Médecin néphrologue et fondatrice du magazine ‘’Ma Santé, Ma Vie’’, Dr Souad Brahimi incarne une nouvelle génération de femmes médecins algériennes : soignante passionnée, communicatrice engagée, vulgarisatrice talentueuse. Entre médecine, rédaction et formation, elle conjugue rigueur scientifique et humanité. Portrait d’une femme qui a choisi de mettre son savoir au service de tous.
PIA : Pourquoi avez-vous choisi la médecine ?
Dr Souad Brahimi : Par vocation, tout simplement. Depuis mon plus jeune âge, je savais que je voulais soigner. C’était une évidence, comme une seconde nature. Je me sens fondamentalement soignante. La médecine n’est pas seulement un métier pour moi, c’est une identité, une manière d’exister au service des autres.
Être une femme a-t-il changé quelque chose dans votre parcours ?
Aujourd’hui, exercer la médecine en tant que femme n’a plus rien à voir avec ce que cela pouvait représenter il y a quelques décennies. Les mentalités ont évolué et les portes se sont ouvertes.
Dans mon cas personnel, cela n’a rien changé à mon parcours. J’ai toujours fait mes choix en toute liberté, sans me laisser enfermer dans des préjugés ou des barrières liées au genre. Les seules limites qui existent, ce sont celles que l’on peut s’imposer soi-même. Je crois profondément que la détermination et la passion transcendent les stéréotypes.
Comment est né votre engagement dans le journalisme spécialisé en santé ?
Il est né d’un constat : la santé ne doit pas rester confinée dans les cabinets médicaux ou les congrès scientifiques. Les citoyens ont le droit de comprendre, d’accéder à une information claire, fiable et adaptée à leur quotidien.
C’est cette conviction qui m’a poussée à fonder en 2019 ‘’Ma Santé, Ma Vie’’, le premier magazine algérien entièrement dédié à la santé et au bien-être. C’est un espace d’échange, d’éducation et de prévention. Avec mon équipe – médecins, pharmaciens, biologistes, psychologues, journalistes – nous abordons tous les sujets, sans tabou, du cancer à la contraception, de la santé mentale aux maladies chroniques.
Mon rôle n’est pas seulement de soigner mais aussi de vulgariser, d’éclairer, de rendre la science accessible. Dans chaque numéro, nous cherchons à traduire la complexité médicale en conseils concrets, tout en tenant compte de notre contexte socioculturel.
Quelle est la particularité de ce magazine par rapport aux autres initiatives en santé ?
Ce qui distingue ‘’Ma Santé, Ma Vie’’, c’est son interactivité. Nos lecteurs ne sont pas de simples consommateurs d’articles : ils participent, posent leurs questions, partagent leurs expériences. Cette dynamique a créé une véritable communauté.
En plus de l’information, il y a une dimension artistique qui me tient à cœur. Chaque édition est pensée comme une œuvre en soi : le choix des thèmes, la mise en page, les illustrations, les couleurs… Tout reflète une vision à la fois scientifique, humaine et esthétique. Je crois que la santé, c’est aussi une question d’harmonie et de beauté.
Quelle est la différence entre *Ma Santé, Ma Vie* et les autres revues de santé qui l’ont précédée ?
La différence est notable. Il y a eu, à ma connaissance, quelques tentatives par le passé,. Mais Ma Santé, Ma Vie s’est démarquée d’emblée par sa capacité à réunir une équipe pluridisciplinaire, chose qui n’avait jamais existé auparavant dans une revue de santé en Algérie.
Nous avons réussi à rassembler un staff varié : des journalistes spécialisés, des rédacteurs, des médecins généralistes et spécialistes, mais aussi des psychologues, psychiatres, podologues, biologistes, chercheurs universitaires, sans oublier des artistes et illustrateurs médicaux. Parmi eux, des professeurs reconnus, comme Pr Bittam, Pr Touati, Pr Chinar, Pr Guissous, ou encore des docteurs en médecine de tous les horizons et spécialités. Cette richesse humaine donne une profondeur particulière à nos contenus.
En plus de notre équipe fixe, nous accueillons régulièrement des contributions de chefs de service hospitaliers, de directeurs de cliniques, de PDG du secteur médical, de la recherches, de l’associatifs qui partagent leurs expertises et leurs expériences. Ce mélange entre praticiens, chercheurs, rédacteurs et communicants crée un magazine vivant, à la fois rigoureux sur le plan scientifique et accessible au grand public.
Qu’est-ce qui, selon vous, a permis ce succès ?
Tout d’abord, l’idée. À ses débuts, Ma Santé, Ma Vie n’était qu’un projet audacieux. Mais après trois, quatre, cinq numéros, d’autres professionnels ont rejoint l’aventure. Ils y ont cru, non seulement au magazine, mais aussi à sa mission : l’éducation sanitaire de masse et la vulgarisation médicale.
Ensuite, la conviction partagée que le citoyen doit être acteur de sa santé. Nous ne nous adressons pas uniquement aux professionnels, mais à toute personne concernée par la prévention, la compréhension des pathologies, et les enjeux de santé publique. Le patient, le lecteur, devient un acteur à part entière du système de santé.
Donc ?
Ce qui distingue Ma Santé, Ma Vie, c’est sa dimension collective et sa diversité. Là où d’autres magazines reposaient sur une équipe réduite ou une approche classique, nous avons réussi à fédérer un large panel de compétences et de sensibilités. Cela rend notre contenu unique, vivant, et ancré dans la réalité. C’est un projet qui n’appartient pas seulement à une personne ou à une équipe, mais à tous ceux qui croient en la nécessité de rendre la médecine plus accessible et plus humaine.
Votre définition d’une femme médecin, aujourd’hui ?
Être une femme médecin, c’est conjuguer la rigueur scientifique avec la sensibilité humaine. Nous avons, je crois, une grande capacité d’écoute et une attention particulière au vécu des patients. Mais cela demande aussi un sens aigu de l’organisation, de la gestion et de l’équilibre entre vie personnelle et professionnelle.
Aujourd’hui, les femmes représentent une force essentielle dans le monde médical. Elles sont passionnées, compétentes, innovantes. Et surtout, elles n’ont plus à se demander si elles en sont capables : elles le sont déjà.
Un conseil aux nouvelles générations de femmes médecins ?
Je leur dirais : foncez, osez, ne doutez pas. Les études sont longues, exigeantes, parfois épuisantes, mais elles en valent infiniment la peine. La médecine est un chemin de passion et de persévérance. Elle demande beaucoup, mais elle donne encore plus.
Je crois aussi que notre rôle dépasse l’hôpital : il s’étend à l’éducation, à la prévention, à la sensibilisation. C’est ainsi que l’on bâtit un système de santé plus humain et plus proche des citoyens.
les commentaire
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