, l’ambassadeur palestinien Ibrahim al-Zeben a alerté sur la situation sanitaire dramatique dans l’enclave : « Gaza subit les conséquences d’une guerre qui a fait près d’un quart de million de victimes et produit 61 millions de tonnes de gravats, dont une partie est contaminée par des substances toxiques », a-t-il déclaré.

Les réseaux d’eau et d’assainissement ayant été délibérément détruits, les nappes phréatiques et la côte sont gravement polluées. Les risques pour la santé publique explosent : épidémies, maladies hydriques, et famine menacent une population déjà affaiblie.

Les attaques israéliennes ont également ravagé les terres agricoles, plongeant Gaza dans une insécurité alimentaire extrême, où « la nourriture est devenue une arme de guerre », selon le diplomate.

Vers une Force internationale de stabilisation ?

Le cessez-le-feu négocié par les États-Unis prévoit la création d’une Force internationale de stabilisation (ISF) pour sécuriser la bande de Gaza. Cette force, appuyée par l’Égypte, le Qatar, l’Arabie saoudite, la Turquie et les Émirats arabes unis, serait chargée de :

  • protéger les civils et les convois humanitaires,

  • sécuriser les frontières avec Israël et l’Égypte,

  • aider à la reconstruction et à la démilitarisation du territoire,

  • superviser la remise des armes par les groupes armés non étatiques.

Mais plusieurs zones d’ombre demeurent : l’ISF opérera-t-elle sous mandat de l’ONU ? Qui déploiera les troupes au sol ? Et surtout, comment garantir la neutralité d’une mission dans un territoire encore en ruine ?

Échanges de corps et prisonniers : un processus douloureux

Le Comité international de la Croix-Rouge a remis à Gaza les corps de 15 prisonniers palestiniens, en échange de celui d’un soldat israélien, Lior Rudaeff, capturé lors de l’attaque du 7 octobre 2023.
Selon les termes de la trêve :

  • 28 dépouilles israéliennes doivent être restituées,

  • en échange de 360 corps de Palestiniens tués pendant la guerre.
    Hamas a expliqué que la recherche des corps restants était difficile en raison de l’ampleur des destructions et du manque d’équipement pour déblayer les ruines.

Violences en Cisjordanie et au Liban : la guerre s’étend

La trêve n’empêche pas la violence de se propager. En Cisjordanie, des colons israéliens ont attaqué des Palestiniens lors d’une récolte d’olives à Beita, près de Naplouse. Au moins sept personnes, dont trois journalistes et trois secouristes, ont été blessées, certaines grièvement.

Au sud du Liban, une attaque de drone israélienne a visé une voiture près de l’hôpital Salah Ghandour, faisant sept blessés. Israël affirme cibler des positions du Hezbollah, tandis que le mouvement chiite assure respecter le cessez-le-feu, mais refuse de désarmer tant que les troupes israéliennes occupent le sud du pays.

Une trêve fragile, un avenir incertain

Un mois après l’annonce du plan de paix américain, les habitants de Gaza rentrent dans des quartiers réduits en poussière. Les écoles servent de refuges, les hôpitaux manquent de tout, et la reconstruction paraît lointaine.

Malgré la signature d’un accord, les bombes continuent de tomber, rappelant que la paix reste encore un mirage. Entre désespoir et résilience, Gaza survit — au cœur d’un monde qui regarde, souvent impuissant, une tragédie sans fin.

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