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Accident ferroviaire en Espagne : le bilan s’alourdit à 41 morts, le pays plongé dans le deuil

Par S.B.-- 20-Jan-2026 0

L’Espagne est sous le choc après la catastrophe ferroviaire survenue dimanche dans la province de Cordoue, en Andalousie. La découverte d’un 41ᵉ corps, mardi matin, a alourdi un bilan humain déjà dramatique, tandis que les autorités ont décrété trois jours de deuil national. L’enquête progresse lentement, sur fond de lourdes perturbations du trafic et de nombreuses zones d’ombre quant aux causes exactes de l’accident.

Un nouveau corps retrouvé, un bilan encore provisoire

Selon l’agence de presse espagnole EFE, les secours ont découvert mardi un 41ᵉ corps coincé sous l’une des voitures du train Iryo, qui avait déraillé avant d’entrer en collision avec un train Alvia de la Renfe. Si ce décès a depuis été officiellement confirmé par le gouvernement andalou, les autorités soulignent que le bilan pourrait encore évoluer.

À ce stade, 37 corps ont été transférés à l’institut médico-légal de Cordoue. Trois autres victimes ont été localisées mais restent prisonnières d’un amas de métal formé par les voitures les plus endommagées du train Alvia, tandis qu’un dernier corps se trouvait sous une rame du train Iryo. Par ailleurs, 41 personnes sont toujours portées disparues, même si certaines pourraient déjà figurer parmi les victimes non encore identifiées.

Des blessés encore hospitalisés, dont plusieurs en soins intensifs

Le nombre de blessés s’élève à 122. Trente-neuf personnes demeurent hospitalisées, dont treize en soins intensifs, parmi lesquelles figure un enfant. Selon les autorités régionales, leur pronostic vital ne serait toutefois pas engagé. En revanche, 83 blessés ont pu regagner leur domicile après avoir reçu des soins.

Une collision désormais privilégiée par les enquêteurs

Dans les heures qui ont suivi l’accident, deux hypothèses étaient envisagées par les enquêteurs, dont l’une excluait une collision. Désormais, la piste d’un choc entre les deux trains est largement privilégiée, même si elle doit encore être formellement confirmée.

Le ministre des Transports, Óscar Puente, a qualifié l’accident « d’étrange », estimant que « quelque chose d’exceptionnel a dû se produire ». Les premiers éléments recueillis par la Commission d’enquête sur les accidents ferroviaires (CIAF) évoquent notamment la rupture d’un tronçon de voie. Toutefois, les enquêteurs ne savent pas encore si cette rupture est la cause ou la conséquence du déraillement initial du train Iryo.

La CIAF a demandé à l’Adif, gestionnaire des infrastructures ferroviaires, de transmettre les enregistrements de circulation des deux jours précédant l’accident, ainsi que les données techniques d’autres trains ayant emprunté le même tronçon dans les heures précédentes.

Des scènes de destruction impressionnantes

Sur place, l’ampleur des dégâts complique le travail des secours. Le président de la région andalouse, Juanma Moreno, a décrit certaines voitures du train Alvia comme « une masse de fer ». Deux wagons ont basculé en contrebas de la voie, nécessitant l’intervention de grues spécialisées pour être relevés. Les autorités craignent d’y découvrir de nouvelles victimes.

Selon la télévision publique RTVE, de nombreux passagers du train Alvia étaient de jeunes candidats revenant d’un concours d’agents pénitentiaires organisé à Madrid, ce qui renforce l’émotion suscitée par la tragédie.

Trafic ferroviaire fortement perturbé jusqu’à début février

La ligne à grande vitesse reliant Madrid à Séville et Malaga restera coupée au niveau de la commune d’Adamuz au moins jusqu’au 2 février. Ce délai est jugé nécessaire pour retirer les trains accidentés, mener les investigations techniques et réparer environ 400 mètres de voies endommagées.

En attendant, les compagnies aériennes Iberia et Air Europa ont annoncé l’ajout de vols quotidiens vers ces destinations. La Renfe a, de son côté, mis en place des solutions de transport alternatives combinant trains et bus.

Trois jours de deuil national et une promesse de transparence

Lundi soir, le Premier ministre Pedro Sánchez s’est rendu à Adamuz, où il a promis « une transparence absolue » et « la vérité » sur les causes de l’accident. Il a également décrété trois jours de deuil national, entamés à minuit et qui se prolongeront jusqu’à jeudi.

Un premier rapport préliminaire sur les circonstances du drame est attendu dans un délai de deux à trois mois, tandis que le rapport définitif pourrait nécessiter jusqu’à un an. D’ici là, l’Espagne reste suspendue aux conclusions d’une enquête cruciale, dans l’espoir de comprendre les causes de l’une des pires catastrophes ferroviaires de son histoire récente.

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