L’Ukraine affirme avoir abattu la majorité des missiles et drones lancés par la Russie dans la nuit de dimanche à lundi. Selon l’armée de l’air ukrainienne, la Russie a tiré quatre missiles antinavires Tsirkon de la Crimée, un missile balistique Iskander-M de la région russe de Briansk, ainsi qu’un missile aérien guidé Kh-31P de la partie occupée de la région de Zaporijia. Moscou a également lancé 62 drones longue portée de type Shahed, Guerbera et Italmas. Environ 40 d’entre eux étaient des drones d’attaque à long rayon d’action, selon la même source.
Deux missiles Tsirkon et 52 drones avaient été abattus ou neutralisés, d’après des données préliminaires communiquées par l’armée. Les autorités ont signalé l’impact d’un missile et de neuf drones longue portée sur huit sites distincts, ainsi que la chute de débris sur deux autres sites.
Le nombre de victimes civiles ukrainiennes a bondi de 26 % en 2025, selon des chercheurs l’ONG Action on Armed Violence
Les pertes civiles en Ukraine dues aux bombardements ont augmenté de 26 % en 2025, reflétant une intensification des frappes russes contre les villes et les infrastructures, selon un rapport publié par l’ONG britannique Action on Armed Violence (AOAV), cité par le Guardian.
D’après cette organisation de suivi des conflits, 2 248 civils ont été tués et 12 493 blessés en Ukraine par ces attaques en 2025, sur la base de sources en langue anglaise. Le nombre moyen de victimes par attaque a également progressé, atteignant 4,8 morts ou blessés par frappe, soit 33 % de plus qu’en 2024.
L’attaque la plus meurtrière s’est produite le 24 juin à Dnipro, où des missiles russes ont touché un train de passagers, des immeubles d’habitation et des écoles, faisant 21 morts et 314 blessés, dont 38 enfants. Le directeur exécutif d’AOAV, Iain Overton, estime que ces chiffres illustrent « un effondrement plus large des règles de retenue » dans les conflits contemporains, affirmant que le respect du principe de proportionnalité en temps de guerre « s’est brisé ».
Les frappes de missiles et de drones ont eu lieu presque chaque nuit en Ukraine en 2025 et se sont poursuivies en 2026, privant des millions de personnes d’accès stable à l’électricité, au chauffage et à l’eau. Dans la nuit du 9 septembre, 805 drones et 13 missiles ont visé l’Ukraine, constituant le plus important raid aérien recensé depuis le début de la guerre, selon l’ONG.
L’année 2025 a été la « plus meurtrière » en Ukraine depuis la première année de l’invasion russe, en 2022, écrivait l’Organisation des Nations unies le 12 janvier. « Le nombre total de victimes civiles en Ukraine en 2025 a atteint au moins 2 514 morts et 12 142 blessés », en hausse de 31 % par rapport à 2024 et de 70 % comparativement à 2023, selon la mission de surveillance des droits humains des Nations unies en Ukraine (HRMMU).
A l’échelle mondiale, AOAV a recensé 45 358 victimes civiles en 2025, contre 61 353 l’année précédente, soit une baisse de 26 % après un pic sur dix ans en 2024. Cette diminution s’explique en grande partie par le cessez-le-feu survenu en octobre à Gaza, auparavant le conflit le plus meurtrier pour les civils. Selon l’ONG, 14 024 victimes civiles ont été recensées à Gaza en 2025, en baisse de 40 % par rapport à l’année précédente
Des infrastructures énergétiques endommagées dans la région russe de Belgorod
Le gouverneur de la région russe de Belgorod, Viatcheslav Gladkov, a fait état dimanche soir d’une attaque d’ampleur des forces ukrainiennes. « La ville de Belgorod et le district environnant ont subi une attaque de grande envergure des forces armées ukrainiennes », a écrit M. Gladkov sur Telegram, précisant que des installations énergétiques avaient été « considérablement endommagées ». « Les services d’urgence et les équipes opérationnelles évaluent l’ampleur des dégâts. Les informations sur les conséquences sont en cours de confirmation », a-t-il ajouté. Selon lui, l’attaque a fait un blessé.
Selon la chaîne Telegram locale Pepel Belgorod, une centrale thermique de la ville aurait été touchée par une frappe de missile. Une autre attaque aurait visé le poste électrique de Frounzenskaïa, d’après des informations préliminaires.
Dans la région russe voisine de Briansk, cinq municipalités ainsi que certaines parties de la ville de Briansk ont été privées de chauffage et d’électricité après des attaques contre des infrastructures énergétiques, selon le gouverneur.
Une délégation ukrainienne en route pour des négociations à Genève
Une délégation ukrainienne a pris la route de Genève pour un nouveau cycle de négociations avec des représentants des Etats-Unis et de la Russie, a annoncé Kyrylo Boudanov, chef du bureau du président ukrainien. « En route vers Genève. Le prochain cycle de négociations nous attend. (…) Les intérêts de l’Ukraine doivent être préservés », a écrit M. Boudanov sur le réseau social X, publiant une photo de lui et de ses collègues à proximité d’un train.
Selon Kiev, les discussions doivent se tenir les 17 et 18 février et porter notamment sur les modalités d’un éventuel cessez-le-feu et sur les mécanismes de contrôle de la cessation des hostilités.
Dans une allocution le 12 février, le président Volodymyr Zelensky a affirmé que l’Ukraine était prête à une nouvelle rencontre avec la délégation russe afin de progresser vers la fin de la guerre.
Un communiqué publié après des pourparlers trilatéraux à Abou Dhabi les 4 et 5 février avait fait savoir que les délégations américaine, ukrainienne et russe avaient discuté des moyens de mettre en œuvre un cessez-le-feu. A l’issue de ces discussions, Washington et Moscou étaient convenus de reprendre un dialogue militaire de haut niveau.
La délégation ukrainienne devrait notamment comprendre Rustem Umerov, secrétaire du Conseil de sécurité nationale et de défense, Andri Hnatov, chef d’état-major des forces armées, ainsi que plusieurs hauts responsables politiques et du renseignement.
Le Kremlin rejette les accusations d’empoisonnement de Navalny
Le Kremlin rejette comme « infondées » les accusations de cinq pays européens selon lesquelles l’opposant russe Alexeï Navalny est mort après avoir été empoisonné en prison par Moscou avec une « toxine rare » il y a deux ans jour pour jour.
« Naturellement, nous n’acceptons pas de telles accusations. Nous ne sommes pas d’accord avec ça. Nous les considérons comme biaisées et dénuées de fondement », a déclaré le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, lors de son briefing quotidien.
L’ex-ministre ukrainien de l’Energie arrêté pour corruption
L’ancien ministre de l’Energie ukrainien Guerman Galouchtchenko, arrêté dimanche alors qu’il tentait de quitter le pays, est soupçonné de blanchiment d’argent et de participation à une organisation criminelle, a annoncé lundi l’Agence anticorruption ukrainienne (NABU). L’Agence avait déjà annoncé dimanche l’arrestation de l’ex-ministre alors qu’il cherchait à quitter le pays.
Guerman Galouchtchenko fait partie des ministres qui ont démissionné en 2025 dans le cadre de l’affaire « Midas », un vaste scandale de corruption dans le secteur énergétique qui a ébranlé l’Ukraine.
Selon l’Agence, les membres de ce réseau ont mis en place un système de pots-de-vin estimés à 100 millions de dollars pour détourner des fonds, provoquant l’indignation publique alors que le pays était frappé par de nombreuses coupures de courant provoquées par les attaques russes.
En Ukraine, le blanchiment d’argent est passible de quinze ans de prison et la participation à une organisation criminelle de douze ans.
les commentaire