En pleine attaque iranienne, le vrai visage de l’occupant sioniste se dévoile et une ligne de fracture intérieure ressurgit : celle d’un État qui protège une partie de sa population et en exclut une autre. Une nuit d’alerte a suffi à révéler la profondeur des inégalités dont souffrent les citoyens palestiniens sous l’occupant.
Depuis le 13 avril dernier, Israël vit des nuits de sidération. Des centaines de drones et missiles iraniens ont foncé droit sur le territoire, déclenchant les sirènes d’alerte dans tout le pays. Dans les villes, les villages, les rues et les immeubles, des familles se sont précipitées vers les abris antiaériens. Tous savaient qu’ils avaient parfois moins d’une minute pour se mettre à l’abri.
Mais pour de nombreux Palestinien, cette nuit a tourné au cauchemar. Serrant la main de leurs enfants ils courent jusqu’au refuge de son immeuble. Mais au seuil, un voisin juif, entendant leur conversation en arabe, leur bloque le passage. Il lui jette une phrase sèche : « Pas pour toi. » Puis il ferme la porte.
Les deux millions de Palestiniens ‘’citoyens d’Israël’’, découvre que l’accès à la sécurité n’est pas le même pour tous, même quand les bombes pleuvent du ciel. Une exclusion brutale, vécue en pleine attaque, qui symbolise une réalité bien plus ancienne : une ‘’citoyenneté’’ sous condition.
Une citoyenneté de seconde zone
Depuis 1948, les Palestiniens d’Israël – parfois appelés « Arabes israéliens » – vivent un paradoxe douloureux : ils ont la nationalité, paient des impôts, votent aux élections… mais leur loyauté est constamment remise en question, et leurs droits bafoués.
Selon Adalah, le principal centre juridique arabe en Israël, plus de 65 lois discriminent les citoyens palestiniens, de manière directe ou indirecte. La plus emblématique, la loi fondamentale sur « l’État-nation du peuple juif » (2018), affirme qu’Israël est exclusivement l’État du peuple juif, reléguant les autres à un statut de résidents tolérés, mais jamais pleinement intégrés.
L’abri antiaérien : un luxe inégalement réparti
En Israël, l’État a investi massivement dans les infrastructures de défense civile, notamment les abris. Mais la répartition est loin d’être équitable. D’après un rapport du Contrôleur de l’État israélien (2022), 70 % des logements dans les villes palestiniennes ne disposent d’aucun abri conforme, contre 25 % dans les localités juives. Une inégalité qui reflète des décennies de désengagement budgétaire dans les zones arabes.
D’autres familles ont tenté de fuir leurs habitations vétustes sans pièce sécurisée ou abri au sous-sol, pour rejoindre un quartier moderne. Là, les portes des abris étaient verrouillées. « On nous a dit que c’était réservé aux résidents juifs des nouveaux immeubles », raconte Mahmoud, un père de famille et employé de l’administration locale. Sa mère, souffrant de problèmes articulaires, ne pouvait courir.
« On frappait, on suppliait. Les gens nous regardaient à travers les judas… puis tournaient le dos. »
Invisibles, même en danger de mort
À Haïfa, d’autres familles palestiniennes, ont connu la même exclusion. À peine l’alerte déclenchée, il court vers un abri proche de leur quartier. Il frappe, parle hébreu, crie. Personne n’ouvre. Quelques minutes plus tard, un missile tombe à proximité, soufflant les vitres. « J’ai cru mourir. Je me suis recroquevillé derrière une voiture. Quand les gens sont sortis du refuge, j’étais toujours là, figé. Invisible. », explique amèrement une jeune fille, étudiante en droit de 25 ans.
Ces récits ne sont pas isolés. Ils dessinent une réalité systémique : en temps de guerre, les citoyens palestiniens deviennent encore plus vulnérables.
Non seulement exclus des protections physiques, mais aussi surveillés, arrêtés, censurés. Un émoji, un mot sur WhatsApp peuvent conduire à une garde à vue. Pendant ce temps, les milices juives organisées sur Telegram peuvent appeler à la violence sans intervention.
Le dilemme : fuir ou rester ?
Face à cette réalité, beaucoup envisagent désormais l’exil temporaire. Après avoir vu les missiles tomber près de chez soi, des palestiniens ont quitté temporairement leurs logements pour rejoindre des parents dans un des villages arabes. Mais pour beaucoup d’autres, résistent et restent chez eux sous la menace des bombes et la pression des colons.
Quelques chiffres clés :
2 millions de Palestiniens sont citoyens israéliens (soit 21 % de la population).
70 % des habitations dans les localités palestiniennes n’ont pas d’abri antiaérien conforme.
Plus de 65 lois israéliennes discriminent directement ou indirectement les citoyens arabes.
Lors des précédentes guerres (2021, 2014), de nombreux cas similaires d’exclusion des abris ont été documentés.
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