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Bac 2026 : depuis Bordj Bou Arréridj, le ministère de la Justice donne le coup d’envoi national des épreuves pour plus de 7 300 détenus

Par H. Benrabia-- depuis 6 heures 0

L’éducation comme levier de réinsertion : les détenus passent le baccalauréat dans 59 établissements pénitentiaires à travers le pays

L’examen du baccalauréat session juin 2026 a officiellement débuté dimanche pour les détenus à travers les établissements pénitentiaires du pays. Le coup d’envoi national a été donné depuis l’Établissement de rééducation et de réadaptation de Bordj Bou Arréridj par le directeur général de l’Administration pénitentiaire et de la réinsertion, Essaïd Zreb, représentant du ministre de la Justice, garde des Sceaux.

La cérémonie s’est déroulée en présence du wali de Bordj Bou Arréridj, Kamel Nouicer, ainsi que des autorités civiles, militaires et judiciaires locales, des responsables du secteur de l’Éducation nationale et des cadres de l’administration pénitentiaire.

Au-delà de son caractère académique, cet événement illustre la volonté des pouvoirs publics de faire de l’éducation un pilier essentiel de la réinsertion sociale et de la reconstruction des parcours de vie.

Garantir le droit à l’éducation pour tous les citoyens

Dans son intervention, Essaïd Zreb a rappelé que l’organisation des examens officiels au sein des établissements pénitentiaires s’inscrit dans le cadre du respect des droits fondamentaux garantis par la Constitution, notamment le droit à l’éducation.

Il a souligné que l’État accorde une importance particulière aux programmes d’enseignement, d’alphabétisation et de formation professionnelle destinés aux personnes privées de liberté.

Selon lui, ces dispositifs constituent l’un des principaux outils de préparation à la réinsertion sociale et professionnelle après la fin de la peine.

« L’éducation demeure un facteur essentiel de réhabilitation, d’épanouissement personnel et de lutte contre la récidive », a-t-il indiqué.

Plus de 7 300 détenus candidats au baccalauréat

Cette année, 7 362 détenus sont inscrits aux épreuves du baccalauréat au niveau national.

Parmi eux figurent :

  • 7 115 candidats hommes ;
  • 247 candidates femmes.

Les examens se déroulent dans 59 centres spécialement aménagés au sein des établissements de rééducation et de réinsertion répartis à travers le territoire national.

À Bordj Bou Arréridj, 158 détenus se présentent aux épreuves dans des conditions similaires à celles offertes aux autres candidats à l’échelle nationale.

L’objectif est de garantir l’égalité des chances et de permettre aux détenus de poursuivre leur parcours scolaire malgré leur situation carcérale.

Des moyens humains et logistiques mobilisés

Afin d’assurer le bon déroulement des épreuves, l’administration pénitentiaire a mobilisé d’importants moyens humains, matériels et organisationnels.

Cette opération a été menée en étroite coordination avec le ministère de l’Éducation nationale et les différentes institutions concernées.

Des salles d’examen ont été aménagées conformément aux normes pédagogiques en vigueur, tandis que des équipes d’encadrement spécialisées veillent au respect des procédures et à la transparence des examens.

Les sujets, les conditions de surveillance et les modalités d’évaluation sont identiques à celles appliquées dans les établissements scolaires du pays.

Des résultats scolaires de plus en plus encourageants

Le directeur général de l’Administration pénitentiaire a également mis en avant les progrès enregistrés ces dernières années dans le domaine de l’enseignement en milieu carcéral.

Grâce au renforcement de l’encadrement pédagogique, à l’amélioration des conditions d’apprentissage et au suivi régulier des candidats, les taux de réussite aux examens officiels ont connu une évolution positive.

Ces résultats témoignent de l’efficacité des programmes éducatifs mis en œuvre au sein des établissements de rééducation.

Ils démontrent également la volonté de nombreux détenus de saisir cette opportunité pour reconstruire leur avenir à travers le savoir et la qualification.

L’école en prison : un outil de réinsertion et d’espoir

Au-delà des chiffres, le baccalauréat représente pour de nombreux détenus une véritable seconde chance.

Pour certains candidats, il s’agit de reprendre un parcours scolaire interrompu depuis plusieurs années. Pour d’autres, c’est l’occasion d’accéder à des études supérieures ou à une formation qualifiante après leur libération.

Les spécialistes de la réinsertion soulignent que l’accès à l’éducation favorise le développement de l’estime de soi, renforce les capacités d’adaptation sociale et réduit significativement les risques de récidive.

Dans les établissements pénitentiaires, l’école devient ainsi un espace d’apprentissage, mais aussi un lieu de reconstruction personnelle.

Une approche humaine de la justice

La politique de réinsertion menée par l’Algérie repose sur une approche qui ne limite pas la peine à sa dimension punitive.

Elle vise également à préparer le retour du détenu dans la société à travers l’éducation, la formation professionnelle, l’accompagnement psychologique et l’acquisition de compétences favorisant son autonomie.

L’organisation annuelle des examens officiels au sein des établissements pénitentiaires constitue l’une des illustrations les plus concrètes de cette vision.

Elle rappelle que l’accès au savoir demeure un droit fondamental et un facteur essentiel d’intégration sociale.

Une visite pour s’assurer du bon déroulement des épreuves

À l’occasion du lancement national des examens, Essaïd Zreb a effectué une visite au sein de l’Établissement de rééducation et de réadaptation de Bordj Bou Arréridj.

Il s’est enquis des conditions de déroulement des épreuves, du fonctionnement du centre d’examen ainsi que des dispositifs pédagogiques et organisationnels mis en place pour accompagner les candidats.

Cette visite a permis de constater la mobilisation de l’ensemble des acteurs impliqués dans cette opération nationale.

L’éducation, un investissement pour l’avenir

À travers l’organisation du baccalauréat au profit des détenus, les pouvoirs publics réaffirment leur conviction que l’éducation demeure l’un des moyens les plus efficaces pour favoriser la réinsertion et construire des parcours de vie plus stables.

Pour ces milliers de candidats, l’examen ne représente pas seulement une épreuve scolaire. Il constitue également un symbole d’espoir, de persévérance et de confiance dans la possibilité d’un nouveau départ.

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