La guerre opposant l’Iran aux États-Unis et à l’entité sioniste est entrée dans son douzième jour, alors que les combats s’intensifient sur plusieurs fronts au Moyen-Orient. Téhéran affirme que près de 10 000 sites civils ont été bombardés depuis le début de l’offensive le 28 février et que plus de 1 300 civils ont été tués. Dans la nuit de mardi à mercredi, de nouvelles frappes ont visé des cibles iraniennes, dont l’aéroport Mehrabad de Téhéran, tandis que l’Iran poursuivait ses attaques de représailles contre l’entité sioniste et contre des intérêts américains dans la région du Golfe.
La situation militaire s’accompagne d’une hausse des prix mondiaux de l’énergie et d’une pression politique croissante à Washington. Des parlementaires américains réclament des auditions publiques pour clarifier les objectifs et la stratégie de l’administration, alors que les pertes parmi les soldats américains augmentent et que certaines frappes contre des civils font l’objet d’enquêtes.
Bilan et situation en Iran
Selon les autorités iraniennes, les forces américaines et sionistes ont bombardé près de 10 000 sites civils depuis le début du conflit, provoquant plus de 1 300 morts parmi la population. L’ambassadeur iranien auprès de l’ONU, Amir Saeid Iravani, accuse Washington et Tel-Aviv d’avoir délibérément ciblé des infrastructures civiles, notamment des habitations et des établissements de santé.
Dans la nuit, de puissantes explosions ont été signalées dans un quartier résidentiel du centre de Téhéran à la suite d’une vague massive de frappes aériennes israéliennes. Le Croissant-Rouge iranien indique qu’un immeuble d’habitation a été touché et que les équipes de secours recherchent encore d’éventuelles victimes sous les décombres.
En riposte, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) affirme avoir lancé une 37e vague d’attaques, tirant des missiles super-lourds « Khoramshahr » lors de barrages à plusieurs niveaux qui ont duré plus de trois heures. Les frappes ont visé des sites israéliens, notamment Tel-Aviv, Haïfa et Jérusalem-Ouest, mais aussi des bases américaines à Erbil, en Irak, ainsi qu’à Manama et Bahreïn.
Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, avait averti que mardi serait la journée la plus intense de l’offensive. Au moins huit quartiers de la capitale iranienne ont été touchés et d’importantes explosions ont été entendues dans la ville, tandis que d’autres zones du pays ont également été visées. Le porte-parole des forces armées iraniennes, Abolfazl Shekarchi, a déclaré que l’Iran répondrait aux frappes visant des zones résidentielles.
Par ailleurs, le chef de la police iranienne, Ahmad-Reza Radan, a averti que toute personne soutenant les ennemis du pays ne serait plus considérée comme manifestante mais comme « ennemie ».
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a également alerté sur les risques sanitaires liés à des « pluies noires » toxiques observées après les bombardements de dépôts de carburant iraniens. La fumée dense provenant des incendies d’installations pétrolières, notamment à Téhéran, s’est mêlée aux nuages de pluie, produisant des précipitations contaminées chargées de polluants.
Tensions dans les pays du Golfe
Le conflit s’étend à plusieurs États du Golfe, qui font face à des attaques de drones et de missiles.
En Arabie saoudite, les forces de défense affirment avoir intercepté plusieurs vagues de drones et de missiles balistiques iraniens visant la région orientale du royaume ainsi que la base aérienne Prince Sultan.
Au Qatar, le ministère de la Défense a annoncé avoir intercepté une nouvelle attaque de missile contre l’émirat. Doha a ensuite émis une alerte de niveau « élevé », demandant aux habitants de rester chez eux.
Les Émirats arabes unis ont indiqué que leur défense aérienne avait intercepté 26 drones iraniens mardi, dont neuf sont tombés sur leur territoire. À Bahreïn, quatre fortes détonations ont été entendues après le déclenchement des sirènes d’urgence, selon l’agence Reuters.
Face à ces attaques, le secrétaire d’État américain Marco Rubio s’est entretenu avec le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan Al Saud, afin de renforcer la coordination défensive du royaume.
Sur le plan diplomatique, le ministre d’État qatari aux Affaires étrangères, Mohammed ben Abdelaziz al-Khulaifi, a appelé à une désescalade et à la reprise de négociations entre l’Iran et les États-Unis.
Dans le secteur énergétique, l’une des plus grandes raffineries de pétrole au monde, l’installation de Ruwais aux Émirats arabes unis, a suspendu ses opérations par précaution après une attaque de drone. Par ailleurs, les Gardiens de la révolution iraniens affirment avoir tiré au moins deux missiles contre une base américaine au Koweït, une information qui n’a pas encore été confirmée par les autorités koweïtiennes.
Dans le détroit d’Ormuz et près de Dubaï, deux navires – un vraquier et un cargo – ont également été touchés par des projectiles non identifiés, selon les opérations de commerce maritime du Royaume-Uni. Les forces iraniennes ont par ailleurs menacé de cibler des « centres économiques et des banques » liés à des entités américaines et israéliennes dans la région.
Réactions et situation aux États-Unis
À Washington, les critiques se multiplient au Congrès après des réunions d’information confidentielles jugées insuffisantes. Des sénateurs démocrates demandent désormais des auditions publiques afin d’obtenir des clarifications sur les objectifs et la durée de la guerre.
Le Pentagone a confirmé que l’opération baptisée « Epic Fury » a fait environ 140 blessés et sept morts parmi les militaires américains depuis son lancement.
La Maison Blanche a déclaré que les États-Unis avaient frappé plus de 5 000 cibles en Iran, principalement liées aux programmes de missiles et au programme nucléaire. La porte-parole Karoline Leavitt a toutefois indiqué qu’une enquête militaire était en cours sur une frappe ayant touché une école de filles iranienne et tué environ 175 élèves. L’administration américaine affirme qu’elle acceptera les conclusions de l’enquête, alors que des images suggèrent qu’un missile américain pourrait être impliqué.
Dans le même temps, le Commandement central américain a annoncé la destruction de 16 navires iraniens poseurs de mines inactifs près du détroit d’Ormuz. Plus de 43 000 citoyens américains ont également été évacués du Moyen-Orient par des vols commerciaux et des avions affrétés par le Département d’État.
Situation en territoire occupé
Selon les médias sionistes, les systèmes de défense ont intercepté tous les missiles iraniens tirés en direction du pays, bien que les sirènes d’alerte aient retenti à Tel-Aviv et dans plusieurs régions du centre.
Par ailleurs, le site américain Axios rapporte que Washington aurait exprimé son mécontentement face aux frappes israéliennes contre des installations énergétiques iraniennes, demandant à Israël de ne plus mener ce type d’attaque sans l’accord préalable des États-Unis. Cette information n’a toutefois pas pu être confirmée de manière indépendante.
Les autorités sionistes de cybersécurité ont également signalé des dizaines d’intrusions attribuées à l’Iran dans des systèmes de caméras de sécurité depuis le début du conflit, appelant la population à renforcer la protection de leurs appareils.
L’envoyé spécial américain Steve Witkoff devrait se rendre en Israël la semaine prochaine afin de coordonner la campagne militaire en cours.
Extension du conflit au Liban et en Irak
Les combats se sont également intensifiés au Liban. L’armée israélienne a bombardé un immeuble résidentiel dans le centre de Beyrouth, provoquant un incendie et d’importants dégâts. Selon les autorités libanaises, au moins 570 personnes ont été tuées depuis lundi dernier, dont 19 victimes lors de frappes aériennes mercredi.
Téhéran a exprimé sa colère après la mort de quatre diplomates iraniens dans une frappe israélienne à Beyrouth, qualifiant l’attaque de « terroriste » et demandant justice devant le Conseil de sécurité de l’ONU.
Le conflit a également provoqué d’importants déplacements de population : l’ONU estime que plus de 667 000 personnes ont été déplacées au Liban.
En Irak, des frappes aériennes ont touché plusieurs cibles mardi, dont un groupe lié aux Forces de mobilisation populaire. Le Premier ministre irakien a déclaré au secrétaire d’État américain Marco Rubio que son pays ne devait pas servir de base arrière pour des attaques. La région du Kurdistan irakien, où se trouvent des bases américaines, reste par ailleurs la cible d’attaques iraniennes.
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