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Algérie – Afrique : Arkab plaide pour une nouvelle dynamique de coopération énergétique avec l’ARDA

Par H. Benrabia-- depuis 6 heures 0

Raffinage, pétrochimie, GPL et transfert de technologies au cœur des discussions

L’Algérie poursuit son engagement en faveur d’une coopération énergétique africaine renforcée. Dans cette perspective, le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, a reçu dimanche à Alger le secrétaire exécutif de l’Association des raffineurs et distributeurs africains (ARDA), Anibor Kragha, accompagné d’une importante délégation.

Cette rencontre, tenue au siège du ministère des Hydrocarbures, s’est déroulée en présence du président-directeur général de Naftal, Djamel Cherdoud, du vice-président du groupe Sonatrach chargé du raffinage et de la pétrochimie, Slimane Slimani, ainsi que de plusieurs responsables et cadres du secteur.

L’entretien a permis d’examiner les perspectives de coopération entre les entreprises algériennes du secteur énergétique, notamment Sonatrach et ses filiales, et l’organisation panafricaine ARDA, considérée comme l’une des principales plateformes africaines dédiées au raffinage, à la distribution des hydrocarbures et au développement des infrastructures énergétiques.

Développer l’aval pétrolier africain

Les échanges ont principalement porté sur les opportunités de partenariat dans les activités de l’aval pétrolier, notamment :

  • le raffinage des hydrocarbures ;
  • la pétrochimie ;
  • le stockage des produits pétroliers ;
  • la distribution des carburants ;
  • le développement du marché du gaz de pétrole liquéfié (GPL) en Afrique.

Les deux parties ont également abordé les questions liées à la protection de l’environnement, à la sécurité industrielle ainsi qu’à l’évolution des cadres réglementaires et juridiques régissant les activités de raffinage, de pétrochimie et de distribution énergétique sur le continent.

Cette rencontre intervient dans un contexte international marqué par de profondes mutations des marchés énergétiques mondiaux, qui imposent aux pays africains de renforcer leur coopération afin de garantir leur sécurité énergétique et d’accompagner leur développement économique.

Arkab : « L’Afrique doit passer d’une économie de rente à une économie de transformation »

Lors de cette réunion, Mohamed Arkab a insisté sur la nécessité pour les pays africains de valoriser davantage leurs ressources naturelles à travers des projets industriels créateurs de richesse et d’emplois.

Selon lui, l’Afrique est aujourd’hui appelée à dépasser la logique de simple exportation des matières premières pour s’orienter vers un modèle de développement intégré fondé sur la transformation locale des ressources.

Le ministre a souligné que cette approche repose sur plusieurs piliers :

  • l’industrialisation locale ;
  • le transfert de technologies ;
  • le développement des compétences nationales ;
  • la création de chaînes de valeur régionales ;
  • l’intégration économique africaine.

Il a estimé que cette stratégie permettrait de générer une valeur ajoutée durable, tout en produisant des retombées économiques et sociales concrètes au bénéfice des populations africaines.

L’expérience algérienne mise en avant

Mohamed Arkab a également présenté l’expérience algérienne dans la gestion et la valorisation des ressources naturelles, particulièrement dans le secteur des hydrocarbures.

Il a rappelé que le modèle algérien repose sur plusieurs principes fondamentaux :

  • la souveraineté nationale sur les ressources naturelles ;
  • le rôle stratégique des entreprises publiques ;
  • la préservation de la sécurité énergétique nationale ;
  • la contribution à la stabilité des marchés internationaux.

Le ministre a particulièrement mis en avant le rôle central de Sonatrach, acteur majeur du secteur énergétique africain, dans la mise en œuvre de cette politique.

Il a également souligné que le cadre législatif et réglementaire algérien favorise l’investissement, la transparence et la stabilité des affaires, tout en protégeant les intérêts stratégiques de l’État.

Cette approche s’inscrit également dans la volonté de l’Algérie d’accélérer sa transition énergétique et de renforcer la protection de l’environnement.

Le capital humain, clé de la réussite énergétique

L’un des axes majeurs évoqués lors de cette rencontre concerne la formation et le développement des compétences.

Mohamed Arkab a insisté sur l’importance stratégique du capital humain dans la réussite des politiques énergétiques et industrielles.

À ce titre, il a mis en avant le rôle de plusieurs institutions algériennes spécialisées dans la formation et le transfert de savoir-faire, notamment :

  • l’Institut algérien du pétrole (IAP) ;
  • la Sonatrach Management Academy.

Ces établissements participent à la formation d’ingénieurs, de techniciens et de cadres spécialisés dans les différents métiers de l’énergie.

Le ministre a réaffirmé la disponibilité de l’Algérie à partager son expertise avec les pays africains dans le cadre d’une coopération Sud-Sud basée sur le partenariat, la solidarité et l’intégration continentale.

L’ARDA souhaite s’appuyer sur l’expertise algérienne

De son côté, Anibor Kragha a exprimé l’intérêt de l’Association des raffineurs et distributeurs africains pour un renforcement des relations avec l’Algérie.

Le responsable africain a souligné que l’expérience accumulée par l’Algérie dans les domaines du raffinage, de la pétrochimie et de la distribution des produits pétroliers constitue un modèle de référence pour de nombreux pays du continent.

Il a présenté un aperçu des activités de l’ARDA ainsi que des défis auxquels fait face l’Afrique dans le domaine énergétique.

Parmi les principaux enjeux figurent :

  • l’amélioration de l’accès à l’énergie ;
  • le développement des capacités de raffinage ;
  • la modernisation des infrastructures pétrolières ;
  • l’adoption de technologies innovantes ;
  • le renforcement de la sécurité énergétique.

Selon lui, la coopération avec des pays disposant d’une expertise reconnue, à l’image de l’Algérie, représente un levier essentiel pour accompagner la croissance économique africaine.

Une vision commune pour la sécurité énergétique du continent

Au-delà des aspects techniques, les discussions ont mis en évidence une convergence de vues entre l’Algérie et l’ARDA concernant la nécessité de bâtir une industrie énergétique africaine plus intégrée, plus résiliente et davantage tournée vers la création de valeur locale.

Les deux parties ont convenu de poursuivre leurs échanges autour d’une feuille de route commune visant à renforcer les partenariats industriels, technologiques et humains au service de la sécurité énergétique du continent.

ARDA, un acteur majeur du secteur énergétique africain

Fondée en 2006 au Cap, en Afrique du Sud, l’Association des raffineurs et distributeurs africains (ARDA) est la première organisation panafricaine non gouvernementale entièrement dédiée aux activités de raffinage, de distribution et de commercialisation des hydrocarbures.

L’organisation regroupe aujourd’hui plusieurs dizaines d’entreprises, institutions et acteurs majeurs de la chaîne pétrolière africaine.

Ses principales missions consistent à :

  • promouvoir la sécurité énergétique du continent ;
  • favoriser l’échange d’expertises ;
  • améliorer les normes techniques et environnementales ;
  • soutenir le développement des infrastructures énergétiques ;
  • encourager la coopération entre les pays africains.

À travers ce rapprochement avec l’ARDA, l’Algérie confirme sa volonté de jouer un rôle moteur dans la construction d’une stratégie énergétique africaine fondée sur l’innovation, la souveraineté des ressources et le développement durable.

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