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Canicule : vous buvez mais vous urinez peu ? Le signe dans vos urines qui doit vous alerter

Par Dr Imad BOUARISSA-- depuis 1 heure 0

En période de canicule, il est fréquent de constater que l’on urine moins, même lorsque l’on boit régulièrement. Ce phénomène, souvent source d’inquiétude, est en réalité une réponse physiologique normale de l’organisme face aux fortes chaleurs. Mais lorsque les urines deviennent rares, très foncées ou que d’autres symptômes apparaissent, cela peut traduire une déshydratation nécessitant une vigilance particulière.

Pourquoi urine-t-on moins lorsqu’il fait très chaud ? Quels sont les risques pour la santé ? Quels signes doivent alerter ?

Pourquoi urine-t-on moins pendant une canicule ?

Lorsque les températures grimpent, l’organisme met tout en œuvre pour maintenir sa température interne autour de 37 °C.

Ce rôle est assuré par l’hypothalamus, véritable thermostat du cerveau, qui active plusieurs mécanismes de thermorégulation. Le plus efficace est la transpiration.

En s’évaporant à la surface de la peau, la sueur permet d’évacuer l’excès de chaleur et de refroidir le corps.

Pour produire cette transpiration, l’organisme mobilise une grande partie de son eau. Il réduit alors la quantité d’eau éliminée par les reins.

 « L’eau que l’on consomme va servir à refroidir nos tissus. Quand il fait très chaud, on va davantage évacuer notre eau par la peau plutôt que par les urines. Donc on va moins uriner. »

Il est donc normal que le volume des urines diminue légèrement pendant les fortes chaleurs, à condition que l’organisme reste correctement hydraté.

Pourquoi faut-il boire davantage ?

La transpiration entraîne des pertes importantes en eau, mais également en sels minéraux comme le sodium, le potassium et le chlorure.

Si ces pertes ne sont pas compensées, une déshydratation peut rapidement s’installer.

Les autorités sanitaires recommandent de boire régulièrement tout au long de la journée, sans attendre la sensation de soif, qui apparaît souvent lorsque la déshydratation est déjà débutante.

Les besoins varient selon plusieurs facteurs :

  • la température extérieure ;
  • l’humidité de l’air ;
  • l’activité physique ;
  • l’âge ;
  • certaines maladies chroniques ;
  • la prise de médicaments.

Des urines trop concentrées favorisent les infections

Lorsque l’on boit insuffisamment, les reins concentrent davantage les urines afin d’économiser l’eau.

Les déchets normalement éliminés deviennent alors beaucoup plus concentrés.

Chez les femmes, cette situation augmente le risque d’infection urinaire.

L’urètre féminin étant court et situé à proximité de l’anus, des bactéries intestinales peuvent remonter naturellement vers la vessie. En temps normal, elles sont éliminées grâce au flux urinaire.

En revanche, lorsque les mictions deviennent peu fréquentes, ces germes restent plus longtemps dans la vessie, favorisant leur multiplication.

Le risque de cystite augmente alors sensiblement.

Les hommes sont davantage exposés aux calculs rénaux

Chez les hommes, la principale complication est la formation de calculs urinaires.

Les reins filtrent naturellement différentes substances présentes dans le sang, notamment :

  • le calcium ;
  • l’oxalate ;
  • le phosphate ;
  • l’acide urique.

Lorsque les urines sont trop concentrées, ces substances peuvent cristalliser.

De minuscules cristaux apparaissent progressivement, puis s’agrègent jusqu’à former un calcul rénal.

Ces calculs peuvent ensuite migrer dans les voies urinaires et provoquer une colique néphrétique, caractérisée par une douleur extrêmement intense.

Le meilleur indicateur : la couleur des urines

Il n’est pas toujours facile de savoir si l’on boit suffisamment.

Selon les spécialistes, la quantité d’eau consommée n’est pas le meilleur repère, car les besoins diffèrent d’une personne à l’autre.

En revanche, deux indicateurs simples permettent d’évaluer son niveau d’hydratation.

  1. La fréquence des mictions

Une personne correctement hydratée urine généralement toutes les 3 à 4 heures environ au cours de la journée.

Des mictions beaucoup plus espacées peuvent traduire un apport hydrique insuffisant, surtout en période de forte chaleur.

  1. La couleur des urines

La couleur des urines constitue un excellent indicateur.

Des urines :

  • très claires ou jaune pâle traduisent généralement une bonne hydratation ;
  • jaune foncé, ambrées ou orangées indiquent souvent que les urines sont très concentrées.

Dans ce cas, il est conseillé de boire rapidement de l’eau.

Quels signes doivent alerter ?

Une diminution modérée des urines est normale pendant une canicule.

En revanche, certains symptômes nécessitent une consultation médicale rapide :

  • impossibilité d’uriner malgré l’envie ;
  • urines très foncées persistantes malgré une bonne hydratation ;
  • présence de sang dans les urines ;
  • douleurs importantes au niveau des reins ou du bas du dos ;
  • brûlures urinaires ;
  • fièvre associée à des troubles urinaires ;
  • confusion, somnolence ou malaise ;
  • vertiges importants ;
  • diminution importante du volume des urines pendant plusieurs heures.

Ces signes peuvent évoquer une déshydratation sévère, une infection urinaire, une obstruction des voies urinaires ou un coup de chaleur.

Comment rester correctement hydraté pendant la canicule ?

Les professionnels de santé recommandent plusieurs mesures simples :

  • boire régulièrement sans attendre d’avoir soif ;
  • privilégier l’eau comme boisson principale ;
  • augmenter les apports lors d’une activité physique ou d’une exposition prolongée au soleil ;
  • consommer des aliments riches en eau comme le melon, la pastèque, le concombre ou les tomates ;
  • limiter les boissons alcoolisées qui favorisent la déshydratation ;
  • éviter les efforts physiques pendant les heures les plus chaudes ;
  • rester autant que possible dans des endroits frais et ventilés.

Les personnes âgées, les enfants, les femmes enceintes et les personnes atteintes de maladies rénales, cardiovasculaires ou diabétiques doivent être particulièrement vigilants.

Les recommandations médicales

Les urologues rappellent que l’objectif n’est pas de boire une quantité fixe d’eau, mais de maintenir une hydratation adaptée à ses besoins.

Pendant les épisodes de fortes chaleurs, il est conseillé de :

  • surveiller régulièrement la couleur de ses urines ;
  • uriner environ toutes les 3 à 4 heures ;
  • ne jamais attendre la sensation de soif pour boire ;
  • consulter rapidement en cas de brûlures urinaires, de douleurs lombaires ou de diminution importante des urines.

À savoir

Les reins filtrent chaque jour près de 180 litres de liquide, mais plus de 99 % de cette eau est réabsorbée par l’organisme. Au final, un adulte élimine en moyenne 1,5 à 2 litres d’urine par jour. Lors d’une canicule, cette quantité diminue naturellement afin de préserver les réserves d’eau, mais des urines très foncées, peu abondantes ou une absence prolongée de miction doivent toujours inciter à renforcer l’hydratation et, si besoin, à consulter un professionnel de santé.

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