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85e jour de la guerre contre l’Iran : Téhéran affirme que d’importantes divergences persistent dans les négociations avec les États-Unis.

Par H.B.-- depuis 10 heures 0

Le chef d’état-major de l’armée pakistanaise, Asim Munir, arrive à Téhéran alors que les efforts de médiation pour parvenir à un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran s’intensifient.

Le puissant chef d’état-major de l’armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir, est arrivé à Téhéran vendredi, alors que les efforts diplomatiques visant à négocier un accord de paix entre l’Iran et les États-Unis s’intensifient. Les autorités pakistanaises joueraient un rôle de médiation croissant, tandis que les puissances régionales s’efforcent d’éviter un conflit plus large.

Cependant, les responsables iraniens ont tempéré les espoirs d’une percée rapide. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a déclaré que les divergences dans les pourparlers menés sous médiation entre Téhéran et Washington demeurent « profondes et importantes », indiquant que des obstacles majeurs persistent et empêchent la conclusion d’un accord formel.

Parallèlement, l’indignation grandit face au traitement infligé par Israël aux militants de la flottille d’aide à Gaza. Les organisateurs de la Flottille mondiale Sumud ont en effet déclaré qu’au moins 15 détenus avaient signalé des agressions sexuelles, dont des viols, après leur arrestation par les forces israéliennes en eaux internationales. Ces allégations viennent s’ajouter aux critiques internationales croissantes concernant la gestion par Israël des militants et détenus pro-palestiniens.

En Iran

  • Service de sécurité à Ormuz : l’Iran affirme que les droits et péages liés au transit par le détroit d’Ormuz font partie d’un « service de sécurité » fourni aux navires traversant cette voie maritime stratégique. Téhéran rejette les menaces d’escalade américaines et réaffirme son contrôle sur le détroit dans le cadre de ce qu’il qualifie de « nouvelle réalité ». Selon les autorités iraniennes, plus de 30 navires ont franchi le détroit d’Ormuz ces dernières 24 heures, en coordination avec la marine du Corps des gardiens de la révolution islamique.
  • Un cessez-le-feu « essentiel » : Un responsable iranien a déclaré que l’arrêt des hostilités « sur tous les fronts » est une condition nécessaire à toute future négociation avec les États-Unis, tout en soulignant qu’aucun accord définitif n’a encore été conclu malgré les efforts déployés pour aplanir les différends entre Téhéran et Washington. Cette source a ajouté qu’un climat diplomatique positif ne suffit pas à lui seul à garantir un accord.

Diplomatie de guerre

  • « Tournant décisif » : l’Iran a déclaré que les négociations diplomatiques intensives avec les États-Unis avaient atteint un stade « décisif ». Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a notamment évoqué la présence de hauts responsables pakistanais à Téhéran comme élément des efforts déployés pour parvenir à un accord de paix. Il a indiqué que l’Iran ne commenterait pas publiquement les détails des négociations nucléaires, les pourparlers précédents ayant « mené le pays à la guerre », tout en réaffirmant le droit de Téhéran à développer l’énergie nucléaire à des fins pacifiques.
  • Les sanctions ne sont pas une priorité : un responsable iranien affirme que la fin de la guerre, la levée du blocus américain et la garantie de la stabilité dans le détroit d’Ormuz demeurent les principales priorités de Téhéran dans les pourparlers de paix en cours, tout en soulignant que la levée des sanctions sur les exportations de pétrole et le déblocage des avoirs gelés ne sont « pas des détails pour nous ». Ce responsable a également salué le rôle du Qatar dans le soutien apporté aux efforts de médiation menés par le Pakistan.

  • L’ONU s’attaque au détroit d’Ormuz : la France a déposé une résolution au Conseil de sécurité des Nations Unies proposant la création d’une mission internationale pour rétablir la navigation dans ce détroit. Une proposition américano-bahreïnie concurrente se heurte à l’opposition de la Russie et de la Chine, qui ont laissé entendre qu’elles pourraient y opposer leur veto. Ce différend concernant le contrôle de cette voie maritime stratégique constitue un obstacle majeur aux efforts visant à mettre fin à la guerre israélo-américaine contre l’Iran, dans un contexte de hausse des prix du pétrole et de perturbations du trafic maritime.

Aux États-Unis

  • Les efforts diplomatiques se poursuivent : les États-Unis ont déclaré que des progrès avaient été réalisés dans les pourparlers avec l’Iran, malgré d’importantes divergences concernant le programme d’enrichissement d’uranium de Téhéran et le contrôle du détroit d’Ormuz. Le Pakistan et le Qatar intensifient leurs efforts de médiation à Téhéran, tandis que le secrétaire d’État Marco Rubio prévient que Washington dispose d’autres options en cas d’échec de la diplomatie.
  • La pression intérieure s’accentue : Jason Campbell, de l’Institut du Moyen-Orient, a déclaré que le président Donald Trump subit une pression croissante pour désamorcer la guerre avec l’Iran, alors que les prix du pétrole augmentent et que les élections de mi-mandat américaines approchent, malgré les affirmations de Trump selon lesquelles le conflit « sera bientôt terminé ». Campbell a ajouté que Téhéran estime pouvoir résister à une pression économique et sécuritaire prolongée, tandis que « le temps n’est pas un facteur neutre » pour la Maison-Blanche.

Au Liban et à Gaza

  • Sanctions américaines au Liban : Washington a imposé des sanctions à neuf personnes au Liban, dont deux officiers militaires accusés de liens avec le Hezbollah, alors même que les États-Unis continuent de jouer un rôle de médiateur dans les pourparlers entre responsables libanais et israéliens.
  • Frappes meurtrières au Liban : des attaques israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 11 morts, dont plusieurs personnels soignants et ambulanciers, dans le cadre des dernières violences qui mettent à l’épreuve le fragile cessez-le-feu négocié par les États-Unis entre Israël et le Liban. Les frappes ont touché plusieurs localités du district de Tyr, notamment Deir Qanoun en-Nahr, Hannaouiyah et Nabatieh. Israël affirme qu’il continuera de cibler le Hezbollah malgré la trêve.
  • L’économie libanaise mise à rude épreuve par la guerre : des chefs d’entreprise libanais affirment que les conflits impliquant Israël, le Hezbollah et l’Iran aggravent la crise économique du pays. La hausse des prix du carburant et des fournitures alimente l’inflation et fragilise les moyens de subsistance. À Beyrouth, le coiffeur Mario Habib explique que l’envolée des prix des générateurs, de l’essence et des produits a réduit son chiffre d’affaires, tandis que les économistes préviennent que la fragile reprise économique du Liban pourrait s’enrayer si le conflit se poursuit.

  • Le Hamas accuse Israël de chercher à déplacer les Palestiniens : Osama Hamdan, haut responsable du Hamas, a déclaré que la guerre d’Israël contre Gaza visait à « mettre fin à la présence palestinienne » sur le territoire plutôt qu’à simplement l’occuper, rejetant les appels au désarmement du Hamas et avertissant que les Palestiniens continueraient de résister à ce qu’il a décrit comme des efforts pour les chasser de leurs terres.

 

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