Trump affirme que le blocus américain des ports iraniens fonctionne et exhorte Téhéran à « capituler » dans un contexte de tensions.
Le président américain Donald Trump affirme que le blocus des ports iraniens lpar Washington est un succès, exhortant Téhéran à « capituler » alors que la pression s’accentue dans un bras de fer qui s’aggrave au sujet du détroit d’Ormuz.
L’Iran a fermement réagi, le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, qualifiant la campagne américaine d’inefficace, tandis que l’armée affirme que sa retenue jusqu’à présent visait à « donner une chance à la diplomatie ».
Parallèlement, les tensions dans le détroit d’Ormuz se répercutent sur les marchés mondiaux, faisant grimper les prix du pétrole au-dessus de 120 dollars le baril et propulsant les prix de l’essence aux États-Unis à leur plus haut niveau en quatre ans.
En Iran
- Le président du Parlement iranien minimise l’impact du blocus sur le pétrole : Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement, a déclaré qu’aucun puits de pétrole n’avait « explosé » sous le blocus américain, arguant que les mesures n’avaient fait qu’entraîner une hausse des prix mondiaux. Il a ajouté que les capacités de stockage iraniennes n’étaient pas saturées et a accusé les responsables américains, notamment le secrétaire au Trésor Scott Bessent, d’agir sur la base de « conseils erronés » concernant cette politique.
- Le blocus peut-il entraîner un arrêt de la production ? Les États-Unis affirment que la suspension des exportations finira par saturer les capacités de stockage iraniennes, forçant ainsi l’Iran à interrompre sa production. Cependant, les analystes estiment que les stocks restants ne permettraient de couvrir qu’une vingtaine de jours de production. Comme le souligne Muyu Xu, analyste principal du pétrole brut chez Kpler, toute réduction de la production devrait être progressive, avec une forte probabilité d’accélération en mai.
- « Comportement inapproprié » : De hauts responsables du football iranien ont quitté le Canada, co-organisateur de la Coupe du monde, avant le début du Congrès de la FIFA en raison d’un « comportement inapproprié » de la part des agents de l’immigration à l’aéroport de Toronto, ont rapporté les médias iraniens.
Diplomatie de guerre
- Entretiens Poutine-Trump : Le président russe Vladimir Poutine a mis en garde son homologue américain Donald Trump contre toute reprise des attaques contre l’Iran. Lors d’un entretien téléphonique entre les deux dirigeants, Poutine a déclaré que la décision de Trump de prolonger le cessez-le-feu était « la bonne », a indiqué à la presse, notamment à l’AFP, le conseiller du Kremlin, Iouri Ouchakov.
- Points de blocage dans les négociations américano-iraniennes : les deux parties restent divisées sur le programme nucléaire iranien et les stocks d’uranium, le blocus américain, le déblocage de 20 milliards de dollars d’avoirs iraniens et la demande de Téhéran de 270 milliards de dollars de réparations de guerre.
- Répercussions géopolitiques : l’OPEP serait en « état de crise » face au choc énergétique et au projet des Émirats arabes unis de quitter l’organisation. Trump envisage également une réduction des troupes américaines stationnées en Allemagne suite aux tensions avec Berlin.
Dans le golfe
- L’Iran condamne les dénonciations de nationalité bahreïnies : Téhéran affirme que Manama a violé les droits de 69 personnes déchues de leur nationalité pour avoir prétendument soutenu des attaques iraniennes. Le ministère bahreïni de l’Intérieur les a accusées de « collusion avec des entités étrangères », tandis que le ministère iranien des Affaires étrangères a qualifié cette mesure de « discriminatoire » et de tentative de détourner l’attention du soutien apporté aux actions américano-israéliennes.
Aux États-Unis
- Le coût de la guerre s’élève à 25 milliards de dollars jusqu’à présent : lors d’un échange houleux au Congrès, le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a été interrogé sur le coût de 60 jours de conflit et a répondu qu’il était estimé à moins de 25 milliards de dollars jusqu’à présent.
- Blocus prolongé : selon le Wall Street Journal, Trump a demandé aux responsables de la sécurité nationale de se préparer à un blocus prolongé des ports iraniens afin de contraindre Téhéran à abandonner son programme nucléaire.
- « Finie la gentillesse » : « L’Iran est incapable de se prendre en main. Ils ne savent pas signer un accord de non-nucléarisation. Ils feraient mieux de se ressaisir ! » a publié Trump sur sa plateforme Truth Social, accompagné d’une illustration le représentant tenant un fusil d’assaut, avec la légende « FINIE LA GENTILLESSE ! »
- Conséquences économiques du blocus : Washington affirme avoir saisi près de 500 millions de dollars d’actifs cryptographiques iraniens dans le cadre de l’« Opération Fureur économique », visant à accroître la pression. Parallèlement, les démocrates américains critiquent le coût de cette guerre, estimé à 25 milliards de dollars, et pointent du doigt la hausse des prix des carburants et des produits alimentaires pour les Américains.
Au Liban et à Gaza
- Cessez-le-feu au Liban : le président libanais Joseph Aoun a exhorté Israël à appliquer pleinement un cessez-le-feu avant d’entamer des pourparlers directs, après que des attaques israéliennes ont tué plus de 20 personnes ces deux derniers jours.
- La crise à Gaza s’aggrave : les forces israéliennes ont intercepté un convoi d’aide civile à destination de Gaza, dans ce qu’un attaché de presse a décrit comme un possible « enlèvement en haute mer », tandis que des Palestiniens continuent d’être tués dans la bande de Gaza malgré un fragile « cessez-le-feu ».
L’économie mondiale
- Le pétrole s’envole : les prix mondiaux du brut ont grimpé en flèche suite aux informations faisant état d’un possible blocus prolongé, le Brent dépassant les 119 dollars le baril pour atteindre son plus haut niveau depuis 2022 et le WTI, référence américaine, dépassant les 105 dollars.
- Des bénéfices records : le géant français des énergies fossiles TotalEnergies a annoncé une hausse de 51 % de son bénéfice net au premier trimestre, à 5,8 milliards de dollars, grâce à la hausse des prix du pétrole liée à la guerre en Iran.
- L’Asie durement touchée par la flambée des prix du pétrole : la région Asie-Pacifique, fortement dépendante du pétrole du Moyen-Orient, subit de plein fouet la hausse des prix du Brent, qui approche les 120 dollars le baril. La Banque asiatique de développement a revu à la baisse ses prévisions de croissance et relevé ses projections d’inflation, ce qui entraîne une augmentation des prix des carburants et des produits alimentaires pour des millions de personnes.
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